Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, invité de "Questions politiques" dimanche, dit "regretter" la blessure "grave" d'un manifestant qui a eu la main arrachée en marge de la manifestation des "gilets jaunes" samedi à Paris.

Invité de France Inter dimanche midi, Christophe Castaner, ministre de l’intérieur a assuré qu'il "regrettait" la blessure à la main d'un manifestant à Paris, samedi, lors de la manifestation des "gilets jaunes". "Je sais que l'opération a été longue ce matin, parce que c'est un travail très méticuleux. C'était une blessure grave qu'évidemment je regrette. Je pense d'abord à lui et j'ai demandé un certain nombre d'éléments, on a déclenché immédiatement une enquête judiciaire pour comprendre ce qui s'est passé", a-t-il annoncé. 

Christophe Castaner retrace les événements : "Il y a eu une attaque contre le fronton de l'Assemblée nationale, des gens qui manifestement voulaient rentrer dans l'Assemblée nationale. Les gendarmes se sont déplacés pour protéger les grilles et se sont retrouvés, à un moment, encerclés face à une foule très hostile et ils ont voulu se désencercler. Un manifestant, manifestement sur les vidéos que l'on voit sur les réseaux sociaux, a voulu prendre dans la main cette grenade et elle a explosé".

133 plaintes déposées auprès de l'IGPN sur des incidents entre manifestants et forces de l'ordre

"Je ne voudrais pas laisser penser que des plaintes ne soient pas instruites. Je veux qu'il y ait des enquêtes." Le ministre a d'ailleurs détaillé que 133 enquêtes sont menées après le dépôt d'autant de plaintes auprès de l'IGPN après des incidents entre manifestants et forces de l'ordre. Il a expliqué vouloir que ces enquêtes "aillent vite" parce qu'elles vont montrer si les "reproches que l'on peut faire sont fondés" ou "infondés".  

"La force publique est légitime pour protéger", continue le ministre de l'Intérieur, en estimant que "l'État ne se montre pas dur" car des personnes viennent aux manifestations uniquement pour "casser" et qu'un "blessé soit manifestant gilet jaune, qu'il soit policier, qu'il soit journaliste, c'est toujours un drame". Sur la loi "anti-casseurs" le ministre dit préférer "avoir des contradicteurs plutôt que des casseurs dans la rue", répondant à une question sur la contestation au sein même de la majorité. 

L'affaire Benalla "n'est pas une affaire d'État"

Interrogé sur les dernières révélations de l'affaire Benalla et la démission de la cheffe de la sécurité de Matignon, Christophe Castaner se veut clair : "Non, ce n'est pas une affaire d'État, c'est l'affaire d'un bonhomme qui a fait n'importe quoi et qui continue à faire n'importe quoi. La plupart des faits rapportés sont postérieurs à son licenciement de l'Élysée mais si les faits avaient été connus, les sanctions auraient été les mêmes, plus tôt."

Crise avec l'Italie : il fallait "siffler la fin de la récréation"

"Ça s'appelle une tension diplomatique. Il y a, à un moment donné dans la diplomatie, besoin de siffler la fin de la cour de récréation. Quand vous avez un vice-premier ministre, qui vient rencontrer des 'gilets jaunes' en France sans prévenir personne, il y a des processus diplomatiques" estime Christophe Castaner. "En matière de sécurité, nous continuons à nous parler (...) Ce n'est pas du cinéma, ce sont des tensions diplomatiques". 

François Hollande ferait mieux d'être "moins sévère et moins caustique" 

"Il ne doit pas oublier qu'il a été dans l'incapacité de se représenter. (...) Ça implique d'être un peu moins sévère et caustique sur son successeur" estime Christophe Castaner au sujet de François Hollande. L’ancien président de la République était mercredi soir l’invité de Sciences Po Paris pour une conférence sur la crise de la social-démocratie. Il en a profité pour passer toute la classe politique française à la sulfateuse.

  • Légende du visuel principal: Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, invité de Questions politiques. © Radio France /
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