Gilles Simeoni est président de l'exécutif de la Collectivité Unique de Corse.

Gilles Simeoni
Gilles Simeoni © Radio France / Collectivité territoriale de Corse - Service communication

Deux mois après une élection qui les a mis à la tête de la nouvelle collectivité unique corse, les nationalistes ont organisé une manifestation ce samedi pour protester contre le manque de dialogue avec l'État français. La situation catalane a été très observée sur l'île, mais la stratégie corse est bien différente. Emmanuel Macron effectuera mardi et mercredi un déplacement en Corse, où il est très attendu. 

Faire pression sur le gouvernement

Gilles Simeoni demande à ce que le gouvernement ouvre des perspectives politiques. 

Combien de manifestations dans les rues d'Ajaccio ? La manifestation organisée par les nationalistes à Ajaccio a réuni entre 5 600 et 6 000 personnes d'après la préfecture de région, 22 000 à 25 000 selon ses organisateurs. Le président de l'exécutif de Corse estime que la préfecture a volontairement minimiser les chiffres. 

Gilles Simeoni réfute les soupçons de pressions mafieuses sur son action. "Ni Charles Pieri, ni personne je fait pression sur nous, nos choix seront libres et en conscience et validés par les Corses".

Il exprime son refus de la violence, la manifestation du 3 février n'est pas une forme de chantage à la violence. 

Il est écrit et réaffirmé que cette disparition de la violence est irréversible, il n’y a pas d’autre chemin que celui de la démocratie

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L'autonomie en point de mire

"Le bon modèle pour la Corse est à construire", selon Gilles Simeoni. _"La République est indivisible. Moi je suis autonomiste, u_n statut d’autonomie est et sera ce qui convient le mieux à la Corse."

Pourquoi la coofficialité de la langue corse ? 

La coofficialité de la langue corse avec la langue française est un point non négociable pour le gouvernement. Il est inscrit dans la Constitution que le français est la langue de la République. 

Gilles Simeoni : "Nous entendons cette fin de non recevoir , mais on ne peut pas nous dire non on n’en parlera jamais. Il y a des Etats ou des citoyens qui vivent au sein d’état qu’ils ne veulent pas quitter, en ayant plusieurs langues. Nous voulons que la langue corse rayonne, la coofficialité est la seule chance de survie, c'est le linguiste Claude Hagège qui le dit"

Le sort des prisonniers "politiques" ? 

Le rapprochement des prisonniers politiques, 11 sur le continent, est une revendication forte de la Corse, auprès du gouvernement. L'exécutif de Corse demande leur transfert à la prison de Borgho. 

Est-ce si important par rapport à la vie des Corses ? 

Pour Gilles Simeoni, "On sort de 50 ans de conflit entre l’Etat et la Corse, il y a des milliers d’attentats, des morts, des prisonniers mais pour nous la logique du conflit c’est oublié. On veut seulement appliquer le droit pour 11 personnes. Ils ont droit au rapprochement. Y compris pour les 3 qui sont impliqués dans la mort du préfet Erignac."

Hommage au préfet Erignac, pour ouvrir le chemin de la réconciliation

Le président de la République va commémorer mardi matin le 20e anniversaire de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, tué le 6 février 1998, alors qu'il se rendait au théâtre avec son épouse, à Ajaccio. Emmanuel Macron présidera une cérémonie sur les lieux et la place attenante sera rebaptisée "place Claude Erignac", avec la possible présence de la veuve du préfet, Dominique Erignac.

Gilles Simeoni, qui était l'avocat d'Ivan Colonna, considère, qu'en tant que président de l'exécutif corse, il est de sa  responsabilité d’y être.  Ce sera une "cérémonie à caractère fort et symbolique nous aimerions que pour l’Etat ce soit l’occasion de rendre hommage à un serviteur de l’état mais de dire aussi que c’est le moment d’ouvrir ensemble le chemin de la paix et de la réconciliation".

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