Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, est l'invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

Pas de nouvelles du remaniement

Le porte-parole ne sait pas encore à quelle sauce seront mangés les ministres après le départ de Gérard Collomb, qui entraîne un nouveau remaniement : "c'est la discussion entre le Premier ministre et le président de la République", rappelle-t-il. "C'est l'article 8 de notre Constitution. C'est dans cet échange entre les deux têtes de l'exécutif que se fait le remaniement."

Sur le départ fracassant de Gérard Collomb (qui suivait ceux de Nicolas Hulot et Laura Flessel), il relativise : "ce n'est pas la première fois qu'un ministre démissionne d'un gouvernement, on a déjà connu ça... Je sais qu'on aime le sensationnalisme, mais il faut raison garder. C'est un ministre qui a dit qu'il tournait le regard vers Lyon et les Lyonnais, ce qui n'est pas une surprise quand on connait bien Gérard Collomb. On prend le temps de le remplacer."

Pour lui, le fait que la décision mette du temps à arriver est liée aux vérifications par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. "Le temps où l'on nommait un ministre en deux heures, c'est un temps révolu." Peut-être un ministre issu de la société civile ? "Depuis le premier jour dans ce gouvernement, on choisit des gens compétents. Pas parce qu'ils ont telle étiquette, pas parce qu'ils vous ont soutenu à un congrès il y a 20 ans."

"Quand je regarde l'état dans lequel on a récupéré le pays avec les professionnels de la politique qui l'ont dirigé depuis 30 ans, je préfère qu'on ait parfois des experts et qu'on prenne le temps. Nommer un ministre de l'Intérieur, ce n'est pas une petite fonction."

Le "franc-parler" d'Emmanuel Macron

Sur la multiplication des petites phrases, parfois malheureuses (comme à Colombey-les-Deux-Eglises cette semaine), Benjamin Griveaux estime que "les Français jugeront sur les actes, pas sur l'écume de l'écosystème" : "regardez les gens qui mettent leur feuille de taxe d'habitation sur les réseaux sociaux, vous verrez si les gens ne voient pas que la vie change".

"Le procès en illégitimité, il est fait depuis le premier jour par les oppositions, qui considèrent que c'est une parenthèse, une erreur, qu'il ne devrait pas être là où il est aujourd'hui. Ces échanges francs, c'est sa manière de dire le lien particulier qu'il a avec les Français."

Les européennes et le débat sur les migrations

Le porte-parole du gouvernement estime que si "ça n'est pas Marine Le Pen qui dicte les termes du débat européen", il y a des thèmes qui se sont "imposés dans le débat politique". Et qui sont repris aussi par la droite : "Laurent Wauquiez, il est à l'aise avec Viktor Orban ?", demande Benjamin Griveaux.

La question migratoire, en particulier, fait beaucoup parler, et la ligne de LREM n'est pas toujours facile à suivre sur la question. "La gauche considère que nous sommes des fascistes en puissance, la droite des laxistes en puissance", résume le porte-parole du gouvernement. "On est là pour mener une politique efficace sur un enjeu absolu. On accueille tout le monde ? On n'accueillera pas bien. On n'accueille personne ? On se transforme en Salvini d'opérette."

"La question doit se régler au niveau européen, et pas au niveau national : vous avez 85 % de plus d'être éligible au droit d'asile en France, vous êtes à 15 % de chances en Allemagne. C'est aberrant, ces solidarités doivent être communautaires, européennes et collectives."

Pas de candidature à la mairie de Paris (pour l'instant)

Gérard Collomb se lance à Lyon, Benjamin Griveaux envisage-t-il de le faire à Paris ? "Moi je pense qu'il faut ouvrir les bras, quelles que soient les villes concernées, et constituer des majorités de projet."

Pourquoi ne pas annoncer une candidature ? "Ça n'est pas ce temps-là. Nous venons de commencer à Paris des interviews des Parisiens. On fait les choses dans l'ordre : on commence par un diagnostic, ensuite on proposera un projet."

Légende du visuel principal:
Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, à l'Elysée. © AFP / Philippe LOPEZ / AFP
Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.