La Nouvelle-Calédonie n'est plus confinée mais reste isolée. Finies les distanciations sociales, le port du masque obligatoire dans les transports en commun. Mais l'aéroport reste fermé au monde extérieur. Le virus a beau ne plus circuler sur l'ile, on s'en prémunit quand même. La journaliste auteur, Jenny Briffa

plus besoin de masques en Nouvelle Calédonie
plus besoin de masques en Nouvelle Calédonie © Jenny Briffa

En Nouvelle Calédonie, 21 cas recensés depuis le début de la crise, tous importés, aucun admis en réanimation. Les autochtones n'ont pas été touchés par la Covid-19. Depuis l'apparition du virus en Chine, les chefs coutumiers kanak ont redoublé de vigilance parce que dans les tribus, de générations en générations, on se transmet l'histoire des grandes épidémies meurtrières. Au début du XXème quand les colons européens sont arrivés avec microbes et virus dans leurs valises, les populations autochtones non immunisées n'ont pas résisté. Le nombre des kanak a diminué de 75%. 

D'autant que les rites communautaires qui encouragent la promiscuité sont vulnérables face aux virus. Prudence et vigilance s'activent à la moindre épidémie

En 2009, la Grippe A avait fait l'objet d'une attention tout aussi vive. Et cette fois ci face à la pandémie mondiale partie de Wuhan, les réflexes sont les mêmes. Le 17 mars, le président du Sénat coutumier, Hippolyte Wakewi Sinewami-Htamumu, affirme que la protection de la vie humaine, dans ce pays de 19 000  km2  mérite les décisions les  plus draconiennes. "Notre territoire peut très vite se trouver  ‘’décimé’’, particulièrement ses villages ou ses petites îles peuplées  de quelques centaines ou milliers d’âmes."

Ainsi quand les autorités de l'ile décrètent le confinement, dans les tribus les chefs veillent à ce que les règles énoncées par le pouvoir politique soient respectées. 

Depuis lundi dernier, le quotidien de l'avant covid est revenu sur l'île. Thierry Santa, le président du gouvernement a levé toutes les mesures qui persistaient : La fin du port du masque obligatoire dans les transports publics, la fin de la distanciation sociale l’autorisation des rassemblements de plus de 500 personnes ou encore la  reprise des compétitions sportives. Les bars, les restaurants et les  discothèques fonctionnent normalement. Les écoles qui avaient déjà ouvert leurs grilles accueillent tous les élèves. Le virus qui n'a jamais été très actif sur l'île ne circule plus.

Et pourtant, derrière cette apparente normalité, l'île vit sous cloche. L'aéroport reste fermé jusqu'au 31 juillet. Entre les lignes de la presse néo-calédoniennes, on lit la peur de s'ouvrir à la menace. On n'a vraiment pas envie d'accueillir des Européens, Asiatiques ou Américains. Cet été, deux cinquante observateurs  de la métropole devaient pourtant encadrer les conditions du référendum sensible sur la question de l'indépendance. Programmé en septembre, on sait déjà que le vote est reporté.  

Notre isolement est à la fois un avantage et un handicap, constate la journaliste auteur documentariste Jenny Briffa. Avantage quand il s'agit de se fermer et de se préserver, mais si l'île venait à être touchée, à 18 000 kilomètres de la métropole, la moindre saturation des infrastructures de santé nous serait fatale car les renforts seraient difficiles à organiser. Dans un reportages de Jenny, on entend cette calédonienne dire on n'a pas les moyens de s'ouvrir. et tant pis si notre économie en souffre

C'est donc un quotidien trompeur de vie retrouvée mais avec la peur en toile de fond que nous raconte Jenny Briffa depuis Nouméa

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