Eric Coquerel (PG) et Julien Sanchez (FN) sont les invités de Questions politiques

Eric Coquerel et Julien Sanchez (montage)
Eric Coquerel et Julien Sanchez (montage) © AFP

Eric Coquerel, Coordinateur et porte-parole du Parti de Gauche, Candidat France Insoumise aux législatives en Seine-Saint-Denis (1ère circonscription) et Julien Sanchez, Maire de Beaucaire, Conseiller régional, Porte-parole national de la campagne du FN pour les législatives sont les invités de Nicolas Demorand ce dimanche 4 juin.

Eric Coquerel : "si on croit aux mots et aux paroles on croit en Macron. Mais les actes ce sera la loi travail, les retraites attaquées et la CSG qui augmente"

Aux questions sur l'agressivité supposée de Jean-Luc Mélenchon, notamment après ses propos envers l'ex ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Éric Coquerel explique avoir entendu les médias parler de Jean-Luc Mélenchon avec des termes comme "tordu, sectaire, dictateur, agressif violent". Selon lui, "il y a un petit fond médiatique qui dit que le Mélenchon d’avant était très bien mais que le maintenant il est agressif (...) Ils alimentent le fait qu’on n’aime Mélenchon que lorsqu'il n’a pas de chances de gagner". Selon Eric Coquerel, "le premier à se critiquer c’est Mélenchon lui-même".

Interrogé sur le bilan qu'il tire des premières semaines de présidence Macron, le porte parole du Parti de Gauche considère qu'Emmanuel Macron "a la parole habile" et que "les journalistes tombent dans l’hagiographie le concernant car jusqu'ici Macron ce n'est que des mots".

"Face à quelques chose d'aussi grave" que la sortie par Trump des Accords de Paris, un acte qui est "aussi grave que l'invasion du Vietnam" pour Eric Coquerel. Il aurait fallu qu'Emmanuel Macron décide de "sortir de l’OTAN et dire qu’on en signera en aucun cas le Tafta".

Pas d'ambition affichée par les "Insoumis" pour les législatives sinon de faire le meilleur résultat possible, et surtout qu'Emmanuel Macron n'ait pas les pleins pouvoirs et la majorité absolue. Selon Eric Coquerel, "LR et PS seront des auxiliaires de sa majorité". "La seule alternative républicaine c’est donc de voter France Insoumise" pour obtenir au minimum "assez de député pour former un groupe" au minimum, "ou 68 députés pour pouvoir déposer une motion de censure".

Législatives : désistement pour le candidat de gauche le mieux placé ou pas ?

"Pas de cartel des partis" pour la France Insoumise. Avec le Parti Communiste, explique Eric Coquerel, "la discussion sur les meilleures circonscriptions n’a jamais marché". quant à savoir si la France Insoumise pourra faire groupe commun avec les communistes, le porte parole du Parti de Gauche n'en est pas certain car "certains tapent sur Mélenchon". Quant à un possible "grand mouvement de gauche", pour Eric Coquerel "la réunification a eu lieu, on l’a faite avec les électeurs" du PS. Proposition a été faite à Benoît Hamon de quitter le PS et "nous rejoindre". Il ne l'a pas voulu, la responsabilité est donc sienne.

Les Insoumis sont "le meilleur antidote contre le FN" pour Eric Coquerel qui est opposé au "Front Républicain" car selon lui "ça donne l’impression que le FN est le seul parti antisystème" et rappelle la déclaration de Jean-Luc Mélenchon avant le second tour de al Présidentielle : "pas une voix pour le FN".

Que peut-on faire en matière de lutte contre le terrorisme ?

Après le nouvel attentat de Londres, "on se sent tous londoniens", dit Eric Coquerel qui explique que la semaine dernière il était dans la capitale britannique avec son fils. Pour lui"il faut une coalition universelle sous l’égide de l’ONU pour en finir avec Daech et ne pas céder à la diviser car 'ils' veulent créer un climat de guerre civile dans les pays, surtout par rapport à des gens de confession musulmans". La France Insoumise prône le fait de "redonner des moyens aux renseignement, revenir sur la fusion RG-DST, revenir au renseignement humain, sortir de l’état d’urgence qui ne sert à rien sauf à attaquer nos libertés".

Julien Sanchez : "Le FN va très bien, il n’a jamais reçu autant de voix"

La presse, encore le Parisien ce dimanche, met en une "Le FN au bord de la rupture", mais selon Julien Sanchez, maire de Beaucaire, conseiller régional, et porte-parole national de la campagne du FN pour les législatives, "le FN va très bien", Marion Maréchal Le Pen ne fuit pas les projets que certains pourraient avoir pour elle. Au contraire; elle "avait indiqué qu’elle ne ferait pas de la politique toute sa vie, elle a une enfant très jeune dont elle veut s'occuper et elle reviendra".

"On a fait peur aux gens avec la sortie de l'euro" explique Julien Sanchez, "une inquiétude normale" selon lui. "Notre rôle va être de mieux expliquer notre projet". Il n'y a pas deux FN, un "philippettiste" et un de "Marion Maréchal". "Parler de la thématique de l’identité, de la sécurité et de la souveraineté nationale a toujours figuré au programme du FN". Oui, il y aura un congrès du FN "vers la fin de l'année ou au début de la suivante" où "nous débattrons des orientations mais le parti va bien et nos analyses se trouvent vérifiées par les faits."

Quelle ambition pour les législatives ?

"Un parti qui représente 33% des électeurs et ne peut pas avoir deux députés sur 577 !" comme aujourd'hui .Il faut donc que le FN dispose d'un group à l'Assemblé nationale, car "nous seuls mettrons le préoccupation des français au cœur des préoccupations politiques". Avoir un groupe permettra, explique Julien Sanchez d'avoir "un débat au parlement et pas dans la rue comme" comme cela a été le cas "avec les syndicats ou l’extrême gauche lors de certaines réformes".

Le FN perçoit nettement une dynamique en sa faveur pour ces élections. "Beaucoup d’électeurs ont voté FN pour la première fois venant de la droite ou de la gauche", explique le porte-parole national de la campagne du FN pour les législatives, "y compris des professions très réticentes au FN par le passé comme la fonction publique hospitalière ou l'Education nationale et qui constatent qu'en étant trop gentil on se fait manger et qu'il faut donc réaffirmer une autorité".

Pour le maire de Beaucaire, Les Républicains soutiennent Emmanuel Macron, Il n'y a donc rien à faire avec eux. LR s'est "ringardisé" et va explose , selon lui, "ils se sont vendus au Président Macron". Le clivage "n’est plus droits gauche mais mondialiste contre souverainistes".

Julien Sanchez rappelle les fondamentaux du FN : "défendre les valeurs de la France". "Nous en avons marre, dit-il, que notre pays se transforme : anarchie et laxisme à tous les étages, rues interdites aux femmes. 300 bornes à incendie saccagées et des centaine de milliers de litres d'eau perdus et des pompiers caillassé par des centaines de jeunes et on laisse faire". Leconseiller régional se demande pourquoi le ministre de l’Intérieur et la secrétaire d'état à l'égalité homme/femme "ne font rien".

Le leadership de Marine Le Pen ne se pose pas

"Elle a fait une campagne au quotidien durant un an et a porté le message du FN haut et fort et on ne retient que le débat un peu loupé" explique Julien Sanchez. Les "Patriotes" de Florian Philippot ? "Une association pour faire venir de nouvelles personnes" explique Julien Sanchez malgré les remous que cette création a crée au FN.

Questionné sur la décision de Donald Trump de sortir de l’Accord de Paris, Julien Sanchez explique que "personne ne peut se satisfaire de ce genre de décision mais le Président américain fait ce qu’il avait annoncé". Si Marine Le Pen avait été élue "une France FN peut ne pas se sentit liée par un accord mal fait (...) car en matière d’écologie on ne parle que de taxes et pas de vrais problèmes" selon le maire de Baucaire, comme par exemple le fait de produire et consommer local.

Moralisation de la vie politique

"Marine Le Pen se rendra elle-même chez les juges après les législatives et s’expliquera car elle n’a rien à se reprocher" explique Julien Sanchez qui dénonce le deux poids deux mesures qui autoriserait ou interdirait des choses différentes "selon que l'on est ou pas au FN".

Le FN votera-t-il ce projet de loi, le premier due cette présidence ? "On ne peut pas parler d'un projet pas encore présenté", dit Julien Sanchez qui explique que le FN appliquera "une opposition constructive". Mais surtout, le Front National fera en sorte de "débattre à l’Assemblée des vrais sujets qui intéressent les français" .

L'identité française c'est quoi pour Julien Sanchez ?

"La France des terroirs et des clochers aux racines judéo-chrétiennes" c’est ça l'identité Française selon le FN et la culture française "est clairement menacée par la mondialisation et un monde marchand" explique Julien Sanchez qui dit qu'on "ne peut pas nier les remplacements de population en voyant les prénoms des enfants qui naissent et les prénoms des gens qui meurent".

Interrogé sur le "rayonnement de la France" et le rôle que tente de lui donne Emmanuel Macron à l'international, notamment après l'annonce de Donald Trump sur l'Accord de Paris, Julien Sanchez a regretté que le Président parle anglais. Pour le porte-parole national de la campagne du FN pour les législatives, "Il faut que Monsieur Macron se fasse entendre en actes et pour l'instant c’est beaucoup de paroles", selon lui. "Il ne faut pas que monsieur Macron passe son temps à critiquer et faire de l'ingérence dans les pays étrangers. Qu'il donne des leçons et fasse la morale à monsieur Poutine et monsieur Trump ou à d'autres. Qu’il s’occupe plutôt des problèmes des Français, c'est sur ça qu'on l'attend, sur le laxisme judiciaire, l'insécurité galopante, la délinquance; la drogue. Qu'il s’occupe de politique française, on n'a pas assez de problèmes ici ?"

Les invités
Programmation musicale
  • BIOLAY

    "PALERMO HOLLYWOOD" INSTRU

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.