Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du PCF, est l’invité de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Carine Bécard (France Inter) avec Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Qu'est-ce qu'être communiste aujourd'hui ? "C'est mettre l'humain au cœur de tous les choix politiques", répond Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord. Il cite ainsi les valeurs de partage, de solidarité, de fraternité, actuellement en "perte de vitesse et auxquelles il faut redonner du sens et de la force". "Face à un capitalisme débridé, à bout de souffle, nous voyons bien qu'il faut inventer un nouveau modèle", ajoute-t-il.

Fabien Roussel, dénonce un monde de violence et de corruption insupportables. "Aujourd'hui, on a un président de la République qui fait un bras de fer avec ceux qui manifestent, un Carlos Ghosn qui fait un bras d'honneur à la justice et un Donald Trump le doigt sur la gâchette. Dans quel monde vit-on ?" s'interroge celui pour qui "l'idéal communiste bat toujours".

Un président de la République "représentant d'un clan"

Face à un mouvement de contestation qui dure depuis un mois contre la réforme des retraites, le secrétaire national du PCF estime qu'Emmanuel Macron "doit se poser en rassembleur, au-dessus de la mêlée. Or il est aujourd'hui le représentant d'un clan". "Il faut sortir de ce climat de tension, de ce conflit permanent. Ce ne serait pas humiliant de sa part de retirer sa réforme. Ce serait reprendre la main et ouvrir le dialogue", poursuit Fabien Roussel. 

Fabien Roussel appelle à "s'attaquer à la finance". "Le capital n'a jamais été aussi bien servi que ces dernières années, sa fiscalité n'a jamais été aussi allégée. Certains dénoncent le coût du travail, nous dénonçons celui du capital", poursuit-il. "En 2018, les revenus financiers représentaient 298 milliards d'euros. Cotisations pour les retraites : zéro. S'il y a bien un régime spécial auquel il faut s'attaquer, c'est celui-là".

La gauche face à la réforme des retraites

Les représentants de la gauche se sont réunis avant les fêtes afin de travailler à un contre-projet commun à la réforme des retraites, explique Fabien Roussel. Une nouvelle rencontre est prévue cette semaine. "Au moins le président de la République aura réussi à nous mettre autour d'une table ! Nous voulons montrer que nous portons en commun les questions de retraite minimum, de pénibilité, d'inégalités salariales femmes/hommes, de carrières hachées", ajoute-t-il.

Quelles sont les pistes de ce contre-projet ? Fabien Roussel évoque le recours aux fonds de réserve inutilisés, une taxe sur les revenus financiers, sur les robots qui remplacent les hommes et les femmes dans les usines, l'augmentation de la part employeur, ou encore une augmentation des cotisations versées par les entreprises ne respectant pas leurs obligations sociales ou environnementales. 

Le parti communiste est favorable à un "régime unifié de retraites", détaille Fabien Roussel, qui déplore que l'on "en ait fait des caisses" sur les régimes spéciaux. "Il faut que nos enfants sachent, quand ils entrent sur le marché du travail, ce qu'ils vont toucher demain, ce que l'État prévoit pour eux. Or, ce que prévoit le président, c'est open bar, chacun pour soi. Macron ne prévoit pas l'avenir, il est en train de tuer l'avenir".

Sur la politique industrielle de la France

Le député appelle à une "véritable politique industrielle". "Si je suis président de la République, je dirai qu'en France, je veux produire des machines à laver, des télés, des voitures. Nous pouvons produire en France ce que nous consommons ici. C'est bon pour l'emploi, c'est bon pour les impôts. Un pays sans industrie est un pays sans avenir".

Sur Jean-Luc Mélenchon

Fabien Roussel reconnaît des différences d'approche avec le député de la France Insoumise. "Mais personne ne gagnera tout seul. Il faudra bien un jour que l'on arrive à travailler ensemble".

  • Légende du visuel principal: Fabien Roussel à l'Elysée en mars 2019 © AFP / Thomas Samson
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