Olivier Faure , Premier secrétaire du Parti socialiste, député de Seine-et-Marne, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Laurence Peuron (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Alors que le PS s'est rallié derrière le mouvement "Place Publique" de Raphaël Glucksmann, le premier secrétaire du parti Olivier Faure estime que l'objectif de cette campagne est de "faire en sorte que le plus grand nombre rejoigne les thèses que nous portons. Nous sommes la seule liste qui est à la fois pro européenne et qui veut changer l'Europe pour qu'elle soit à la fois plus sociale et plus écologique. On le fait avec un candidat qui change parce qu’il n’est pas un professionnel de la politique, il est autre chose, un regard porté sur l'Union européenne, un militant de l’Europe depuis toujours, je suis très fier d’être avec lui dans cette campagne". 

Il explique assumer le fait de rejoindre des gens qui n'ont pas forcément les mêmes sensibilités, comme Aurore Laluq, ancienne porte-parole du mouvement Génération.s, ou Pierre Larrouturou. "Si c’était pour nous rassembler entre nous, il fallait faire simplement un congrès et mettre simplement les motions les unes derrière les autres. Ce n’est pas ce que je crois : je crois qu’il faut donner à la gauche de l’oxygène, une force qu’elle n’a plus, qu’on puisera dans notre capacité à retrouver nos valeurs", explique-t-il. 

La gauche n’appartient à personne, ni au PS, ni au PC, ni aux Verts : elle appartient à celles et ceux qui veulent se battre.

"Ce que je vois, c’est que nous avons cherché pendant des mois que les écologistes et l’ensemble de la gauche puissent se retrouver sur une liste commune. C’était inédit, nous n’avons jamais été dans cet état d’esprit, mais c’est parce qu’il n’y a plus de force à gauche qui soit hégémonique, un grand frère qui discipline tous les autres", déclare-t-il, expliquant que c'est de Yannick Jadot qu'il se sent le plus proche, notamment sur les questions environnementales : "Il y avait un sens à porter ensemble le combat d'une Europe environnementale". 

Les élus de cette liste siégeront-ils aux côtés du PSE (Parti socialiste européen) ? Pour Olivier Faure, il faudra en tout cas siéger au sein du groupe des sociaux-démocrates : "Quand vous voulez changer l’Europe, et moi c’est ce que je veux faire, je ne veux pas être au fond avec cinq copains pour brailler de temps en temps, ce n’est pas ça la vie politique, il faut trouver des majorités pour faire changer les choses. Vous ne pouvez pas le faire sans les sociaux-démocrates : c’est impossible (...) Raphael Glucksmann l’a déjà dit, il siégera dans le groupe social démocrate, un groupe qui compte une multitude de partis dont le PSE. Il y a des socialistes européens, et des gens qui ne le sont pas. Il fera partie de ceux qui ne sont pas socialistes européens mais qui seront dans ce groupe".

Selon Olivier Faure, "Raphaël Glucksmann est aux confluents de ce que sont les différents mouvements de gauche ? Il n’est pas socialiste, il a porté avec nous un certain nombre de combats, il a une vision qui nous est proche, mais il n’est pas exactement nous".

"Moi je souhaite un parti ouvert, je ne veux pas être dans une caserne, je veux être avec d’autres".

Interrogé sur le manque d'expérience politique de son candidat tête de liste, Olivier Faure explique : "Je sais bien qu’on aimerait toujours avoir le même modèle. Il a intériorisé le fait qu’à un moment donné, il peut ne pas avoir les codes de la vie politique. Mais je lui ai dit, ne cherche pas à nous ressembler, cherche à nous rassembler. Il n’a pas dit qu’il n’était pas fait pour le combat politique, il a dit qu’il n’était pas fait pour un débat, comme ça, à douze. La vie politique souffre d’avoir des gens qui sont tous interchangeables. Regardez Bardella, à 23 ans, il parle comme les autres, il a les mêmes éléments de langage". 

"Dans la langue politique, dans la façon de nous exprimer, nous avons tendance à trop nous ressembler. Quand vous avez quelqu’un qui détonne, ça étonne. Je préfère ça plutôt que quelqu’un qui ne se fait plus entendre", explique-t-il.

Pour le premier secrétaire du Parti Socialiste, la question de l'effacement de l'identité du PS, n'est pas nouvelle, mais celle des réponses à apporter à cet effacement est nouvelle. Il affirme par ailleurs ne pas subir le poids des commentaires de l'ancien président François Hollande. "Je ne vis avec aucun poids : je vis avec l’idée que la gauche n’appartient ni à Olivier Faure, ni à François Hollande, mais à celles et ceux qui veulent que le monde change. Si dans la gauche tout le monde était d’accord, ça se saurait. Depuis sa naissance, depuis Jules Guesde et Jean Jaurès, il y a des gens qui s’affrontent, qui n’ont pas la même vision. Mais c’est ce chemin dialectique qui a permis d’avancer. C’est la cacophonie à gauche qui détruit l’image d’une gauche rassemblée". 

Quel est le message de la liste qu'il défend ? "La meilleure façon d’interroger le capitalisme aujourd’hui, c’est de passer par la question écologiste", avance-t-il, mettant sur la table la question des migrations. "Nous avons dix ans pour faire en sorte que l’irréversible ne soit pas commis. Le Président de la République refuse l’Aquarius, Christophe Castaner nous explique les ONG sont complices des passeurs. La honte. S’il y a un réchauffement, ce ne sont pas 300 personnes qui vont arriver, mais un milliard. Je ne suis pas en train de faire Cassandre, je suis en train de dire ce que tout le monde dit". 

"Pour l’instant, les annonces se suivent et se ressemblent : les Français qui ont manifesté, et ceux qui ont soutenu le mouvement, l’ont fait parce qu’ils souhaitaient un changement de cap. Et ce qu’on voit en ce moment, c’est un approfondissement du cap initial. On nous a promis de supprimer la taxe d’habitation, mais sous l’apparence d’un cadeau fiscal fait à l’ensemble des français, on va faire un énorme cadeau fiscal à celui qui a un penthouse, un loft à Paris, et qui payait une très grosse taxe d’habitation", explique-t-il, ajoutant : "Les choix qui sont faits sont des choix qui vont toujours dans le même sens. Quand vous faites un plan pauvreté de 8 milliards, pendant ce temps-là vous faites un plan riches à 25. C’est ça qui n’est pas compris et qui révolte. Et quand vous faites un plan à 8 milliards vous faites la même chose sur les APL, et on se dit que ce sont les pauvres qui financent les pauvres, et les classes moyennes qui financent les riches". 

  • Légende du visuel principal: Olivier Faure © Radio France / Anne Audigier
Les invités
  • Olivier FaureDéputé de Seine-et-Marne, Premier secrétaire du Parti socialiste
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