Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, est l’invitée de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

La Garde des Sceaux est revenue ce dimanche sur les 1 723 arrestations qui ont eu lieu samedi en France lors de la quatrième journée de mobilisation des "gilets jaunes", dont 1 082 à Paris,se défendant d'avoir eu recours à des interpellations préventives pour éviter des débordements comparables à ceux du 1er décembre.

"Le terme 'interpellations préventives' n'est pas justifié [...] En revanche, les interpellations qui ont eu lieu hier, et qui ont donné lieu à des placements en garde à vue, résultent d'infractions", a expliqué la ministre qui précise que ces infractions ont été "constatées" au moment des contrôles d'identité ou à l'issue d'enquêtes lancées après les débordements des précédentes mobilisations des "gilets jaunes".

Interrogé sur le profil des personnes placées en garde à vue samedi à Paris, Nicole Belloubet a fait état d'environ 900 majeurs et 100 mineurs. Sur les 396 gardes à vues déjà traitées par le parquet de Paris, il y a "80 % de gens qui viennent de province" et "des gens qui n'ont pas le profil de casseurs qui viennent pour détruire", a reconnu la ministre.

"Mais toutes les gardes à vue ne sont pas traitées, et on sait que ce sont les gens qui sont arrêtés le soir souvent qui sont plutôt venus là pour casser et commettre des violences qui sont inacceptables. Ces gardes à vue-là ne sont pas encore traitées par le parquet de Paris", a précisé Nicole Belloubet. À la mi-journée, à Paris, 396 gardes à vue ont été levées, parmi lesquelles 108 personnes mises en cause ont été déférées au parquet de Paris. Il reste donc toujours plus de 500 gardes à vue en cours.

Réfutant la critique qui s'élève à l'encontre des forces de l'ordre, qui ne parviennent pas à interpeller les perturbateurs du mouvement, la Garde des Sceaux affirme que les "casseurs" qui n'ont pas été arrêtés pourraient l'être prochainement, les forces de l'ordre examinant les images diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias pour mener des instructions et appréhender ceux qui auraient échappé à la police samedi.

La ministre de la Justice a enfin réagi sur les images des lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie et filmés, à genoux, mains sur la tête. Des images qui ont été largement relayées et commentées sur les réseaux sociaux et auxquelles nombre de manifestants ont fait référence, en s'agenouillant samedi devant les CRS. Nicole Belloubet a redit combien elle trouve ces images "choquantes", mais aussi "explicables". La Garde des Sceaux a également déploré leurs exploitations par des "gilets jaunes".

La Garde des Sceaux est-elle coincée par la politique de l'Élysée ?

Dans son portrait de la ministre de la Justice, Carine Bécard pointe la façon dont l'Élysée oblige Nicole Belloubet à, parfois, faire marche arrière ou à se plier au calendrier politique d'Emmanuel Macron.

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Nicole Belloubet © Radio France / LUDOVIC MARIN
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