Nicolas Bay, député européen Rassemblement National, est l’invité de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Carine Becard avec Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

L'eurodéputé RN Nicolas Bay dénonce le recours à l'article 49.3 annoncé samedi par le Premier ministre pour faire passer la réforme des retraites. "Ce gouvernement a pris l'habitude de brutaliser les Français, de brutaliser le débat démocratique ou en tous cas d'empêcher que le débat ait lieu", lance-t-il sur le plateau de "Questions Politiques". Il accuse l'exécutif de ne vouloir débattre ni avec les Français via un référendum, ni avec l'opposition en choisissant l'option d'un "passage en force".

Les députés Rassemblement national voteront donc les deux motions de censure, déposées par l'une par la droite et l'autre par la gauche. "On se moque de qui dépose la motion de censure. Tout ce qui peut montrer que ce gouvernement n'a pas de légitimité à mener des réformes dont les Français ne veulent pas, on le soutient." 

Il reconnaît qu'au vu de la majorité donc dispose le gouvernement à l'Assemblée, il est illusoire que les motions de censure parviennent à le faire tomber. "C'est un message politique", souligne Nicolas Bay. 

Sur le coronavirus : la "légèreté" de l'exécutif

Nicolas Bay estime que l'exécutif gère avec une certaine "légèreté" l'épidémie de coronavirus en France. Il reproche notamment à Agnès Buzyn d'avoir quitté le ministère de la Santé pour se porter candidate à la mairie de Paris à la place de Benjamin Griveaux. L'élu RN plaide par ailleurs pour l'instauration de contrôles aux frontières de façon à pouvoir empêcher les personnes en provenance de zones à risques d'entrer sur le territoire français. 

"Il ne faut pas, au nom de l'activité économique, prendre des risques inconsidérés et jouer avec la santé de nos compatriotes", insiste-t-il. "On invoque en permanence le principe de précaution et on ne pourrait pas prendre de petites mesures administratives comme celle là ?"

Faut-il alors reporter les élections municipales ? "Non, les élections ne sont pas un phénomène de circulation massive. Tout va dépendre des informations dont on disposera sur la propagation du virus".

Sur la frontière turco-syrienne

Le député européen est opposé à toute intervention de l'Union européenne, qui n'en a pas la légitimité selon lui. "La Turquie est un adversaire, avec un chef d’État islamiste. Elle intervient militairement sur le territoire souverain de la Syrie et soutient des groupes djihadistes", martèle Nicolas Bay. 

Il plaide par ailleurs pour le rétablissement de "relations normales" avec le régime de Bachar Al Assad afin d'endiguer la crise migratoire. "On peut avoir beaucoup de critiques et de réserves sur le pouvoir de Damas, mais des pays critiquables, il y en a beaucoup. Ça a été une faute majeure de la France de rompre les relations avec la Syrie." 

Sur les élections municipales

Nicolas Bay refuse de donner une estimations quant au nombre de communes que le RN est en capacité de remporter. Néanmoins, "il y a beaucoup de villes qu’on peut gagner car on a fait la démonstration en 2014 de notre capacité à bien gérer nos villes. On a baissé les impôts, on a amélioré la sécurité et on a fait la chasse aux dépenses inutiles"

"On a fait une démonstration de maturité politique", déclare-t-il quelques instants plus tard. "Beaucoup de maires veulent avoir des réalisations spectaculaires au coût exorbitant. Une bonne gestion municipale, c'est une gestion rigoureuse de l'argent public, des petites mesures qui améliorent la vie des Français."

Le député européen dénonce au passage un "communautarisme qui gangrène la France". "Trop souvent, les collectivités locales sont le lieu de développement de cet islamisme." Il évoque alors des maires ayant fait preuve "de compromission vis à vis de l'islamisme". Interrogé sur le nom des élus à qui il fait référence, Nicolas Bay cite Christian Estrosi à Nice et Édouard Philippe au   Havre. 

En vue des municipales, le RN met l'accent sur la sécurité, en proposant notamment une police municipale systématiquement armée dans les villes de plus de 100 000 habitants. 

  • Légende du visuel principal: Nicolas Bay (capture d'écran) © Radio France /
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  • Nicolas Baydéputé européen du Rassemblement National
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