Mali, cirse sanitaire, Brexit, etc. : Florence Parly, ministre des Armées, est l’invitée de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Alors que cinq militaires français ont été tués au Mali la semaine dernière, et six autres blessés vendredi, comment mettre fin à une guerre qui semble ne jamais s'achever ? "Les militaires sont engagés dans un combat contre le terrorisme, rappelle Florence Parly, ministre des Armées. Ce combat est mené par des groupes armés terroristes qui cherchent à asservir des populations locales en leur imposant des règles, en les soumettant à la charia, à la terreur". "C'est une lutte dont les populations locales sont les premières victimes", dit-elle. 

Au Mali, les attaques par engins explosifs improvisés, des mines qui peuvent exploser n'importe quand, selon l'ONU, la moitié des victimes de ces engins sont des civils. 

La ministre tient à contredire le fait que les soldats français sont seuls en première ligne, dans l'opération Barkhane, au Mali. "Ce n'est pas le cas, assure-t-elle. La force Barkhane est accompagnée et soutenue par des moyens européens importants – des moyens lourds nous ont été fournis par le Royaume-Uni, par le Danemark. Nous bénéficions d'un appui considérable de la part des États-Unis pour tout ce qui concerne le renseignement, le ravitaillement". 

Elle ajoute la création de forces spéciales composée de militaires originaires d'autres pays européens "et qui ont pour mission de combattre avec l'armée malienne" : six opérations ont eu lieu avec des groupements franco-estoniens, et des Tchèques et Suédois vont rejoindre les renforts. "Aujourd'hui, neuf pays européens se manifestent pour être à nos côtés. Donc non, la France n'est pas seule", selon Florence Parly.. 

Lors du G5 des pays du Sahel organisé à Pau l'an dernier, le chef de l'État "leur a reposé la question de savoir si ces chefs d'État souhaitaient ou pas la présence de la communauté internationale au Sahel", explique Florence Parly, qui tient à rappeler que "si nous sommes présents, c'est toujours à la demande des États" – y compris quand le pouvoir est militaire, comme au Mali, rappelle face à elle Ali Baddou, et où "la France a pesé de tout son poids pour que la transition vers un système civil soit mise en place le plus rapidement possible".  Alors que 600 militaires sont venus renforcer la présence, elle rappelle bien qu'il s'agit d'un renfort d'ordre temporaire. 

Ainsi, l'objectif de la France sur ces terrains d'opération, c'est de "désorganiser les groupes terroristes djihadistes". "Nous avons, pour un certain nombre, tué des chefs de ces groupes : au mois de juin, nous avons tué l'émir de Al-Qaïda au Maghreb islamique. Nous avons aussi tué son premier son premier adjoint, et éliminé le responsable militaire de cette organisation. En désorganisant ainsi, par les chefs, ces organisations terroristes, ce dont nous sommes certains, c'est que nous perturbons leurs opérations", explique-t-elle. 

Pour autant, sur le front de la Syrie et de l'Irak, Florence Parly dit considérer que "la France est toujours engagée, et considère que Daech est toujours présent : on peut même parler d'une forme de résurgence de Daech en Syrie et en Irak", explique-t-elle, alors même qu'au printemps Donald Trump disait que l'organisation était vaincue. "Il y a eu une attaque très mortelle contre un bus syrien. Ils se reconstituent également en Irak. Daech n'est pas éradiqué au levant, c'est la raison pour laquelle nous y sommes toujours", dit-elle. 

Sur l'armée et la crise sanitaire

Quel rôle joue l'armée dans cette nouvelle phase de la crise sanitaire, où le déploiement du vaccin apparaît comme la priorité ? "L'armée contribue, conformément à ce qu'on lui demande : nous avons toujours été présents en réponse à ce qui nous était demandé. Nous avons répondu aux demandes du ministère de la Santé, d'abord pour acheminer ces gros frigos dans lesquels les vaccins sont stockés dans les outre-mers, et puis, nous avons acheminé vers la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie les vaccins". 

En revanche, sur la possibilité d'une vaccination dans les hôpitaux militaires, elle rappelle que ceux-ci "représentent moins de 1% du système de santé publique". Elle oppose le fait que "nous avons inséré des officiers dans les différents groupes de travail qui s'occupent de la logistique des vaccins", pour accompagner l'accélération de la campagne. 

Ancienne ministre du Budget, elle estime que "la dette, c'est la contrepartie des aides massives que nous avons injectées dans l'économie pour que les entreprises tiennent, pour que les emplois ne disparaissent pas, pour que les Français conservent leur pouvoir d'achat. La question est simple : nous n'avions pas le choix, il fallait le faire. Je suis fière de ce que le gouvernement français a décidé, car nous avons beaucoup aidé nos concitoyens. Maintenant, il y a un endettement (...) et il va falloir gérer cette dette". 

Le portrait de Florence Parly par Carine Bécard

  • Légende du visuel principal: Florence Parly © AFP / Ludovic Marin / AFP
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