Penser que le journaliste politique est un reporter de salons et de diners serait réduire une fonction déjà déformée par les caricatures et les idées reçues. Le rôle du journaliste accrédité "Élysée" est de garder ses distances avec la communication présidentielle dans un lien présumé de proximité.

Emmanuel Macron en Andorre en tant que co-prince de la principauté
Emmanuel Macron en Andorre en tant que co-prince de la principauté © Radio France / Sebastien Berriot

On les imagine à tort serviteurs du pouvoir politique. Les journalistes accrédités "Élysée" doivent composer avec le regard déformé porté sur leurs professions. Ils ne sont guère aidés par des affaires récurrentes de connivence qui peuvent parfois éclater et renforcer la sensation d'une proximité mal venue entre journalistes politiques et les élus en général, celles et ceux qui suivent le président de la république en particulier. 

Et quand d'anciens journalistes prennent la plume pour des hommes politiques, le message se brouille un peu plus. 

C'est faire peu de cas des journalistes qui respectent à la lettre la mission qui leur est assignée. Car suivre le président de la république, c'est avant tout, décrypter la parole présidentielle et la mettre en corrélation avec les enjeux de la société. Les pièges ne manquent évidemment pas. Les logiques de communication en premier lieu que le journaliste doit déjouer. Deuxième écueil, la relation humaine. Avec le temps qui passe, une forme de familiarité peut apparaitre dans les voyages officiels entre les proches du président et les journalistes. Une familiarité naturelle, à force de se voir, une connexion peut s'établir. Dans cette liaison dangereuse, il faut rester bienveillant envers celles et ceux qui le sont, sans pour autant rompre la distance indispensable pour ne pas dire vitale. La menace d'une manipulation des esprits n'est pas virtuelle, c'est le jeu, et il faut s'en prémunir, sans pour autant tomber dans la paranoïa.

Dans ce contexte, il est préférable de ne pas entrer en concurrence avec ses confrères journalistes pour devenir le favori du roi et de ses artilleurs du verbe. Les cours de châteaux, quelles qu'elles soient ont un faible pour cette posture, qui donnent un avantage à ses communicants susceptibles d'exploiter la faille pour distiller des "off" préférentiels et transformer un staff de journalistes en cours d'école. 

Profession Reporter ce matin avec Cyril Graziani, journaliste accrédité "Élysée" : La distance dans la proximité.

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