Ce qu'on désigne avec pudeur la crise libyenne n'est qu'une somme de guerres civiles étendues à tout le territoire.Des morts, des déplacés, des infrastructures détruites et des armes partout. Dans ce chaos, les journalistes ne sont pas les bienvenus et peinent à travailler en sécurité. Omar Ouahmane rentre de Tripoli.

Des combattants anti-Haftar à proximité de la ligne de front, dans les quartiers sud de Tripoli Salah-Ad-Din (Libye). 4 mai 2019.
Des combattants anti-Haftar à proximité de la ligne de front, dans les quartiers sud de Tripoli Salah-Ad-Din (Libye). 4 mai 2019. © Radio France / Omar Ouahmane

54 morts, 2000 blessés, et plus de 60 000 déplacés en environ un mois, la situation en Libye dépasse le stade de la crise, c'est la guerre.  Huit ans après la chute de Khadafi, le pays vit sous la logique des armes. Le 4 avril dernier, le maréchal Khalifa Haftar lance une offensive éclair contre Tripoli. Rien d'éclair. Les combats s'enlisent face aux forces du gouvernement d'union nationale à l'entrée des faubourgs de la ville.   

Le maréchal Haftar contrôle une large partie du pays à l'Est qui couvre les immenses ressources du Croissant pétrolier. Il a conquis ce territoire en 2014 avec une armée autoproclamée Armée de libération nationale.  Il dit "vouloir libérer le pays des terroristes", rappelant son succès militaire sur les milices islamistes qui détenaient Benghazi.  Ce discours sécuritaire de lutte contre le terrorisme est une rhétorique qui offre au Maréchal Haftar le soutien d'une part de la communauté internationale :  Soutien opérationnel de l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats ­arabes unis. Le gouvernement d'union nationale en place à Tripoli affirme qu' Haftar n'aurait qu'un but : s'emparer du pouvoir et installer une dictature militaire.   

Sur un plan diplomatique, la France entend œuvrer à la reprise du dialogue dans le pays. Emmanuel Macron recevra le Maréchal Haftar dans les jours qui viennent. Le président de la République a "réaffirmé le soutien" de  la France au chef du gouvernement libyen d'union nationale  Fayez  al-Sarraj  en visite à Paris la semaine dernière. Fayez al-Sarraj, de son côté, sous entendait que la France apportait son soutien au Maréchal Haftar.

Entre médiation et ambigüité,  cette position complique le travail des journalistes Français sur place. Omar Ouahmane, grand reporter à la rédaction internationale de Radio France est un familier de la zone. Il y est allé en reportage plusieurs fois depuis 2011. Il était à Tripoli ces derniers jours et son passeport français lui a valu bien des inimitiés.         

Dans ce Profession Reporter, Omar Ouahmane parle d'une ville qui retient son souffle au milieu de milices armées qui contrôlent les carrefours de la ville.  

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