Florence Haegel est professeure à Sciences Po et directrice de recherches au Centre d'Etudes européennes. Auteure de les droites en fusion. transformations à l'UMP . Presses de sciences Po. Nov 2012

Stéphane Rozès est politologue, président de CAP (Conseil, Analyse et pespective)

Nicolas Beytout est éditorialiste au groupe Les Echos

Chaos à l'UMP: quel pronostic vital pour le premier parti d'opposition?

Voilà près d'une semaine que les résultats du vote des militants sont contestés par les deux camps. La commission électorale du parti (Cocoe) a reconnu jeudi que trois circonscriptions d'outre-mer n'avaient pas été "prises en compte" dans les résultats, ce qui aboutirait "vraisemblablement à une inversion des résultats". De l'autre, le camp Copé dénonce des fraudes, en particulier à Nice et en Nouvelle-Calédonie.Les invectives ont fusé toute la semaine, jusqu'à ce que la proposition de François Fillon, d'une médiation d'Alain Juppé soit acceptée par le clan Copé. Tout ce monde doit se rencontrer dimanche soir........

"Sciences Po: une forte ambition, une gestion défaillante"

C'est le titre du rapport publié jeudi par la Cour des Compte. Laquelle a annoncé hier la saisie de la Cour de discipline budgétaire et financière sur des irrégularités constatées dans la "gestion défaillante" de Sciences Po sous la direction de Richard Descoings. Le dossier a été transmis au parquet général qui devra juger s'il y a lieu de lancer des poursuites.

Le contrôle de la Cour des Comptes a porté sur la période 2005/2010. Le rapport souligne les évolutions majeures de l'école ces dernières années : multiplication par 2 des étudiants en formation initiale,internationalisation des cursus, création d'une voie d'accès spécifique pour des étudiants issus de lycées relevant de l'éducation prioritaire, etc...

Il souligne également son statut original: la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), fondation de droit privé, gère administrativement et financièrement l'Institut d'Etudes Politiques (IEP), chargé de l'enseignement et à ce titre,intégré au service public de l'enseignement supérieur.

La FNSP est majoritairement subventionnée par l'Etat qui a accru sa dotation de lprès d'un tiers entre 2005 et 2010

Or, le rapport épingle la rémunération de Richard Descoings, "hors de proportion" avec des établissements comparables, 537.247 euros bruts en 2010. En cause également, le financement de la politique immobilière de l'école par des emprunts toxiques.Ou encore, une mission sur la réforme du lycée, confiée en 2009 par Nicolas Sarkozy à Richard Descoings qui a coûté 636.252 euros à la FNSP, sans être approuvée par le conseil d'administration.

Huit mois après la mort de Richard Descoings, Sciences Po, n'a toujours pas de directeur, l'Etat ayant refusé d'avaliser la nomination de l'administrateur provisoire Hervé Crès, après la confirmation de dysfonctionnements par la Cour des comptes.

La ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a jugé que les conditions n'étaient pas réunies pour confirmer M. Crès, nommé fin octobre par les instances de l'école, qui a formé une bonne partie de la classe politique et de la presse françaises.

Un autre administrateur provisoire sera nommé par le recteur de Paris, avant "qu'un directeur soit désigné dans des conditions transparentes et le plus rapidement possible", "quelqu'un d'extérieur" avec "une bonne expérience universitaire", qui ne pourra pas être candidat ensuite au poste de directeur, a-t-elle précisé.

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