Moins de reporters tués en 2017, une tendance historique dans le rapport annuel de RSF. Ce chiffre cache une réalité. Devant les menaces de morts dans les zones à risques, les journalistes ne vont plus travailler sur les territoires dits dangereux. Se dessinent alors des zones entières interdites au reportage.

Une membre de Reporters sans Frontières devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (Strasbourg) en mai 2017
Une membre de Reporters sans Frontières devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (Strasbourg) en mai 2017 © AFP / Frédérick Florin

Moins de journalistes tués, une tendance historique. Mais des zones à risques où les reporters ne vont plus en raison des dangers qu’ils encourent. Le Yémen, le Turkmenistan, la Syrie, le Mexique, la Corée du Nord. Mais si conduire un reportage sur ces territoires présente un risque, les pays occidentaux ne constituent pas pour autant une zone de confort dans la liberté d’informer. L’obsession de la surveillance et le non-respect du secret des sources fragilisent le travail de terrain. 

Au classement de Reporters sans frontières, les États-Unis et le Royaume-Uni perdent deux places, respectivement 43ème et 40ème, la Nouvelle-Zélande recule de huit rangs, 13ème. . Les discours anti-medias de Donald Trump ouvrent la porte de la désinformation et du fake news. C’est dans les régimes dominés par un homme fort et autoritaire que la liberté de la presse recule. On pense à la Russie de Poutine, 148ème, mais aussi à la Pologne de Kaczynski, 54ème,  qui descend de sept positions. La Turquie d’Erdogan dont on parlait la semaine dernière bascule au fond du classement en devenant la plus grande prison de journalistes au monde. 

Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, interrogé par Eric Valmir s’inquiète de ce basculement des démocraties, fait nouveau et inquiétant. Bien sûr, au regard de l’Afrique, l’Asie, le proche Moyen-Orient, et les anciennes républiques soviétiques, les pays Européens reste la zone géographique où les médias apparaissent les plus libres. Mais l’Europe est le continent qui a connu la plus forte dégradation de son indice global. « Sans la liberté de la presse, les autres libertés ne sauraient être garanties ». 

En témoigne la rétrogradation de la Finlande de la première à la troisième. Depuis six ans, les Finlandais étaient le modèle d’une presse libre. Mais les pressions du premier ministre sur les journalistes ont changé la donne, et voilà la Norvège en tête du classement. La Norvège qui ne fait pas partie de l’UE et pour Bruxelles, ce n’est pas une bonne nouvelle. La France n’est pas bien classée. Les pressions des groupes économiques qui détiennent des médias privés en est une raison majeure. 

Le classement annuel de RSF et les interprétations qui en découlent sont à lire ici. 

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