Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, député européen, et Stanislas Guerini, délégué général de La République en Marche, député de Paris,, seront les invités de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Becard, Solenn de Royer et Nathalie Saint-Cricq.

Jordan Bardella et Stanislas Guérini
Jordan Bardella et Stanislas Guérini © AFP / Lionel BONNAVENTURE - Ludovic MARIN

Jordan Bardella : "Par pêché d'orgueil, le gouvernement a tardé à réagir"

Alors que ce dimanche, d'après le JDD, Emmanuel Macron s'apprête à annoncer une prolongation longue du confinement, le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella estime-t-il que cela est une bonne décision ? "On n'a malheureusement pas d'autre choix, puisque dans l'hypothèse où nous souhaiterions réfléchir à un déconfinement, il faudrait des masques et des tests, que nous n'avons pas", répond-il. 

"Pour Emmanuel Macron ce sera l'heure de vérité lundi soir"

Jordan Bardella dit attendre "la vérité" sur la question de l'état des masques et des tests, sur la stratégie pour les prochaines semaines, "et qu'il cesse cette torture chinoise qui consiste à rallonger tous les 15 jours de 15 jours supplémentaires, alors que tout le monde sait très bien que ce confinement va encore durer". 

Est-il prêt à foncer dans un projet d'unité nationale, aux côtés de la majorité ? "On s'est toujours dits prêts à faire l'union nationale, à condition qu'on nous dise la vérité", ce qui selon lui n'est pas le cas, notamment sur la question des masques. "On fait bloc derrière tous ceux qui sont aujourd'hui en première ligne, derrière tous ceux qui sont contraints d'aller travailler", ajoute-t-il, citant par exemple l'Allemagne comme pays qui, selon lui, a mieux relevé le défi en termes d'anticipation. 

"Si nous sommes en guerre, il faut mettre en place une économie de guerre", affirme-t-il, avançant le besoin de nationaliser des entreprises stratégiques dans la gestion de cette crise (bouteilles d'oxygène, masques, etc.), explique Jordan Bardella, qui fustige un pays "où l'on a l'une des plus lourdes fiscalités du monde et où en même temps on n'a pas de masque, de bouts de tissu avec des élastiques, à fournir à nos soignants". 

Quelles mesures faudra-t-il prendre, selon lui, à la fin du confinement ? "Il faudra d'ores et déjà commencer par tester tous ceux qui travaillent. Une partie de la population continue de travailler, et évidemment le virus continue de circuler. Il faudra donc tester les gens qui travaillent en priorité. Dans un second temps, nous croyons qu'il faudra généraliser le port du masque pour l'ensemble de la population", propose le député européen. 

Même s'il reconnait que la situation économique de l'après sera catastrophique, il déclare que "le débat aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on aide, comment est-ce qu'on accompagne, qu'on vient au soutien de nos artisans, de nos commerçants, de nos TPE/PME qui aujourd'hui n'ont pas de trésorerie". Jordan Bardella note par ailleurs que le débat  à avoir après le confinement sera aussi "celui de notre souveraineté (...) : il faudra revenir au local, au patriotisme économique". Et à nationaliser des entreprises "si des conditions l'exigent", mais prioritairement selon lui celles qui peuvent avoir un rôle dans la gestion de la crise. 

Il redoute par ailleurs que la mise en place du mécanisme européen de stabilité se fasse "sous conditions".. et que ces conditions soient celles de "restrictions budgétaires et de cures d'austérité majeures", à l'image de la Grèce qui est revenue "à l'âge de pierre économique" après sa crise majeure. 

Stanislas Guérini : "La stratégie de déconfinement sera longue et progressive"

Député LREM de Paris, Stanislas Guérini a échangé avec Emmanuel Macron... mais affirme qu'il ne peut en dire plus sur la durée de prolongation du confinement. "Ce qui est certain, c'est que nous n'avons pas encore gagné la guerre contre ce virus. Nous avons d'une certaine façon gagné une première bataille parce que l'hôpital public a tenu", grâce aux soignants et aux responsables de l'hôpital public. 

Le gouvernement a-t-il réagi trop tard ? "Il faut dire les choses avec humilité en disant que tous les pays du monde ont été pris au dépourvu face à cette crise sanitaire. Est-ce que le gouvernement a réagi assez rapidement ? Je le pense", dit-il, citant les exemples de mesures de confinement, de réquisition de masques, etc. "Force est de constater que nous sommes rentrés dans cette crise avec des moyens limités", concède-t-il. 

Affirmant que ce n'est pas à lui d'évaluer les critères de confinement, il dit que "cette décision doit être centralisée sur l'exécutif (...). Ceux qui ont l'ensemble des éléments, y compris ceux fournis par les autorités sanitaires, puissent prendre des décisions et proposer une stratégie de déconfinement. Ce qui me semble certain, c'est que cette  stratégie sera longue et progressive" :

"La sortie du confinement ne sera pas un retour à la normale"

Avant de penser à la situation sociale de l'après-confinement, il suggère de "répondre maintenant" à la situation des plus précaires, citant les mesures qui ont été prises par le gouvernement, avec l'avancée du versement des minima sociaux et le chômage partiel, où "plus d'un tiers des salariés sont maintenant payés par le gouvernement". Et il prévoit qu'il faudra peut-être renforcer ces mesures : "On ne peut pas penser les principes de l'après en les dissociant de ceux qui doivent guider notre action maintenant".

Comment reçoit-il les propositions de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, qui a dit qu'il faudrait travailler plus et plus vite pour sortir de la crise ? Cela lui semble prématuré : "La catastrophe économique et sociale qui est devant nous est de grande ampleur. Chacun devra contribuer pour y faire face, mais il est largement prématuré de poser aujourd'hui la question du temps de travail dans les entreprises".

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