Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales sera l’invitée de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Jacqueline Gourault est l'invitée de Questions Politiques
Jacqueline Gourault est l'invitée de Questions Politiques © Radio France / Capture écran

"Je pense qu'elle a les qualités pour le faire", a jugé la ministre de la Cohésion des territoires, alors que le Journal du Dimanche explique que la ministre de la Santé Agnès Buzyn pourrait être choisie comme tête de liste LREM pour les élections européennes. Jacqueline Gourault prête toutes les qualités à Agnès Buzyn : "C'est une femme qui est médecin, et elle a cette qualité d'écoute, d'empathie, qui est très importante. Et en même temps c'est une femme qui a du tempérament, qui sait prendre des décisions."
Mais "la décision n'est pas prise", précise Jacqueline Gourault...

"Gilats jaunes" : "Ce serait grave que le mouvement se perpétue"

Interrogée sur le mouvement des "gilets jaunes", la ministre considère que "le mouvement s'étiole" et "évolue". "Il s'est "diversifié, il est devenu multiforme et est allé jusqu'à la violence extrême" explique Jacqueline Gourault, selon laquelle "toute une partie de la population n'en peut plus de cette violence et commence à s'indigner fortement des violences et des destructions".

Il faudra donc "mieux réguler les manifestations", précise la ministre, qui justifie l'usage des LBD par la nécessite pour les policiers de disposer "des moyens pour se défendre et rétablir l'ordre", et ceci malgré l'appel du Conseil de l'Europe mardi qui demande à la France de "suspendre l'usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre" afin de "mieux respecter les droits de l'Homme".

"Le regard des Français sur Emmanuel Macron a changé grâce au grand débat"

Ce n’est pas le président qui a changé, mais l'image que les Français ont de lui, selon la ministre. Emmanuel Macron "avait pu choquer par certaines de ses déclarations, il l'avait reconnu", explique Jacqueline Gourault qui pense que "le grand débat a permis au président de la République et aux Français de se retrouver".

Les ministres vont pouvoir eux mêmes contribuer au grand débat. Alors quelle est la proposition de Jacqueline Gourault ?

"Je pense qu'il faut construire ce que l'Europe appelle un 'agenda rural'. C'est une proposition européenne, qui a été soutenue par la France, de construire des politiques pour ceux qui se sentent délaissés", a avancé Jacqueline Gourault, qui veut répondre à cette "France qui se sent délaissée". "Cette année, on célèbre les 40 ans de la politique de la ville, je crois qu'il faut aussi répondre à ceux qui vivent sur les autres territoires", a estimé la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

Quant à l'impôt universel évoqué par Jacqueline Gourault le 24 février qui imaginait que chaque Français paye l'impôt sur le revenu, "même un euro" pour recréer le lien entre citoyen et impôt, la proposition a été balayée par le Premier ministre. 

"Je l'ai évoqué comme quelque chose qui est une idée personnelle", a affirmé Jacqueline Gourault. "C'est une vieille proposition de notre famille politique [le MoDem, ndlr] dans le sens où nous croyons que faire partie de la Nation, d'une société, c'est participer à l'ensemble de la vie publique et que le lien avec l'impôt est quelque chose qui permet d'éviter la fracture sociale", a développé la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. 

Le non cumul, il n'y a que les élus qui en parlent

Le président LR du Sénat Gérard Larcher a souhaité jeudi que soit "rouvert" le débat sur le non-cumul des mandats des maires, avec la possibilité de "cumuler un exécutif local, peut-être jusqu'à une certaine taille". Qu'en pense celle qui fut vice-présidente du Sénat ?

Jacqueline Gourault note que personne ne parle de ce sujet lors des réunions du grand débat. Ces sont les élus qui en parlent, dit-elle mais "quand on dit 'non cumul des mandats', on ne parle pas de mandat unique" précise-t-elle, ajoutant que plus la commune est petite, plus le maire a du travail, il doit être "polyvalent". "Ce serait une erreur de penser que lorsqu'il s'agit d'une petite commune c'est plus facile de cumuler". "Moi j'ai réussi grâce à mon premier adjoint qui faisait l'essentiel du travail pendant que j'étais au Sénat."

Laurent Berger souhaite que le grand débat se termine par une grande conférence sociale. La ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales précise qu'il est "prévu qu'il y ait une consultation très importante des corps intermédiaires".

"Derrière le sujet du cumul des mandats, il y a le cumul des indemnités"

"L’atmosphère est délétère" reconnait Jacqueline Gourault qui précise que "les Français pensent toujours que cumul des indemnités donne des salaires très importants" (en réalité les indemnités sont plafonnées). 

"On m'a demandé dans une réunion combien je gagne" a raconté la ministre. "Je l'ai dit et j'ai vu qu'évidemment on trouvait que c'était un bon salaire, mais j'ai vu aussi dans les yeux des gens qui m’interrogeaient qu'ils pensaient qu'un ministre gagnait beaucoup plus que cela." 

Le salaire de Jacqueline Gourault est de 8 000 euros net.

"Je n'ai aucun problème dans cette majorité"

Questionnée sur la manière dont elle se sent dans un gouvernement qui semble pencher plus à droite qu'au début du mandat d'Emmanuel Macron, Jacqueline Gourault certifie être à l'aise dans la majorité. "L'ordre n'est pas une valeur de droite ou de gauche, c'est une valeur républicaine" dit-elle concernant de récentes mesure comme la loi anticasseurs. "Après on peut avoir des nuances sur le fait de mettre un drapeau français dans toutes les classes, précise-t-elle, mais ce n'est pas quelque chose qui me choque." 

"Nous sommes une équipe qui fonctionne" . "Nous sommes très proches avec Edouard Philippe", précise Jacqueline Gourault selon laquelle "La Ve République appelle aussi à une stabilité du Premier Ministre". 

Affaire Benalla "Le Sénat n'est pas un tribunal"

"Il y a des limites à ce qu'une commission d'enquête peut faire" a affirmé Jacqueline Gourault. "C'est le Sénat qui s'est emparé de ce dossier une première fois et puis une seconde fois. Qu'il s'en empare, ce n'est pas un problème, c'est son droit", reconnait l’ancienne vice-présidente du Sénat. "Mais qu'il y ait amalgame entre monsieur Benalla et des hauts fonctionnaires de l'État, qui servent la République, qui sont auprès du président de la République, c'est cela qui est gênant dans la démarche" explique la ministre de la Cohésion des territoires.

"Je pense que le président du Sénat va trouver les voies et les moyens pour sortir lui-même de la situation dans laquelle s'est mise la commission" espère Jacqueline Gourault. "Je peux vous dire qu'un certain nombre de sénateurs, que je connais bien, sont un peu mal à l'aise."

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  • Jacqueline GouraultMinistre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales
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