Dans la profession reporter, on peut penser que la couverture d'un incendie obéit à un mode opératoire classique. Ce n'est pas tout à fait vrai, surtout quand il s'agit de le vivre à l'étranger. Les comportements devant le feu ne sont pas les mêmes. Gaële Joly, grand reporter à franceinfo en a fait l'expérience.

A Cobargo (Nouvelle-Galles du Sud), localité touchée par les incendies qui ravagent le sud-est de l'Australie. Sur un ruban de signalisation : "Emergency service" (service d'urgence), 6 janvier 2020.
A Cobargo (Nouvelle-Galles du Sud), localité touchée par les incendies qui ravagent le sud-est de l'Australie. Sur un ruban de signalisation : "Emergency service" (service d'urgence), 6 janvier 2020. © Radio France / Gaële Joly

En France, devant le feu qui dévore les pinèdes et les habitations, on fuit. C'est à la fois un instinct de survie, comme les animaux devant la progression d'un mur de flammes, mais aussi le produit d'une éducation. On nous apprend à ne prendre aucun risque devant un incendie, à l’exception de quelques principes de secourisme à appliquer dans des situations précises, la règle d’or répète de ne pas se prendre pour un pompier et de s’en aller. 

En Australie, les comportements et les réflexes sont différents. Si différents que ces postures ont marqué l’envoyée spéciale de Radio France, Gaële Joly. On combat les flammes aux portes de sa maison. Un homme et son fils sont morts ainsi, un autre a perdu la vie en voulant protéger la propriété de son voisin. Le principe de la solidarité communautaire. Dans les témoignages recueillis par Gaêle, les rescapés évoquent les douze ou quatorze heures de lutte contre le mur de flammes qui transforme les hommes et les animaux en proie. 

Sur son compte Twitter, le Sidney Morning Herald,, journal australien propose une compilation de photos et vidéos qui révèle l'étendue de la tragédie. Images saisissantes. 

Grand reporter à franceinfo, Gaêle Joly est habituée aux terrains de désolation. Les zones hostiles, les conflits, les catastrophes naturelles. Recevoir les larmes est monnaie courante. Ici, c’est encore différent. Car dans ce dédale de courage face aux déluges de feu, les nerfs lâchent. Cette femme qui venait de perdre ses enfants dans une autre tragédie se raccrochaient à leurs effets personnels et leurs photos, désormais calcinés et réduits en cendres. Elle n’est plus rien dit-elle au micro de Gaële Joly.

Huit millions d'hectares brûlés depuis septembre et 28 morts aux dires des derniers bilans provisoires.. Malgré les pluies battantes de la semaine, des foyers résistent dans l’État de Victoria et dans la nouvelle Galle du sud.  Les averses ont oublié le large d'Adélaïde, l’île Kangourou réputée pour la faune et la flore de son parc national. Les espèces d’oiseaux et de marsupiaux endémiques sont menacés d’extinction. Et les koalas continuent de périr.

Au total, un milliard d'animaux tués. 

La douleur et la dévastation n’empêchent pas les polémiques, autour du réchauffement climatique et du manque de moyens dépêchés pour combattre les flammes. Ce sujet occupera le cœur des prochaines campagnes électorales. 

Entretien avec Gaële Joly tout juste rentrée d’Australie. 

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