Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM, était l’invitée de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

L'eurodéputée Nathalie Loiseau est l'invitée de France Inter
L'eurodéputée Nathalie Loiseau est l'invitée de France Inter © Radio France

Christophe Castaner a dit ce qu'il savait au moment où il le savait.

En réponse aux appels à la démission du ministre de l'Intérieur, après ses déclarations qui ont suivi la tuerie à la préfecture de police, l'eurodéputée répond clairement : "Christophe Castaner a dit ce qu'il savait au moment où il le savait". "Je rappelle que face à un événement aussi dramatique, les micros se précipitent, on est assez impatient d'avoir des éléments", a commenté Nathalie Loiseau. "Si le tueur était si connu comme étant radicalisé, là il y aurait vraiment sujet. Moi j'ai entendu le jour de l'attaque des syndicalistes de la police dire : 'agent exemplaire, aucun problème de comportement' ".   

Alors que Les Républicains réclament une commission d'enquête parlementaire, Nathalie Loiseau dit "avoir moins envie d'une commission parlementaire que d'une enquête judiciaire, car j'ai conscience de là ou s'arrête mon expertise et c'est là où les enquêteurs et les magistrats ont tout leur rôle à jouer". "Je n'ai pas honte d'avoir un discours fondé sur la raison, affirme l'ancienne ministre, et de ne pas tomber dans un populisme à deux balles pour faire plaisir aux complotistes ou à ceux qui vivent de la peur".

La défiance vis-à-vis des politiques n'est pas infondée… Mais je n'ai pas de doutes concernant Christophe Castaner

Pour Nathalie Loiseau le sujet du remplacement de Christophe Castaner n’est pas sur la table. Les succès du ministre de l'Intérieur sont nombreux mais invisibles, selon l'eurodéputée, car quand on évite des attentats, on démantèle des filières criminelles ou on gère des manifestations violentes pendant plus de 40 semaines sans qu'il y ait eu de morts, on n'en parle pas. "On n'entend parler de vous seulement lorsqu'il y a eu des difficultés".

Face à des défis pareils, allez prendre la place de Christophe Castaner et faites mieux !

La radicalisation invisible

Nathalie Loiseau a confié qu'il y a "quelques années" dans des "responsabilités antérieures", elle avait elle même été confrontée à un "collaborateur qui s'était radicalisé" et l'avait "menacée de mort". Un collaborateur "insoupçonnable" a-t-elle expliqué. 

Sylvie Goulard sera-t-elle commissaire européen ?

Une seconde série d'auditions au Parlement européen est envisagée afin de donner une nouvelle chance à Sylvie Goulard et aux autres candidats commissaires qui ont raté leur grand oral devant les eurodéputés. 

Sylvie Goulard fait l'objet d'une enquête en France sur l'utilisation des financements européens accordés aux élus du MoDem au Parlement européen pour leurs assistants. La candidate française a également été questionnée sur les importantes rémunérations obtenues de la fondation Berggruen, un think tank américain, entre 2013 et 2016, alors qu'elle était députée européenne.
Ce think tank a vu passer des hommes politiques éminents, a expliqué Nathalie Loiseau, parmi lesquels Mario Monti, Jacques Delors, Romano Prodi, Tony Blair, Pascal Lamy, etc. 

Brexit : "On ne veut pas remettre de la violence en Irlande"

Les difficiles discussions sur le Brexit doivent reprendre lundi entre Britanniques et Européens, qui ont jugé largement insuffisante l'offre de Boris Johnson pour éviter un Brexit dur le 31 octobre. Londres a soumis mercredi ce qu'il considère comme un "compromis juste et raisonnable". Bruxelles n'est apparemment pas sur la même longueur d'onde. "La proposition de Johnson ne tient pas la route" explique Nathalie Loiseau. "On a l'impression que le premier ministre britannique va être obligé de demander un report" même "s'il a expliqué qu'il préférait 'plutôt crever dans un fossé que de le demander'. Mais il faut qu'il nous montre le bout du chemin" pour qu'il puisse être accepté.

Immigration : ne pas laisser le monopole à l’extrême droite

Le gouvernement a appelé à un débat parlementaire sur la politique migratoire, qui doit débuter lundi à l'Assemblée nationale. Nathalie Loiseau considère qu'il faut ouvrir le débat. C'est "le meilleur moyen de rassurer les Français, de les écouter et d'aller de l'avant sur la question migratoire, dit-elle, sans en laisser le monopole à l'extrême droite, parce que c'est ce qui s'est passé jusqu'à maintenant". L’immigration "a été le fond de commerce de l'extrême droite avec une volonté systématique de faire de l'autre, de l'étranger, celui qui est l'origine de tous nos maux." 

Pour l'eurodéputée "il y a beaucoup moins d'arrivée de migrants illégaux et de demandeurs d’asile en Europe." Pourtant "en France, nous sommes les champions d'Europe des demandes d'asile, nous en sommes à plus de 100 000 demandes par an. Donc il se passe quelque chose." Et à ce quelque chose, il faut d'abord trouver une solution européenne et une politique européenne de l'asile. 

PMA ou GPA : "C’est vraiment vouloir être parent, parfois beaucoup plus que ceux qui ont des enfants de manière naturelle"

Les opposants au projet de loi bioéthique prévoyant l'extension de PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires sont rassemblés ce dimanche à Paris pour faire pression sur les sénateurs qui examineront bientôt le texte déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale. Des opposants qui crient au risque de gestation pour autrui (GPA), induit selon eux par l’extension de la PMA. 

Pour Nathalie Loiseau la réponse est simple :

La GPA n'est pas sur la table. Il n'y aura pas d'autorisation de la GPA

L'eurodéputée se dit personnellement favorable à la "GPA éthique" mais rappelle qu'elle n’est pas au gouvernement et que le gouvernement est très clair sur la question.

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