Un possible plan de retour sur deux ans. L'accord entre la Birmanie et le Bangladesh n'est pas allé bien loin. Reporté à plus tard. Dans les camps à la frontière entre les deux pays, les Rohingyas n'ont jamais cru à sa mise en application. La vie s'organise autour de la misère. Reportage Philippe Randé

A quoi sert de parler quand personne ne vous entend ? Une jeune femme Rohingya
A quoi sert de parler quand personne ne vous entend ? Une jeune femme Rohingya © Radio France / Sandra Conan

Un communiqué qui semblait écrit pour les beaux yeux des Nations-Unies

Le Bangladesh et la Birmanie s'entendent pour programmer un retour des Rohingyas en terre birmane sur une échelle de deux ans. Mais quelques jours plus tard, les conditions ne semblent pas réunies. Dans les camps au sud du Bangladesh, les Rohingyas ne se sont pas bercés d'illusion. Ils n'ont jamais cru à cet accord et ne parviennent pas à se projeter. Le futur est un brouillard

Dans des cabanes de bambous avec toile de tente, dans la poussière, les uns sur les autres, un million de Rohingyas organise son quotidien autour de la misère. Les ONG donnent du riz mais combien de temps ces organisations vont-elles rester ici ? Et la saison des pluies qui approche va provoquer des coulées de boues, des éboulements de terrain qui vont affecter les camps. La vie ici n'est pas pérenne. 

Les familles qui n'en sont plus, un père, un oncle, un enfant tué, une mère ou une fille violée pansent leurs plaies, assis dans la poussière en attendant la boue. L'émotion internationale n'a pas durée. Elle s'est manifestée au moment de l'exode. Les rares journalistes qui viennent ont beau alerter leurs lecteurs, téléspectateurs, auditeurs, une sorte de fatalité s'est abattue sur le sujet. "Les Rohingyas, c'est comme ça

Et voilà que dans la persécution, pointe le sentiment de la colère. Une voix d'enfant qui parle de vengeance.  A peine 6 ans, cette voix frêle qui devrait incarner l’innocence parle de tuer ceux qui ont tué son père. L'ONG "Vision du Monde" intervient auprès de ces enfants. 

L'impuissance politique et l'indifférence de l'opinion ne sont pas des marqueurs très optimistes pour l'avenir de ces apatrides condamnés à l'errance après avoir été pillé, brulé, tué, chassé... 40 ans que ça dure. 

Philippe Randé, grand reporter à France Inter, raconte ses journées dans ces camps au micro d'Eric Valmir

La version longue de cet entretien en podcast. Et sur la vidéo, le récit de Philippe et les photos et plans séquences en coupe de Sandra Conan. 

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