Nicolas Dupont-Aignan et Richard Ferrand sont les invités de Questions Politiques ce dimanche 9 avril.

Nicolas Dupont-Aignan / Richard Ferrand
Nicolas Dupont-Aignan / Richard Ferrand © AFP / Jean Christophe VERHAEGEN / Eric FEFERBERG

Première partie : Nicolas Dupont-Aignan

Premier invité de Questions politiques, le président de Debout la France et candidat à l’élection présidentielle s'est d'abord indigné à nouveau de l'inégalité de traitement dont il estime être victime. "Il y a une injustice, avec des grands candidats soi-disant, qui monopolisent la parole dans une démocratie. Or il n'y a pas d'égalité de temps de parole : avant, il y avait cinq semaines d'égalité, aujourd'hui il y en a deux !"

Pour lui, il y a même un "vol de l'élection présidentielle", orchestré par "des groupes d'intérêts financiers, les assurances pour Mr Fillon, qui est subventionné par Axa, les banques pour Mr Macron qui veulent maintenir un système fou... Ils ont eu 20 fois plus de temps de parole que moi depuis le début."

Interrogé sur le rapport qu'il souhaite avec l'Union européenne, Nicolas Dupont-Aignan rappelle qu'il est "hostile à cette mauvaise UE, mais pas à l'idée d'une Europe." Pas question toutefois d'avoir par exemple une "Europe de la Défense", qui selon lui aurait empêché de faire "ce qu'ont fait Chirac et Villepin : nous aurions été entraînés en Syrie. Moi je serai dans cette ligne, je n'entraînerai pas la France dans cette surenchère folle sans avoir la preuve [du rôle d'Assad dans l'utilisation d'armes chimiques]." Pour lui, le bombardement américain cette semaine en Syrie montre que "Trump a été pris en main par un certain dispositif militaire républicain". Il évoque même une possible "manipulation des islamistes, des djihadistes" dans ce dossier.

Interrogé sur l'école, Nicolas Dupont-Aignan souhaite "qu'on revienne à l'école du savoir, centrée sur l'apprentissage du français, qu'on restaure l'autorité des maîtres, qu'on arrête avec la démagogie pédagogique. Il faut donner un idéal d'excellence."

Si le système ne marche pas, pourquoi ne pas le changer, par exemple pour la VIe République proposée par Jean-Luc Mélenchon ? "La Ve République a été dénaturée", assure Nicolas Dupont-Aignan. "Quand le général De Gaulle a été désavoué il est parti, aujourd'hui les dirigeants s'accrochent aux branches. Moi je veux le vote blanc reconnu. Et si on dépasse 50 % de vote blanc, les candidats sont éliminés et n'ont pas le droit de se représenter à l'élection, qui a été annulée." Antisystème, comme le revendiquent beaucoup de candidats ? "Je suis l'antisystème sérieux. Je veux remettre en place le système français dans ce qu'il a de meilleur, sans les excès de Mr Mélenchon ou de Mme Le Pen."

Justement, sur ce qui le différencie de Marine Le Pen ou de François Fillon parmi les candidats de droite, le candidat estime qu'il n'y a là aucun choix stratégique. "Si je suis candidat, c'est que je n'adhère pas au programme de purge sociale de Monsieur Fillon, ni aux excès de Madame Le Pen. Je fais tout pour empêcher ce scénario noir. Je suis moins à droite sur l'économie que Mr Macron On a mis trois ans à faire ce programme, je ne me suis pas posé la question de ce que pensaient les autres."

Populiste ? "J'assume. Y'en a assez des orligarques qui gouvernent la France et qui sont en train de voler l'élection présidentielle aux Français, j'invite les Français à se réveiller dans les urnes parce que sinon ils seront obligés d'aller dans la rue après."

Deuxième partie : Richard Ferrand

Le député du Finistère, secrétaire général d’En Marche et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, ne veut pas accorder trop de crédit aux sondages. "Ce n'est pas une boussole, c'est pas ce qui fonde notre démarche ou nos idées. Nous ce que nous vérifions, c'est comment ça se passe sur le terrain." D'autant que, il le rappelle, le candidat vient de loin et a commencé son parcours "sous les railleries". Une situation qui a bien changé, si bien qu'on accuse parfois le mouvement de faire dans le culte de la personnalité de son leader. Faux, pour Richard Ferrand, qui rappelle que "En Marche a un peu plus d'un an. Reprenez la course de haies que nous avons dû franchir depuis un an : il y a un candidat, évidemment nous sommes autour de lui. Mais est-ce qu'il viendrait à l'esprit de suggérer à un militant socialiste qu'il aurait le culte de la personnalité s'il soutenait Benoît Hamon ?"

Quant aux soutiens qui rejoignent le mouvement, parfois accueillis à bras ouverts, parfois plus gênants, ils n'engagent pas En Marche, selon Richard Ferrand. "Nous n'avons sollicité aucun soutien", explique-t-il. " Soutenir ne veut pas dire infléchir, et quand on est parlementaire, le fait de soutenir ne signifie pas avoir une investiture. Toutes les personnalités sont les bienvenues autour du projet que nous portons." Des ralliements opportunistes ? "En ce qui me concerne, j'ai plutôt pris un risque qu'une opportunité. Il faut se souvenir il y a un an comme on ironisait sur l'initiative d'Emmanuel Macron."

En revanche, il faudra bien avoir une majorité, en cas d'élection d'Emmanuel Macron, pour gouverner après les législatives. C'est, selon le soutien du candidat, un passage obligé mais presque automatique : _"Si les Françaises et les Français décident d'élire Emmanuel Macron président de la République, ce ne sera pas pour quelques semaines après le priver d'une majorité. Nous sommes un peuple cohérent."
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Sur la question de l'équilibre à trouver dans cette majorité entre les "professionnels" et les nouveaux venus, Richard Ferrand est confiant."Nous saurons faire cet alliage entre l'expérience et le renouvellement", promet-il. "Nous avons toujours dit que nous voulions que 50 % de nos candidats soient issus de la société civile. Ce qui signifie que 50 % auront aussi une expérience de la vie publique. Nous avons posé des critères précis : le renouvellement, le rassemblement, la pluralité politique, la parité réelle et l'efficacité... Nous voulons le renouvellement sur ces bases, qui permettent aux uns de bénéficier de l'expérience des autres."

Enfin, Emmanuel Macron n'a-t-il pas semblé moins rodé que ses concurrents sur certaines questions, notamment les questions internationales ? C'est l'impression que l'on avait devant les deux derniers débats. Mais pour Richard Ferrand, au contraire, d'autres candidats comme François Fillon ont des positions soumises à "des fluctuations". "Sur la Syrie, Emmanuel Macron indiquait qu'il fallait à la fois sanctionner, préparer la transition sous l'égide de l'ONU. Voilà une position claire et radicalement différente de ce que M. Fillon et Sarkozy ont fait en Libye. Sur ces questions, les positions d'Emmanuel Macron sont plus claires et moins fluctuantes que celles de ses principaux concurrents".

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