La crise sociale vénézuélienne ne serait pas aussi aiguë que le prétend la presse. Tout serait exagéré pour faire tomber au plus vite le camp chaviste de Nicolas Maduro. La réalité est que tout est politique et instrumentalisation. Benjamin Illy en se rendant à Caracas a pris la mesure de la pauvreté qui sévit.

Sur un marché de Caracas
Sur un marché de Caracas © Radio France / Benjamin Illy

Il y a de l'eau courante, de l'électricité, des fruits et des légumes sur les marchés, la pauvreté au Venezuela est une invention de la presse occidentale qui vise à discréditer les chavistes et le gouvernement de Nicolas Maduro. On l'entend souvent cet argument qui alimente les polémiques. La crise vénézuélienne s'invite dans les débats politiques jusqu'en France et questionne aussi les traitements journalistiques. La pauvreté, une vision de l'esprit ? 

Pour le reporter qui atterrit à Caracas, le premier piège est celui de l'instrumentalisation idéologique. La crise politique alimente la crise sociale et les propagandistes sont de tous bords. Mais une certitude ne peut être contestée : la misère est là. Non seulement là mais installéedepuis des mois. Benjamin Illy, grand reporter à franceinfo et Jeremy Thuil du Département Production Reportage de Radio France l'ont constaté. Manger n'est pas à la portée de tous. Oui, il y a des fruits et légumes sur le marché, mais quand le prix d'une seule pomme de terre correspond au montant mensuel d'une indemnité retraite, qui peut se l'offrir ? 

La pénurie de médicaments aussi constitue une urgence humanitaire de premier ordre. Et la liberté de la presse recule. Des journalistes vénézuéliens disparaissent. Intimidations, interpellations, enlèvements. Et même nos reporters qui travaillaient pourtant avec un visa des autorités, ce qui signifie être clairement identifiés et autorisés ne sont pas sentis en sécurité quand ils s'approchaient des quartiers populaires gangrénés par des milices armées. 

Profession Reporter. En podcast et à la réécoute : Benjamin Illy avec Eric Valmir

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