Nathalie Loiseau, tête de liste LREM, et Raphaël Glucksmann, tête de liste Place Publique - PS, étaient les invités de "Questions politiques" spécial élections européennes, ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard, Françoise Fressoz (Le Monde), Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Nathalie Loiseau et Raphaël Glucksmann.
Nathalie Loiseau et Raphaël Glucksmann. © AFP / Juliette Pavi/Anne-Christine Poujoulat

Nathalie Loiseau (En marche) : "Je souhaite battre le Rassemblement national pour les Français, pas pour mon orgueil personnel"

Nathalie Loiseau, tête de liste aux élections européennes pour La République en marche, assure vouloir, dans ce scrutin, "battre le Rassemblement national" et ce "pour les Français" et non "pour son orgueil personnel". Invitée de France Inter dimanche midi, l'ancienne secrétaire d'état chargée des Affaires européennes estime que "cela fait cinq ans que le Front national est premier parti de France au Parlement européen et que cela fait cinq ans de perdu". Elle ajoute : "Nous avons l'intention de venir avec des députés qui vont travailler, proposer, porter des projets. Pendant cinq ans, il y a eu 24 personnes, 19 mises en examen, radioactifs pour tous les autres et qui ont été contre tout le temps. Contre la lutte contre la désindustrialisation, la lutte contre le terrorisme, contre l'égalité entre les femmes et les hommes.

"Je vois d'où on part, un Front national très fort il y a cinq ans, qui l'est un peu moins aujourd'hui mais toujours très présent. Ça m'inquiète, je ne me repose pas sur mes lauriers. (...) J'aurais préféré avoir un adversaire différent de celui-là. Simplement c'est celui-là que je combat. Ça tombe bien, c'est mon engagement de toujours, battre l'extrême droite c'est pour cela que je suis entré en politique" estime Nathalie Loiseau sur la candidature du Rassemblement national.  

"Des propositions, il y en a tous les jours"

Interrogée sur le programme de la liste Renaissance, toujours pas connu à la date de l'interview, Nathalie Loiseau assume et assure qu'il y a "un programme, prêt depuis longtemps". La candidate de LREM assure que de nombreuses propositions ont déjà été faites, sur la transition écologique, de l’Europe sociale, la politique européenne féministe : "Des propositions il y en a tous les jours. Le programme sera publié le 9 mai [journée de l'Europe, NDLR] et pour la seule liste pro-européenne, c'est une jolie date".

Nathalie Loiseau explique vouloir créer, pour encourager la transition écologique, une Banque européenne du climat avec des taux garantis, des prêts préférentiels. "On ne fera pas tout avec l'argent public. L'épargne européenne doit s'orienter vers la transition écologique". "Le budget européen doit consacrer au moins 40 % de ses dépenses à la transition écologique. Qu'il s'agisse de l'agriculture, de l'industrie, ou la recherche sur les énergies propres. Mais si l'on fait tout avec l'argent public on laissera la dette écologique et financière en même temps."

Alors que Nathalie Loiseau a estimé dimanche qu'il était "plus que temps que l'on parle du fond, que l'on parle d'Europe" au lieu de "polémiquer sur des détails", la tête de liste de LREM aux élections européennes a justement été interrogée sur la façon dont son futur groupe, qui n'a aucune chance d'être majoritaire au parlement européen même en cas de victoire en France, pourrait mettre en place ses propositions. Nathalie Loiseau estime possible d'être dans un "groupe central" sans qui aucune majorité ne peut se faire. "Mon ambition, c'est que ce groupe rassemble, avec d'autres Européens qui nous rejoignent, une centaine de députés. Ca veut dire qu'aucune majorité ne peut se faire sans nous. La vieille cogestion entre la droite traditionnelle et la gauche traditionnelle, nous voulons que ce soit fini", a-t-elle martelé.

Raphaël Glucksmann (Place publique-Parti socialiste) : "Il n'y a pas d'autre choix que de se battre dans l'Europe actuelle"

Invité de la seconde partie de Questions politiques, Raphaël Glucksmann, tête de liste Place publique-Parti socialiste aux élections européennes Raphaël Glucksmann a jugé que La République en marche est "un rempart de papier" face au Rassemblement national : "Je ne renvoie pas dos à dos Rassemblement national et En marche. Je sais que le nationalisme porté par le Rassemblement national est infiniment plus violent que la droite libérale que l'on a aujourd'hui au pouvoir. Maintenant, quand on entend les Macroniens dire qu'ils sont le rempart face au Rassemblement national, c'est un rempart de papier, de la stratégie électorale."

"En réalité, ils reculent sur toutes les idées : sur l'accueil - je me souviens d'un candidat qui disait qu'Angela Merkel avait sauvé l'honneur de l'Europe et qu'il fallait renouer avec la France humaniste -  c'est ce même candidat, devenu président qui refuse d'accueillir l'Aquarius (…), le même qui nomme Christophe Castaner ministre de l'Intérieur qui va répéter mot pour mot les slogans de Matteo Salvini sur les ONG, Mme Loiseau [tête de liste LRELM, ndlr] qui parlent de 'shopping de l'asile' pour parler des gens qui sont en train de crever dans nos mers, je trouve ça scandaleux", ajoute le candidat.

"Ils ont une Europe un peu honteuse"

"Sur la question de la solidarité européenne, je suis marqué par la manière dont ils ont une Europe un peu honteuse : quand Mme Loiseau dit 'Nous n'allons quand même pas payer pour construire des routes en Bulgarie ou en Roumanie', mais si ! C'est impopulaire de le dire, mais c'est le principe même de l'Europe. Si on ne fait pas cela, on remet en cause les solidarités qui fondent le projet européen."

Interrogé sur son programme, Raphaël Glucksmann dit représenter  "la seule liste" qui assume que "si l'on veut que l'Europe fasse plus de choses, il lui faut des ressources propres comme par exemple lever un impôt sur les bénéfices des grandes sociétés". 

Le candidat Place publique-Parti socialiste assure aussi vouloir "rompre avec la moins-disance sociale" et se dit favorable à "un congé parental paritaire à l'échelle européenne, huit mois de congé parental, quatre pour les femmes, quatre pour les hommes", mesure qui selon Raphaël Glucksmann "illustre bien la différence entre la gauche et la droite". "Ce projet de la Commission européenne a été bloqué par le sois-disant progressiste Emmanuel Macron".  

Raphaël Glucksmann explique qu'il va partager la scène d'un meeting à Rouen, le 15 mai, avec Christiane Taubira, ancienne Garde des sceaux du président socialiste François Hollande. "Je suis fier de partir au combat avec quelqu'un comme Christiane Taubira [dont le rapport à la politique] est celui que je veux voir renaître, l'idée que ce n'est pas juste de la gestion" explique-t-il.

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