Le commissaire européen aux Affaires économiques et ancien ministre était l'invité d'Ali Baddou dans Questions Politiques, en partenariat avec "Le Monde" et franceinfo.

Pierre Moscovici est l'invité de France Inter
Pierre Moscovici est l'invité de France Inter © Radio France

Pierre Moscovici répondait à Ali Baddou, entouré de Carine Bécard (France Inter), Virginie Malingre (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

Dans deux ans je me demanderai où je peux être le plus utile 

"En 2008 j'aurais fait un bon premier secrétaire du PS. [...] En 2011 j'ai fait le choix de François Hollande" explique Pierre Moscovici qui dit avoir fait "le choix du collectif, d'agir et de servir" plutôt que des choix plus personnels, du moins pour l'instant. Dans deux ans, il verra, mais s'il revient dans la politique, "ce ne sera pas pour tailler les crayons". 

Il y a une fenêtre d'opportunité pour aller vers une meilleure Europe

Selon le commissaire européen aux Affaires économiques "enfin nous sommes sortis de la crise, nous avons une croissance qui est forte, on crée des centaines de milliers d'emplois en Europe. [...] "On a fait le travail, on a réduit les déficits, on a fait des réformes, parfois pénibles, parfais dures."
Mais cette embellie va-t-elle faire pour autant reculer ceux qui s'opposent à l'Europe ? Pour Pierre Moscovici l'Europe politique va elle aussi beaucoup, mieux notamment aussi "grace à l'élection présidentielle française qui a représenté un tournant".

Il y a eu une bataille de France livrée par les populistes qui ont perdu.

Il y a trop d'inégalités en Europe, il faut de la solidarité

Pour investir, financer les politiques de croissance en zone Euro et tenter de limiter ainsi les inégalités européennes, Pierre Moscovici est favorable "à la proposition de Jean-Claude Junker et d'Emmanuel Macron de créer un  budget qui permette de financer des politiques de croissance en zone Euro"

Mais le commissaire européen aux Affaires économiques demande aussi plus de contrôle et de démocratie. "On prend des décisions à l’Eurogroupe, par exemple sur la Grèce, qui parfois très dures, impactantes en dehors de tout contrôle", explique-t-il. 

Election européenne : il faut une circonscription nationale et 'européaniser' l'enjeu pour ne pas en faire une élection nationale 

"J'appelle à faire de cette élection européenne la grande bataille", dit Pierre Moscovici  dont le credo européen est : "l'Europe et la France c'est la même chose, il n'y a pas d'avenir français hors de l'Europe, il n'y a pas d'avenir européen sans une France forte".

"Je suis tout à fait pour une liste transnationale" explique Pierre Moscovici qui propose, profitant du Brexit, d'utiliser les 73 sièges qu'ils laissent vacants pour en faire une liste transnationale sur ces 73 sièges.

L'avenir de l'Europe au centre des négociation de coalitions allemandes

Les membres du Parti social-démocrate réunis en congrès à Berlin ont voté jeudi en faveur de l'ouverture de discussions entre les sociaux-démocrates du SPD et les conservateurs du bloc CDU-CSU en vue de former un gouvernement de "grande coalition" en Allemagne. Une nouvelle dont la France s'est réjouie et qui fait dire à Pierre Moscovici que "dans les négociation de coalition le sujet européen est majeur" et que "(ses) amis du SPD ont une double responsabilité : à l'égard de l'Allemagne [...] et de l'Europe et ils le savent. C'ets un pays pro-européen et qui a de vrais propositions ambitieuses pour une Europe plus démocratique et solidaire, ça peut changer la physionomie. 

Le triangle d'or pour l'Europe : c'est Paris, Berlin, la commission à Bruxelles

Paradis fiscaux : une enquête est lancée concernant  l’île de Man et Malte. Si la réponse n'est pas satisfaisante il y aura une procédure d’infraction et des amendes

"Je me fais 'défoncer' tous les jours sur les réseaux sociaux", explique Pierre Moscovici, "depuis que j'ai fait une interview sur France Info où j'avais affirmé qu'il n'y a pas de paradis fiscaux dans l'Union Européenne".

Mais le commissaire européen maintient son affirmation et explique les critères pour qu'un pays soit considéré comme un paradis fiscal.

"J'aurais souhaité qu'on aille plus loin", confie Pierre Moscovici qui explique que la liste a été établi par les États membres et non par la Commission."Je ne lâcherai pas le morceaux pour qu'il y ait des sanctions, pour que les engagements soient contrôlés, qu'ils soient publiques". 

"Disons les choses, s'il n'y avait pas eu les paradise papers, la liste aurait été plus timide et si la Commission et moi n'avions pas été là pour les 'pousser au cul' cette liste ne serait pas aussi solide". 

"Tous les pays européens respectent les standards" affirme Pierre Moscovici "mais il a dans certains pays européens des pratiques fiscales et des lois fiscales qui doivent être prohibées. Notamment sur l’Île de Man et à Malte." Des enquêtes ont été lancées et il y aura des amendes explique le commissaire européenne qui "dénoncé publiquement une mesure qui permet à Nike de ne pas payer d'impôts sur les sociétés aux Pays Bas"..

Il y a des pratiques à combattre et réprimer, mais pas de paradis fiscaux. Si on mélange tout on n'arrive à rien.

Après le Brexit, la Grande Bretagne va-t-elle devenir un paradis fiscal ?

Le risque existe, reconnait Pierre Moscovici, Londres peut vouloir développer "une attractivité fiscale extrêmement forte en diminuant leur taux d’imposition". "Le dumping fiscal est critiquable mais c'est la souveraineté des États" dit pierre Moscovici.

Les socialistes ont-ils un avenir ?

"La social-démocratie européenne en en crise", reconnait l'ancien ministre PS. "Elle a un avenir si elle arrive à se redéfinir" et surtout si elle arrive à se glisser dans le trou de souris qu'identifie Pierre Moscovici qui explique qu'il ne fait pas "laisser l'Europe à la droite", ni "la gauche à Hamon et Mélenchon". Le tout petit espace qui reste "c'est celui d'une vraie gauche, vraiment européenne, vraiment de gauche. La feuille de route est là".

Ne laissons pas la gauche à Mélenchon et à Hamon

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