Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT et Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement étaient les invités de Questions politiques, dimanche 3 mai 2020.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement (à gauche) et Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT (à droite) invités de France Inter.
Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement (à gauche) et Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT (à droite) invités de France Inter. © Maxppp / Pool / Ludovic Marin et Maxppp / Thomas Padilla

Laurent Berger (CFDT) réclame une aide exceptionnelle de solidarité "de 250 euros par mois et par personne" pour les plus en difficulté

"Il y a beaucoup d'incertitudes et cela crée de l'angoisse et aussi beaucoup de souffrances dans ce confinement. Les annonces faites par le Premier ministre [à propos du déconfinement, NDLR] laissent beaucoup d'inconnues notamment pour des pans entiers de la population qui sont en difficultés", a estimé dimanche Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, invité de Questions politiques sur France Inter. 

"Je parle de difficultés psychologiques, en partie. Dès le départ, la CFDT avait proposé qu'on mette en place un comité d'experts en sciences sociales pour savoir ce que la situation provoquerait en termes d'équilibre personnel et collectif dans la société", a détailléLaurent Berger qui s'inquiète notamment des personnes "qui ont perdu leur emploi, de celles qui n'ont pas assez pour vivre en temps normal et qui doivent supporter des charges supplémentaires, des jeunes qui seront sans solution de travail voire de formation."

"Pas de déconfinement professionnel sans protocoles d'accord de reprise du travail"

Concernant le retour au travail des salariés, Laurent Berger estime "qu'on ne peut pas considérer que l'on va pouvoir tenir longtemps avec une activité totalement ralentie et la moitié des salariés du privé au chômage partiel".  Mais lui et son syndicat réclament "qu’il n’y ait pas de déconfinement professionnel sans qu’il y ait des protocoles d’accord de reprise du travail" garantissant la sécurité sanitaire des salariés. 

D'ailleurs "il faut être intransigeant et ne pas donner la possibilité de rouvrir" aux entreprises, "comme Amazon" qui ne permettent pas de "reprendre l’emploi dans de bonnes conditions de santé et de sécurité".

Enfin, pour les plus fragiles, Laurent Berger réclame "une aide exceptionnelle de solidarité de 250 euros par mois et par personne à destination des ménages les plus en difficulté". Le secrétaire général de la CFDT a reconnu qu'un "premier geste avait été fait" mais que ce n'était pas assez. L'aide de l'État de 150 euros pour tous les allocataires du RSA et de l'ASS, et de 100 euros de plus par enfant n'est pas "suffisante".  

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement : "Continuer ensemble à respecter le confinement"

Le déconfinement risque-t-il d'être remis à plus tard ? Olivier Véran, le ministre de la Santé, met en garde contre un relâchement du respect des mesures de confinement, dans le Parisien/Aujourd'hui en France, et prévient que la date du 11 mai pourrait être remise en question si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a expliqué que c'est sur la base "d'un élément objectif" que se prononce le ministre de la Santé. Un indicateur "qui montre que le taux de contagiosité a très légèrement remonté"

"Notre objectif est que le déconfinement puisse avoir lieu de manière progressive, prudente [à partir du 11 mai]. Il ne sera possible que lorsque nous aurons maîtrisé la situation épidémique."

Ce taux était de "0,5, c'est-à-dire que 10 personnes n'en contaminaient que 5 la semaine suivante. Aujourd'hui, on est à un taux de 0,63. Donc nous avons 10 personnes qui sont susceptibles de contaminer 6 personnes. Cela montre qu'il y a eu plus de sorties. Il faut qu'il reste en dessous demain", a insisté la porte-parole du gouvernement. "C’est la raison de cet appel pour continuer ensemble à faire en sorte qu'il y ait le moins de contact possible et à respecter le confinement."

La porte-parole du gouvernement a également indiqué avoir "bon espoir" que l'application StopCovid, évoquée pour tracer les malades du coronavirus, serait prête "fin mai ou début juin". "Nous n’avions jamais eu d’engagement pour que StopCovid soit prête le 11 mai. Cette application n’est pas prête techniquement, nous devons laisser le temps du développement", a-t-elle expliqué. 

"A compter du 11 mai nous aurons la capacité de réaliser 700 000 tests par semaine"

Concernant la capacité de la France a réaliser massivement des tests à partir du début du déconfinement, Sibeth Ndiaye a réaffirmé ce dimanche que la France aura "la capacité 700 000 tests par semaine". "Nous avons augmenté considérablement notre capacité ces dernières semaines. Nous avons levé beaucoup de blocages administratifs pour pouvoir le faire et faire en sorte que tous les laboratoires, qui en ont les capacités techniques, puissent le faire de manière opérationnelle", a expliqué Sibeth Ndiaye.

"Nous avons aussi fait en sorte d'augmenter considérablement notre production de masques à l'échelle nationale. Nous avons près de 100 millions de masques soignants qui arrivent chaque semaine en France." Par ailleurs, "plus de 200 entreprises" produisent des masques grand public, a précisé la porte-parole du gouvernement. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.