De coups d'états en coups d'états ratés, la Centrafrique vit dans l'insécurité. Et le calme précaire à Bangui est trompeur. Tout le nord-est du pays est contrôlé par les milices armées qui exploitent l'uranium, l'or et le bétail. Des ressources qui ne profitent pas à la population, une des plus pauvres au monde.

Centrafrique - Seleka
Centrafrique - Seleka © Radio France / Claude Guibal

Bangui n'est pas la Centrafrique. Autrement dit le calme relatif qui y règne ne représente en rien les tensions qui animent le pays. En Centrafrique cette semaine, des énièmes pourparlers de paix entre les autorités de Bangui et les 14 groupes armés ont été lancés à Khartoum dans le Soudan. Depuis 2012, sept accords ont été signés sans que la situation n'évolue sur le terrain. Des groupes armés bien en place dans un tiers Nord Est exploitent les ressources naturelles et maintiennent les habitants dans la misère. Exactions, destructions des écoles et des infrastructures, déplacements des populations. Un quart des centrafricains a été forcé à quitter son domicile.

Mais au sujet de ces nouveaux pourparlers, il faut reconnaître que c'est la première fois que des chefs de groupes armés dialoguent eux-mêmes avec les émissaires de haut-rang des autorités centrafricaines. Ces négociations, dont le but est d'aboutir à un accord et à la mise en place d'un comité de suivi, devraient durer "deux à trois semaines ».  

Ce pays de 4 millions d'habitants connait une instabilité sécuritaire dans laquelle les journalistes centrafricains et pas seulement les nationaux, les étrangers aussi peinent à travailler. Si aller à Bangui reste simple, monter et organiser un reportage sans être encadré par la force des Nations Unies est risqué. Ne jamais oublier que Camille Lepage photo reporter a été assassinée le 12 mai 2014 sur les routes de Centrafrique et qu'aujourd'hui encore, l'enquête et les conditions dans lesquelles elle est menée prêtent à confusion

Le 30 juillet 2018, 3 journalistes russes ont été tués. 

Au niveau local, les mêmes difficultés persistent. Les milices ne veulent pas voir leurs exactions dénoncées par la presse. Etre un journaliste indépendant n'est pas aisé en Centrafrique. C'est un combat en quelque sorte. Brice Ladry N’Dgaoui, rédacteur en chef adjoint de _Radio N’deke luke_est un des rares à exercer son métier sans jamais céder aux nombreuses pressions qui s'exercent autour de lui. Ni avec le gouvernement, ni avec les groupes armés, mais avec la population pour rapporter l'information la plus juste qui soit.  

Entretien entre Brice Ladry N'Dgaoui et Eric Valmir enregistré en Afrique. A réecouter en podcast   

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