Agnès Pannier-Runacher, Ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l' Industrie, est l’invitée de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Carine bécard (France Inter) avec Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

La ministre déléguée revient d'abord sur les débordements en marge de la manifestation de samedi contre la loi sécurité globale. "Ces violences sont une insulte à la démocratie, parce qu'elles empêchent les gens qui manifestent de le faire en sécurité, et de porter leur message : si l'on ne retient de ces manifestations que les violences, le débat démocratique a perdu."

Des débordements pourtant censés être prévenus par une loi "anti-casseurs" votée l'année dernière. Agnès Pannier-Runacher assure qu'elle est efficace parce que "des gens sont aujourd'hui en garde à vue". "Nous avons 400 à 500 personnes qu'il faut être capable d'intercepter ; nous agissons également en amont, quand nous pouvons appréhender les personnes avec du matériel qui ne correspond pas à une manifestation pacifique."

Quid des autres violences, celles venues de la police, et dont même Emmanuel Macron a fini par reconnaître l'existence ? "Le président de la République a un propos sans ambiguïté, de soutien des forces de l'ordre", assure la ministre déléguée. "Est-ce que ça efface le fait qu'il y a des discriminations dans notre pays ? Des discriminations qui, d'ailleurs, ne sont pas propres à la question du maintien de l'ordre ou des contrôles ? Ce serait faire preuve de lâcheté de ne pas dire qu'à certains moments, dans certaines situations, oui il y a des discriminations sur la couleur de peau."

Sur la question du futur vaccin contre la Covid, Agnès Pannier-Runacher détaille les négociations européennes à ce niveau. "On s'est réparti le travail, avec une représentation française importante", détaille-t-elle. "Il y a 200 candidats vaccins qui sont partis, une dizaine ont commencé des essais de phase 3 sur des dizaines de milliers de personnes. Nous avons six contrats qui ont été terminés, et d'autres laboratoires avec lesquels nous discutons."

Quid de l'acceptation de cette vaccination en France ? "Il y a en France beaucoup d'anti-vaccins, c'est pas nouveau et c'est une caractéristique française, étonnante parce que c'est quand même la France qui a inventé les vaccins, qui ont été un succès médical absolu et mondial. Nous avons précommandé des doses : si les autorités sanitaires donnent l'autorisation de mise sur le marché, qui est vraiment une évaluation drastique, alors ces vaccins seront utilisés en France. Pas avant."

Côté économique, certaines entreprises sont accusées de "profiter" de la crise sanitaire pour faire passer des plans sociaux qui auraient été refusés autrement. "Avec Elisabeth Borne, la ministre du Travail, nous avons fait passer des signaux très clairs, avec une certaine brutalité. On dit à ces entreprises : ça ne va pas être possible." Pourtant, certaines... le font quand même. Mais pour la ministre déléguée, ce sont des entreprises dont les difficultés ne sont pas liées qu'à la Covid : "Quand vous perdez de la l'argent avant la crise, elle n'arrange pas la situation."

Elle l'assure : "Le prêt garanti par l'État a sauvé des centaines de milliers d'entreprises. Aujourd'hui, en 2020, nous avons 30 % de faillite en moins que l'année dernière." Ces faillites ne sont-elles pas simplement retardées à l'année suivante ? "Demain, certaines vont être confrontées à la question du remboursement de ces prêts. Mais elles ont six ans pour rembourser ! Le pari que nous faisons, c'est qu'en six ans, les entreprises qui sont rentrées en bonne forme de la crise sont capables de sortir en bonne forme. Elles peuvent étaler ces remboursements et on les accompagnera."

Elle soutient également la ligne "quoi qu'il en coûte" : "Quand vous soutenez une entreprise, c'est pour éviter d'utiliser l'argent public autrement : une personne au chômage partiel de longue durée, elle n'est pas au chômage ! Elle maintient ses compétences, elle est toujours dans l'entreprise, au redémarrage elle pourra retravailler."

Agnès Pannier-Runacher se revendique comme libérale de gauche : le libéralisme est-il soluble dans la gauche ? "Je pense que c'est même la meilleure façon d'être de gauche. Pour moi, la gauche, c'est ne pas sacrifier les classes populaires, mais au contraire leur donner les moyens de prendre leur destin en main et de se réaliser. Le libéralisme, c'est leur donner tous les atouts pour le faire."

  • Légende du visuel principal: Agnès Pannier-Runacher, Ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie © AFP / BENOIT TESSIER / POOL / AFP
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