Gilles Le Gendre, Président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Mercredi, le Premier ministre Edouard Philippe sera devant l'Assemblée nationale, pour un vote de confiance après son nouveau discours de politique générale. "Evidemment, la majorité donnera son entière confiance au Premier ministre", annonce le président du groupe La République En Marche à l'Assemblée, Gilles Le Gendre, invité de Questions Politiques ce dimanche. "Et peut-être quelques députés qui ont fait la route avec nous au moment des Européennes, je pense à ceux d'Agir", ajoute-t-il. Quant à la question de savoir si Edouard Philippe s'adressera aussi aux élus de droite qui font face à la crise qui traverse le parti Les Républicains, il ne répond qu'à moitié : 

"Le Premier ministre parle aux 560 députés qui seront sur les bancs : il respecte, et nous respectons les oppositions. Mais il vient présenter le programme que la majorité va être amenée à voter, à soutenir et à enrichir."

Et sur les possibles dissensions internes au sein du groupe LREM, il affirme que selon lui "le groupe, aujourd'hui, est le lieu où s'expriment le mieux les équilibres d'En Marche. (...) Cette alchimie se réalise tous les jours dans le groupe. Et sans mauvais jeu de mots, ça marche". 

L'ère du "en même temps" est-elle alors révolue, comme l'a indiqué Gérald Darmanin cette semaine ? "Je m'inscris en faux", répond Gilles Le Gendre. En revanche il dit croire à l'idée "que notre politique doive être mieux comprise par les classes populaires", avançant par exemple le fait que le pouvoir d'achat va augmenter en moyenne de 850 par foyer pour les classes populaires suite aux mesures pour le pouvoir d'achat. 

Le président du groupe parlementaire prévient : "Vous allez voir mercredi qu'il y aura beaucoup d'éléments de continuité : quand nous continuons ardemment la politique de lutte contre le chômage, quand nous allons réformer l’assurance chômage pour faciliter le retour à l’emploi…", dit-il. Il annonce toutefois que deux choses vont changer : "la manière dont on transforme le pays" et "la révolution écologique". Selon lui, il faut répondre à l'appel des Français qui demandent à aller "plus vite, plus fort, plus profond" : 

"Aujourd’hui, c’est la seule valeur qui permette aux Français désenchantés, désabusés, défiants vis à vis de la politique de retrouver une forme d’espoir".

Il accuse par ailleurs l'écologie telle que prônée par Yannick Jadot d'être "l’écologie à la papa, celle qui recherche avant tout les trophées et les symboles. Nous, nous considérons qu’elle doit entraîner une transformation complète du modèle économique, politique et social du pays". 

Il assure que par ailleurs LREM n'est "pas un parti de droite, nous ne sommes pas un parti de gauche, nous ne sommes pas un parti attrape-tout, et nous refusons toute forme de racolage, passif ou actif", arguant que le soutien à Emmanuel Macron annoncé par 72 élus de droite n'émane pas de la majorité... mais des citoyens : "Ce sont leurs électeurs qui sont allés les chercher : il y a un mouvement profond de nos concitoyens qui considèrent qu’il faut que nous allions chercher les vraies et bonnes solutions à leurs problèmes", dit-il.

"Notre responsabilité c'est de faire en sorte que de plus en plus de Français se retrouvent dans la politique que nous faisons". 

Par ailleurs, il dit estimer que "le temps n’est plus aux majorités écrasantes et dominatrices. L’époque plaide pour des coalitions. (...) Paradoxalement, une majorité au parlement sera plus forte dans le cadre d’une coalition. Et quand nous plaidons pour la proportionnelle, nous savons que nous prêts à assumer cette culture là. La Ve République a toujours été construite sur l’inverse. Aujourd'hui, les défis politiques qui nous rassemblent passent par de très larges rassemblements". 

Sur la question des lois bioéthiques et notamment du vote de la PMA pour toutes les femmes, Gilles Le Gendre maintient son engagement sur le fait que le texte sera voté, mais explique ne pas vouloir en faire un marqueur politique. "La majorité ne fera pas avec la révision des lois bioéthiques ce que la gauche a voulu faire avec le mariage pour tous : ça ne sera pas un trophée. Les lois bioéthiques touchent à une matière qui touchent à l’intime des individus. C’est pour cela que nous avons dit que la liberté de vote serait reconnue à nos collègues députés". Assurant que l'intégralité du texte est presque prête, il explique que la loi devrait être présentée en Conseil des ministres avant les vacances "et votée dans un calendrier que le Premier ministre annoncera certainement mercredi". 

Interrogé sur plusieurs autres textes en cours d'examen ou en projet, Gilles Le Gendre a notamment rappelé que l'âge légal de départ à la retraite, aujourd'hui fixé à 62 ans, ne bougerait pas, mais "que la réforme à points se prête parfaitement au fait qu’on ait des retraites à la carte et des incitations à travailler plus longtemps". De même, sur la réforme institutionnelle, il rappelle que le Sénat doit également présenter ses souhaits, mais reste ouvert à ce que la question de la proportionnelle à l'Assemblée soit abordée quoiqu'il arrive. 

Egalement député de Paris, Gilles Le Gendre refuse, en revanche, de s'exprimer en faveur de l'un ou l'autre des candidats en lice pour l'investiture de LREM pour les municipales à Paris. "La décision sera prise dans les prochaines semaines ou les prochaines jours", explique-t-il, ajoutant : "J’écoute ce que disent l’ensemble des candidats à l’investiture et je suis absolument rassuré sur le fait que celui qui sera désigné mènera une politique en forte rupture".

 

  • Légende du visuel principal: Gilles le Gendre, député de Paris et président du groupe LREM à l'Assemblée nationale © AFP / Ludovic Marin
Les invités
  • Gilles Le GendreDéputé de la 2e circonscription de Paris, Vice-président et porte-parole du groupe LREM
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