le principe de la laïcité en crèche pourrait être réaffirmé par une loi
le principe de la laïcité en crèche pourrait être réaffirmé par une loi © reuters

Au menu ce soir :

Avec Caroline Fourest , de la revue Prochoix

Dominique Reynié , président de la Fondapol

Abdennour Bidar , philosophe et membre de l'Observatoire de la laïcité

L'identité française, notre culture commune serait en danger . Notre société serait menacée de "désintégration", comme l'analyse Alain Finkielkraut dans son livre "L'identité malheureuse". Qu'entend on aujourd'hui sur cette question sinon ce discours dominant ?

Les enjeux du feuilleton juridique de la crèche baby Loup à Chanteloup-les-Vignes : faut-il légiférer contre le port du voile au sein de tous les établissements de la petite enfance ? faut-il laisser ce choix aux règlements intérieurs dans les établissements privés ?

Le Cour, qui rendra son arrêt le 27 novembre, réexaminait hier le dossier Baby Loup sur le fond après trois précédents procès. L'affaire a commencé en 2008 quand, de retour d'un congé parental de cinq ans, Fatima Afif, éducatrice et directrice adjointe de la crèche s'était fait licencier pour faute grave pour avoir refusé d'ôter son voile au travail. Elle avait en réalité préalablement tenté de négocier une rupture conventionnelle avec sa directrice, Natalia Baléato. Se la voyant refusée, elle s'était présentée voilée lors de son premier jour de reprise. Et était licenciée dans la foulée. En 2010 et 2011, les prud’hommes de Mantes-la-Jolie et la cour d'appel de Versailles avaient donné raison à la crèche.

Cette année au mois de mars, la Cour de cassation a cassé l'arrêt au motif que la loi de 1905 n'imposait la neutralité qu'à l’État et à ses agents. Or, la crèche baby Loup est une association, donc une structure privée. Ainsi, seul son règlement intérieur peut sur des motifs précis interdire le port du voile.

Hier, le Procureur général de la cour d'appel a estimé d'une part que le travail spécifique des salariés d'une crèche peut justifier d'imposer la neutralité en matière religieuse. Il a d'autre pat précisé que les outils juridiques existants suffisaient pour régler les problèmes actuels, évacuant la question politique posée par l'avocat de la directrice; Me Richard Malka : faut il légiférer?

François Hollande a installé en avril un Observatoire de la laïcité, pour formuler des "propositions". Si Ce dernier a estimé mardi qu'"une loi n'est pas nécessaire à ce stade", il recommande à la crèche de préciser son règlement intérieur.

La crèche associative, financée par des fonds publics, fermera ses portes le 31 décembre; conséquence selon elle d'années de procédure et d'un climat de pressions au sein du quartier de la Noé.

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