Un pays fermé au monde avec une politique de visas distribués au compte goutte, même pour les expatriés. La presse, n'en parlons pas. Le reporter devait présenter une recommandation ou alors profiter d'un voyage officiel. Christian Chesnot qui accompagnait une délégation du Medef a découvert une Arabie Saoudite changée

Scène de prière à Riyad en Arabie Saoudite. Février 2018.
Scène de prière à Riyad en Arabie Saoudite. Février 2018. © Radio France / Florence Sturm

Il n'a jamais été facile pour un journaliste étranger ou un touriste de se procurer un visa saoudien. Pour les reporters, il y a encore quelques semaines, il fallait compter sur une autorisation spéciale ou une invitation. Christian Chesnot, grand reporter de la rédaction internationale de Radio France avait accompagné le voyage officiel de Manuel Valls alors premier ministre et, cinq ans plus tard, il se glisse dans une délégation du Medef. 

En 2020, c'est un autre visage. Quelques clics sur le web ouvre l'accès à Ryad aux journalistes. Cette souplesse dans l'obtention des visas contraste avec le non-respect de la liberté d'expression : des bloggers et des journalistes emprisonnés, et surtout l'assassinat de Jamal Khashoggi en octobre 2018 dans le consulat d'Istanbul. 

Christian Chesnot qui rentre tout juste d'Arabie Saoudite parle d'une ouverture sociétale. La place des femmes et le permis de conduire octroyé, sujet dont on a beaucoup parlé, le retour de la musique et des concerts, la suppression de la police religieuse qui était chargée de faire appliquer la loi islamique dans le pays, une population composée majoritairement de jeunes de moins de trente ans qui porte l'ambition d'une vie quotidienne connectée, l'organisation de courses automobiles (comme le Dakar), tous ces éléments indiquent une société qui cherche à s'ouvrir. 

Bien sûr, sous certains aspects, se formalisent à l'égard des saoudiens des soupçons de communication légitimes pour masquer au monde les violations des principes des droits de l'homme... Mais pour Christian Chesnot, c'est un pays qui vient de très loin, une société archaïque bédouine. Et l'ouverture sera progressive. Il est évident que, pour les journalistes étrangers, il est encore impossible d'interroger en pleine rue et encore moins d'émettre un avis critique sur le régime. 

Une société contrainte de s'ouvrir aussi pour survivre. 30% de la population sous le seuil de la pauvreté. Un PIB qui, il y a cinquante ans, était celui de la Suisse, et qui est aujourd'hui similaire à celui de la Slovénie. L'image d'épinal de l'émir saoudien a vécu. Les nouveaux pauvres sont légions dès la sortie des faubourgs de Ryad. 

Profession Reporter, l'Arabie Saoudie sous un jour nouveau, avec Christian Chesnot 

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