L'ancien ministre du Travail de Nicolas Sarkozy et député de l'Oise est l'invité d'Ali Baddou dans Questions politiques.

Éric Woerth
Éric Woerth © AFP / Bertrand GUAY

Comment le parti Les Républicains peut-il se reconstruire après la défaite de François Fillon à la présidentielle ? Le député de l'Oise, Eric Woerth, et ses quarante années de carrière politique n'est pas inquiet. Pour lui, les partis sont essentiels à la démocratie. Tels des entreprises dans l'Économie, les partis évoluent, certains déposent le bilan, d'autres grossissent, mais dans l'ensemble tous sont nécessaires pour faire fonctionner le système.

Pour la droite, c'est donc pareil. S'il n'est pas proche de Laurent Wauquiez par les idées, du moins pas autant que de Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, Eric Woerth le considère néanmoins capable de redresser la barre à droite. Il alerte d'ailleurs sur la dangerosité de se diviser contre le candidat qui lui semble être légitime, une division qui ferait le lit de la République en Marche.

Car le gouvernement s'est montré clair : il n'a pas besoin de LR pour avancer. Une posture regrettée par Eric Woerth qui estime que la droite a manqué une occasion de peser davantage dans le débat démocratique.

Mais pour autant, pas question de laisser la place à la France insoumise. Pour Eric Woerth, Emmanuel Macron considère Jean-Luc Mélenchon comme "un épouvantail" qui permet de lui assurer le soutien dans les urnes, faute d'alternative crédible.

Sur le budget 2018, dont le détail a été présenté la semaine passée, Eric Woerth a précisé qu'il ne pensait pas voter en faveur du plan finances. Certes, certains points sont pour lui positifs, comme la remise à plat de la taxation de l'épargne, mais dans l'ensemble, le député désapprouve le manque d'empathie dans la méthode avec laquelle Emmanuel Macron réforme. Il va jusqu'à parler de "brutalité" et déplore "le manque de dimension humaine".

Critique à propos de l'ISF, qu'il faut soit supprimer totalement, soit maintenir en l'état, mais pas reporter uniquement sur l'immobilier, Eric Woerth l'est aussi sur la hausse de la CSG. Pour lui, le gouvernement nie l'effort fourni par cette classe de la population française, pendant sa vie active d'une part, mais aussi en aidant leurs proches aujourd'hui.

Eric Woerth l'a dit avec ironie pendant l'émission, la ligne d'Emmanuel Macron c'est un peu celle que le député de l'Oise prône depuis des mois, si ce n'est des années.

Car Eric Woerth, s'il se défend d'appartenir aux cols blancs au même titre que les autres - il a fait HEC, pas l'ENA - est aussi un homme politique qui a vogué, en 40 ans, d'Alain Juppé à Nicolas Sarkozy, puis François Fillon puis enfin Laurent Wauquiez.

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La semaine politique de Frédéric Métézeau

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