Après avoir observé toutes les règles en vigueur du pays sur les autorisations de tournage, Sébastien Sabiron, qui a présenté son matériel et sa fonction à son entrée sur le territoire marocain, a été interpellé puis expulsé. Son reportage sur les migrants reconduits de force aux portes du désert a déplu aux autorités.

Se cacher dans la forêt de Tanger avant de traverser la Méditerrannée
Se cacher dans la forêt de Tanger avant de traverser la Méditerrannée © Radio France / Sébastien Sabiron

Au Maroc, les migrants qui affluent sur Tanger pour traverser la Méditerranée sont arrêtés. Sur place, les militants des droits de l"homme parlent de rafle. Les migrants sont menottés puis conduits de force dans des bus aux vitres fermés qui les acheminent aux portes du désert, dans la province de Tiznit. Un voyage éprouvant de douze heures qui ne découragent pas ces candidats à l'immigration qui remontent aussitôt vers le nord, avec le même projet de rallier l'Espagne par la mer.  

Sébastien Sabiron, grand reporter à France Inter, s'est rendu dans la région de Tanger. Il a rencontré des subsahariens qui avaient déjà chassé de la zone, certains ont déjà fait quatre allers retours, ce qui confirme inefficacité de cette mesure. En éloignant les migrants de l'Europe, le royaume fait les yeux doux à Bruxelles, mais tolère difficilement l'évocation par les journalistes des conditions d'interpellation. 

Déjà, l'an dernier, Vanessa Descouraux de France Inter n'avait pu couvrir comme elle l'entendait les manifestations dans le Rif, un journaliste du Guardian a été expulsé, un correspondant espagnol qui vit sur place et dont le travail déplaisait aux autorités expulsés aussi. 

Le Maroc ne se distingue pas sa liberté de la presse. La profession reporter y est de plus en plus difficile. Sébastien Sabiron, alors qu'il interrogeait des migrants, a été interpellé puis gardé à vue pendant six heures, passeport et matériel confisqué, puis transféré à l'aéroport , placé d'autorité dans le premier avion pour Paris, passeport rendu sur le tarmac., le matériel de reportage est resté à Tanger, mais notre reporter a eu la présence d'esprit de "sauver" les interviews qu'il avait faite. 

Récit d'un reportage et d'une expulsion à réécouter ici... 

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