Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, président du groupe LR au Sénat.

Bruno Retailleau
Bruno Retailleau © AFP / DANIEL PIER / NURPHOTO

Pour Bruno Retailleau, l’âge pivot ayant été retiré de la réforme des retraites, il estime que "ce compromis est un renoncement".

Il considère que la réforme porte un vice originelle, puisqu'elle promet le contraire des promesses de campagne d'Emmanuel Macron. Pour autant, concernant la mobilisation

Je demande l’ arrêt de la grève qui prend la France en otage

Il rappelle que la droite au pouvoir avait déjà procédé à des réformes en 93, 2003 et 2010. 

La réforme désormais sera "faussement universelle et injuste"

Bruno Retailleau dénombre 11 régimes spécifiques déjà actés. Il considère que la dimension démographique n’est pas prise en compte, que la réforme Macron va creuser le déficit des retraites. 

La force d’un régime de retraite par répartition c’est l’équilibre jeunes et moins jeunes (...). On est prêt à mettre sur la table une autre réforme

Pas question pour lui d'envisager une hausse des cotisations des entreprises, car "on est les champions du monde du prélèvement obligatoire sur les entreprises".

Il estime que le niveau de vie des Français a décroché, et comme partout on gère les choses "par la pénurie", dit-il en citant l'exemple des hôpitaux. 

On organise les choses par la pénurie, les riches s’en sortiront toujours par le haut.

Emmanuel Macron "fait semblant" 

Bruno Retailleau rappelle qu'Emmanuel Macron avait promis de "transformer la France, et la réconciliation".  

Jamais la France na été divisée autant contre elle-même

Il tire des enseignements de la situation actuelle : "on ne peut concevoir des réformes que dans la première partie d’un mandat. La France est réformable, mais sans double langage. Le peuple est désuni, et la sécurité sociale permet de dire au Français vous êtes un seul peuple" 

Macron détricote le modèle social

"Les trois premières années du mandat d'Emmanuel Macron, c'est trois budgets, c'est 68 milliards de plus de dépenses publiques, exactement comme François Hollande", a développé Bruno Retailleau.  "Sur le plan de la sécurité, de la lutte contre l'islamisme, c'est le grand angle mort. Je veux bien lui concéder sur le plan international un certain nombre d'acquis, mais cette idée du coup d'éclat permanent sur la scène diplomatique a conduit à ce que nous nous isolions. Je pense qu'il n'est pas transformateur et malheureusement ce n'est pas le grand réconciliateur."

Selon le sénateur, "il y a un vrai risque" qu'en 2022 le chef de l'Etat "nous mène à l'élection de Marine Le Pen parce qu'une très grande partie des Français rejette son action publique". "Il faut donner de la respiration à la démocratie française, parce que là on risque d'aller au chaos", a-t-il insisté, répétant qu'il n'excluait pas de "prendre (s)es responsabilités" en 2022 s'il le fallait.

L'année 2020 sera charnière pour la droite, qui selon lui, doit réfléchir à son socle et sa ligne politique. 

La droite que je veux doit répondre à une double angoisse. Le déclassement économique et l’insécurité culturelle. 

Municipales, présidentielles

Les maires de droite ont-ils perdu leur électorat ? Bruno Retailleau estime que non, et selon lui "En marche n’a pas réussi son implantation (locale)". Pour la présidentielle, il estime qu'il faudra mettre autour de la table tous les prétendants, et éviter une primaire. 

GPA, PMA : défendre des convictions

"Tant qu’on ne m'aura pas prouver que fabriquer des enfants dont on sait qui ils n’auront pas de père, est sans conséquence, je continuerai de mabstenir" explique-t-il alors qu'il est interrogé sur la PMA. 

Le portrait de Bruno Retailleau par Carine Bécard

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.