Kits de protection et micro perche pour rester à distance des personnes interrogées, les reporters de Radio France sillonnent le pays pour évoquer la réalité de la France au temps du Covid. Les sujets qui font débat et comment dans les différentes région, on appréhende cette situation. Julie Pietri & Stéphane Iglesis.

Des policiers municipaux en opération prévention auprès des citoyens pour veiller au respect des mesures barrières à Toulouse
Des policiers municipaux en opération prévention auprès des citoyens pour veiller au respect des mesures barrières à Toulouse © Radio France / Alexandre Berthaud

"Il y a ma fille qui pleure". Julie Pietri chuchote ces mots. La journaliste de  France Inter racontait au micro les coulisses de ces reportages dans la France au temps du Covid-19. Comme tous les reporters de Radio France, elle ne travaille pas à la radio. Le passage à la rédaction en temps de confinement était proscrit. Tout se fait depuis chez elle. Elle part en reportage depuis son domicile, y retourne pour les montages et les enregistrements. Ses directs, elle les fait depuis chez elle grâce aux outils de la connexion à distance. Tous les reporters à la même enseigne : une salle à manger, une chambre, un bureau se métamorphose en salle de montage ou studio avec enregistreur, ordinateur et smartphone. 

Pour tous les métiers, la difficulté est est de concilier la vie de famille avec les activités professionnelles. Dissocier l'intime du travail. Pas si facile. La Profession Reporter n'échappe pas à cette règle. Enregistrer ou être en direct avec les enfants à côté. Travailler sur un sujet complexe impose d'attendre que la maison soit endormie pour s'y mettre. A condition de ne pas être interrompu par son enfant qui pleure. Ce qui arrive dans la séquence avec Julie et que nous avons gardé au montage pour illustrer ce quotidien de reporter confiné. 

Être à la fois dedans et dehors. Par cette formule Stéphane Iglésis résume ses journées. Le correspondant de Radio France à Toulouse occupe tous les terrains, ceux de la ville, ceux de la campagne et ceux des quartiers populaires. Des bords de la Garonne qui semblent ne pas prendre conscience des dangers d'une épidémie au pied des tours du Mirail où le cours du masque se négocie aux prix fort. Le chirurgical bien plus rentable que la poudre et les barrettes. D'une réalité à une autre, à l'échelle même d'un département, une généralité ne peut s'énoncer. 

Grand reporter à France Inter, Julie Pietri a sillonné la France. Pour une journaliste radio attentive aux sons, elle retiendra des bruits inédits captés par son Nagra : la première toux covid qu'elle a entendue, le premier respirateur artificiel, la voix qui témoigne assourdie par un masque. 

Et au cœur de ses missions, elle n'oubliera pas les premiers reportages avec les premières lignes désarmées : un toubib de l'organisation SOS Médecin à Mulhouse qui n'avait pas de masques pour se protéger des malades qu'il allait soigner. Des ambulanciers à Clamart qui découvraient avant de prendre leur service que les masques dont ils disposaient étaient périmés. Ont-ils renoncé pour autant à leurs missions ? Non. Ils étaient en colère, redoutaient de se mettre en danger, mais de leurs propres aveux, ils n'avaient pas le choix. 

Profession Reporter (Covid semaine 10) Entretien avec Julie Pietri et Stéphane Iglesis 

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