L'économiste Thomas Piketty est l'invité de Questions Politiques ce dimanche.

L'économiste Thomas Piketty en mai 2016
L'économiste Thomas Piketty en mai 2016 © AFP / Loïc Venance

Il ne souhaite pas être ministre de l’économie mais a rejoint depuis samedi la candidature de Benoît Hamon Benoît Hamon, dont il est devenu le conseiller sur la question européenne et du traité budgétaire européen.

Le pari de la démocratie

L’Europe, c’est surement le sujet sur lequel Thomas Piketty a le plus insisté. Pour l'économiste et pour Benoît Hamon, pour que l'Europe soit enfin en capacité de prendre des décisions, il faut qu'elle se dote d’une "assemblée de la zone euro où chaque pays serait représenté par des députés nationaux issus de l’assemblée nationale, du Bundestag, etc en proportion de la population et des différentes groupes politiques". Une organisation qui changerait les équilibres, mais un "organisme démocratique qui permettrait de prendre des décisions apaisées et plus état contre état" selon Thomas Piketty.

Cette assemblée de la zone euro remplacerait le conseil des ministres des finances. Elle comporterait de 100 à 150 membres et serait compétente pour traiter des décisions de la zone euro. Thomas Piketty reconnait que l’Allemagne "aurait peut d'être mise en minorité, mais ne pourra pas dire non à toute d’union politique parlementaire". Selon lui "une négociation s'ouvre et un compromis sera trouvé".

Il est important que la France mette enfin sur la table une base de discussion précise ce que François Hollande n'a jamais fait

Pour arriver à cette assemblée de la zone euro "ça suppose un nouveau traité, mais il ne faut pas que ceux qui ne veulent pas y entrer puissent le bloquer" explique l'économiste qui propose que la France, l'Italie, l'Espagne et Allemagne "qui représentent ensemble 77% de la population et du PIB de la zone euro. se mettent d'accord sur un compromis, rejoints par d'autres pays comme la Belgique, le Portugal la Grèce (...) et s'ils représentent 80 ou 85% ça rentre en vigueur".

Répondant à Liêm Hoang Ngoc, un économiste proche de Jean-Luc Mélenchon, Thomas Piketty a expliqué que ce qui différencie Benoît Hamon de Jean-Luc Mélenchon est que ce dernier passe "l'essentiel de son temps" à parler de son "plan B" de sortie des traités, alors que le candidat du PS pense lui que "va d'avantage insister sur un plan A pour que ce soit adopté, de jouer gagnant alors que Mélenchon joue perdant". Se voulant positif, l'économiste rappelle que le traité budgétaire a été adopté en six mois en 2012 "alors que ça représentait des modifications énormes par rapport au traité de Maastricht".

Pour résumer, pour Thomas Piketty, François Fillon et Emmanuel Macron c’est le conservatisme : le traité budgétaire de 2012 on n'y touche pas -l'un l'a négocié lorsqu'il était premier ministre, l'autre l'a appliqué lorsqu'il était secrétaire général de l'Elysée. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen envoient tout promener et on sort de l'euro". Et donc, "Benoît Hamon est le mieux placé pour porter un projet de démocratisation de l’Europe".

Les pays vont-ils être obligés de donner des subventions pour faire venir les investisseurs ?

Thomas Piketty craint les conséquences du dumping fiscal que Donald Trump va mettre en place.

Le Revenu universel, je suis pour à certaines conditions…

Pour Thomas Piketty, le Revenu universel s'apparente à un crédit d'impôt ou à une prime d’activité améliorée de "130 euros par mois ou même de 200 ou 300 euros". Une manière d'augmenter le Smic sans augmenter le coût du travail.

Le patrimoine universel, une idée portée par Stéphane Le Foll pour réduire les inégalités patrimoniales intéresse Thomas Piketty comme un élément complémentaire. L'économiste rappelle une proposition de Benoît Hamon : "rapprocher la taxe foncière de l'impôt sur la fortune pour en faire un impôt progressif sur le patrimoine net ce qui permettrait de réduire la taxe foncière pour ceux qui cherchent à accéder au patrimoine, notamment les jeunes".

Le programme d'Emmanuel Macron ressemble beaucoup à celui de François Fillon

A plusieurs reprises Thomas Piketty a fait le reproche à Emmanuel Macron d'être responsable des échecs de François Hollande alors qu'il était Secrétaire général adjoint de l’Elysée. Interrogé sur le programme du candidat de "En marche !" Thomas Piketty, Emmanuel Macron veut supprimer l'ISF sur les porte-feuilles financiers, "alors que les personnes qui ont 10 ou 100 millions d'euros d'actifs financiers ont fait des dons à la campagne d’Emmanuel Macron, qui ne veut rien révéler de ces dons", selon l'économiste, qui résume en une formule : Emmanuel Macron "un banquier qui veut faire des cadeaux fiscaux aux banquiers". Un homme qui, selon lui, "n’a pas de vraies compétences professionnelles, il a fait des erreurs, des désastres économiques et ne fait pas de mea culpa".

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