Défait à Mossoul et Raqqa, les Islamistes font de l'Asie du Sud-Est un territoire à enjeux. Charles Haquet, grand reporter à l'Express revient des Philippines.

La bataille de Marawi aux Philippines. le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré symboliquement que la ville du sud était "libérée de l'influence des terroristes".
La bataille de Marawi aux Philippines. le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré symboliquement que la ville du sud était "libérée de l'influence des terroristes". © AFP / Ted ALJIBE

Cinq mois après l'attaque surprise sur l'île de Mindanao, la tension reste vive. La ville de Marawi n'est qu'une succession de ruines et les populations se sont déplacées chez des amis ou dans des camps. Grand reporter à l'Express, Charles Haquet s'est rendu sur place. Dans son article "La nouvelle cible de Daech", il raconte les multiples facettes de la menace islamiste sur une population plongée dans une très grande pauvreté. Les violents combats ont provoqué un exode massif. Trois à quatre cent mille personnes ont tout laissé et se sont enfuis sur les routes pour se réfugier, s'entasser est un terme plus juste- chez des amis ou des proches... Approximativement, 15 % d'entre eux campent sous des tentes de fortune à même le sol.  
Le gouvernement est seul face à cette attaque de l'Organisation État Islamique qui a bénéficié de soutiens étrangers. Une telle logistique ne peut se monter sans appui financier et matériel. Les soupçons se portent sur le pays du Golfe, en particulier l'Arabie Saoudite mais aucune preuve ne vient étayer l'hypothèse avancée par les militaires philippins.
Aujourd'hui, les combats sont rares, mais les infrastructures sont détruites et les populations plongées dans une très grande pauvreté. Les imams qui prêchent le vendredi sont pour la plupart inconnus des fidèles. Ils viennent de l'étranger, via la Malaisie,  ne sont pas encadrés et tiennent un discours radical.
La situation rappelle étrangement le scénario vécu par Raqqa. Des imams guère modérés et des jihadistes en sommeil qui recrutent les plus jeunes pour les inciter à rallier leurs rangs. "Essaimer ainsi" pour construire une base opérationnelle. L'Asie du Sud Est et particulièrement, l'Indonésie et les Philippines sont les destinations privilégiées par les vidéos d'appel au Jihad lancé par les cadres de l'OEI. Mais ce qui frappe surtout, c'est l'indifférence des instances internationales à laquelle s'ajoute une couverture médiatique inexistante. En ce sens, le reportage de Charles Haquet est salutaire.
A réécouter, l'entretien entre Charles Haquet et Eric Valmir, chef du service reportage de France Inter

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