Désengagement de l'Etat et climat social dégradé sont des terreaux fertiles pour le développement du terrorisme. L'Afrique de l'Ouest est désormais frappée au cœur. Du Mali jusqu'au golfe de Guinée. Le Burkina jusque là épargnée se retrouve dans une spirale de violences aux portes d'une guerre intercommunautaire

Le Burkina Faso tente de résister au piège jihadiste
Le Burkina Faso tente de résister au piège jihadiste © Radio France / Claude Guibal

Le Burkina, Claude Guibal, grand reporter à la rédaction internationale de Radio France le connait bien pour y aller régulièrement. On en parlait déjà au printemps dernier.

5 années après Balai Citoyen, cette émergence d'une société civile en éveil qui voulait prendre son destin en main, c'est un climat de peur et de violence qui prévaut aujourd'hui au Burkina Faso

Ces derniers jours, Claude Guibal a trouvé sur place une société en état de sidération. Après la chute de Blaise Compaoré, l'armée n'a pas su se réorganiser, la police et la justice non plus et des zones reculées n'ont pas aujourd'hui les infrastructures nécessaires pour se développer. On connait aujourd'hui les résultats d'une équation où l'instabilité politique associée à un climat social dégradé conduit inexorablement à la gangrène du terrorisme. Surtout quand il sévit déjà au delà des zones frontalières.  

Parmi les groupes terroristes, deux sont conduits par des chefs peuls. Amadou Koufa de la katiba Macina au Mali et Ibrahim Malam Dicko fondateur du groupe terroriste burkinabé Ansaroul Islam. Mais en aucun, leur appartenance à la communauté ne peut engager l'implication de tous les peuls dans le terrorisme. D'autant que les Peuls sont à la fois les premières victimes des actes de terrorisme mais aussi des représailles conduites par des milices dites d'auto-défense qui, dans la confusion, établissent comme acquis : peul = terrorisme. 

Alors se sont constitués partout dans le Burkina des groupes baptisés "gardiens de la brousse", les Koglweogo, principalement mossi, l'ethnie majoritaire dans le pays. Ces milices rurales pratiquent une vraie chasse à l'homme contre les Peuls considérés comme terroristes et responsables de la débâcle sécuritaire.

Le Burkina est aujourd'hui, sous la pression du terrorisme et de l'instabilité politique et sociale au bord d'une guerre inter-ethnique. C'est ce pays, symbole du vivre ensemble hier, et aujourd'hui dans la crispation de la peur de l'autre, dont nous parle Claude Guibal. Ces reportages sont à écouter sur France Inter, en long format dans Interception et dans une forme plus courte dans "Un jour dans le monde".

Profession reporter, entretien avec Claude Guibal à réécouter en téléchargement

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