Afrine, nord ouest de la Syrie subit depuis 3 mois les assauts militaires de l'armée turque qui veut déloger les Kurdes Syrien. La crainte d'Erdogan est de voir se développer un foyer autonomiste à sa frontière. Les premières victimes des bombardements sont comme toujours les civils. Franck Mathevon revient d'Afrine.

31 janvier 2018 à Afrine, ville kurde syrienne du nord de la Syrie. Les groupes rebelles syriens et turcs ont lancé l'opération Olive Branch le 20 janvier contre les unités de protection du peuple (YPG) kurdes qui contrôlent la région d'Afrine
31 janvier 2018 à Afrine, ville kurde syrienne du nord de la Syrie. Les groupes rebelles syriens et turcs ont lancé l'opération Olive Branch le 20 janvier contre les unités de protection du peuple (YPG) kurdes qui contrôlent la région d'Afrine © AFP / Ahmad Shafie BILAL

Dans la crise syrienne, les Kurdes syriens se sont tenus à l'écart de Bachar Al Assad et de la rébellion.  Ils ont ainsi consolidé leurs positions dans le Nord Ouest d'Alep et dans les environs d'Afrine. Le rêve du Rojava a pris corps, et ce proto état voit son existence contestée par l'offensive turque.  Même si les milices kurdes des YPG (Unités de protection populaire) représentent une force militaire non négligeable sur le sol syrien, les conditions qui ont favorisé une idée de l'autonomie ne semblent pas avoir d'avenir. 

Le président Erdogan qui réprime les Kurdes dans le sud de la Turquie ne voyait pas d'un bon œil l'émancipation des Kurdes Syriens de l'autre coté de la frontière. Comme si le désir d'autonomie pouvait se propager dans les zones frontalières. Alors profitant de la molle réaction internationale, l'armée Turque est entrée en Syrie et a bombardé Afrine. Les miliciens kurdes ont été délogés de la ville le 18 mars. 

Comme toujours dans pareille opération militaire, les populations civiles sont les premières victimes

Il n'a pas été facile pour les rédactions d'approcher Afrine. Seuls, les journalistes proches du régime d'Erdogan sont entrés dans la ville. Les autres ont pu approcher les faubourgs avoisinants mais seulement avec une accréditation de l'armée turque. Nos reporters Franck Mathevon et Gilles Gallinaro n'ont pu travailler librement. Impossible d'approcher les civils pour avoir une conversation avec eux, il y avait toujours un représentant de l'armée turque à leurs cotés qui se faisait traduire les échanges et les interviews. Des vidéos et des cartes sons ont même été confisqués. Dans ces conditions, il était difficile de recueillir des témoignages qui ne soit pas dicté par la peur des représailles, ces témoignages que l'on a pu entendre tout de même cette semaine. 

Ni pro kurde, ni pro turque, et avec discernement, Franck Mathevon revient au micro d'Eric Valmir sur ces conditions de travail sur place et fait un point précis sur la situation à Afrine durant ces jours où il a vu la ville et ses environs tomber entre les mains de l'armée turque. 

A réécouter, la version longue en podcast, la version courte avec les images de Gilles Gallinaro dans la vidéo. 

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.