Eric Coquerel, coordinateur politique, porte-parole du Parti de Gauche et soutien de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, est l'invité de Questions Politiques ce dimanche.

Eric Coquerel
Eric Coquerel © Maxppp / Christophe Morin

Une Union européenne différente ou plus d'Union européenne ?

L'actualité de ce dimanche, c'est notamment le déplacement du candidat de la France Insoumise à Rome, pour élaborer un "plan B" à l'Union européenne telle qu'elle existe actuellement. Une réunion importante d'un point de vue stratégique, pour Éric Coquerel : "l'une des raisons pour lesquelles Alexis Tsipras a été obligé de capituler en 2015, c'est qu'il n'avait pas de plan B. C'est pour cela qu'on l'élabore, pour crédibiliser les négociations".

Mais au fond, il y a quoi, dans ce "plan B" ? En fait, le projet est le même, mais la différence se fera sur les pays qui voudront l'appliquer. "Le plan A c'est espérer le faire avec tous les pays européens aujourd'hui. Le plan B, c'est la même chose, avec au bout de plusieurs mois de négociations, de le faire avec les pays qui partageraient notre vision de l'Europe."

Avec au cœur du projet l'idée d'un "principe de non-régression, c'est-à-dire qu'une législation européenne ne puisse s'appliquer que si elle est meilleure que les normes nationales". Pour Éric Coquerel, la possibilité d'une victoire de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, suivie d'une majorité législative, permettrait d'être en position de force pour renégocier les traités dans ce sens.

L’impossible rassemblement de la gauche

Pourquoi Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon partent-ils séparément dans la course à l'Élysée ? Et pourquoi un rassemblement est-il devenu quasi impossible ? "Celui qui a empêché la gauche de se rassembler aujourd'hui, il s'appelle François Hollande, et il a fait cinq ans de politique de droite. Quand on parle de gauche aux gens maintenant, ils ne savent plus de quoi il s'agit."

Selon Éric Coquerel, Benoît Hamon paye justement son besoin de rassembler au-delà de ses propres convictions : "après sa victoire, que nous avons saluée, il est resté au milieu du gué, il est resté aussi le candidat du PS. Je pense que c'est un homme de gauche et je le crois sincère. Mais la période ne supporte pas l'entre-deux."

Une querelle sur les amitiés des uns et des autres, plus que sur les ambitions des deux candidats. "Je ne fais pas injure à Messieurs Hamon et Mélenchon, tous ceux qui voient ça par le prisme des egos se trompent. Aujourd'hui, 80 % des investitures socialistes aujourd'hui, ce sont les députés qui ont voté la loi El Khomri, l'état d'urgence et les régressions sociales !"

Le "vote utile", une illusion ?

Interrogée par une auditrice, qui se demande si elle ne va pas changer d'avis et préférer voter Hamon que Mélenchon, Éric Coquerel répond qu'il y a "aussi beaucoup d'électeurs qui nous disent, si vous soutenez le candidat du PS, nous on ne vous suit plus. De même dans l'électorat de Mr Hamon, beaucoup hésitent à rejoindre Mr Macron, ce ne sont pas des gens qui suivraient s'il rejoignait Mr Mélenchon. Je ne crois pas à l'addition arithmétique qui voudrait que deux candidats ensemble pourraient d'aller au second tour."

Le problème, selon le porte-parole du Parti de Gauche, c'est qu'on entre trop difficilement dans la phase concrète de la campagne. "J'espère fortement que le dernier mois de campagne sera consacré à la confrontation d'idées, au débat, aux programmes. De ce point de vue notre programme est clair et cohérent : je ne retrouve pas dans le programme de Benoît Hamon la même clarté."

Alors cette division fait-elle le fameux "jeu du Front national" ? Éric Coquerel trouve la question incongrue. "Le Front national, ce sont nos ennemis les plus irréductibles !", affirme-t-il. "On ne peut pas à la fois nous dire que nous sommes front contre front contre le Front national, et penser deux secondes que nous pourrions faire leurs affaires."

Pas question toutefois de se déterminer dès maintenant sur une consigne de vote en cas de duel entre Marine Le Pen et un autre candidat. Mais il l'assure : "je ne connais pas un électeur de la France Insoumise qui mettrait un bulletin Marine Le Pen. Par contre je connais des électeurs de droite qui commencent à voter pour le Front national." Quant au front républicain, il a fait son temps : "La meilleure manière de lutter contre le FN, c'est de ne pas laisser penser que ce sont les seuls à s'opposer au système. Il faut l'affronter programme contre programme, projet contre projet."

La précarité n'est pas l'avenir de l'économie

Interrogé par Aline Leclerc, reporter au Monde, sur l'évolution du chômage et la précarité de plus en plus importante dans le monde du travail, Éric Coquerel estime qu'il faut d'urgence "arrêter avec toutes ces lois qui ont sans arrêt dérégulé le cadre du travail, et revenir au CDI comme norme du travail. Il faut faire en sorte que le travail précaire soit pénalisé." Tout en aidant aussi les travailleurs et chômeurs à rebondir, avec "la sécurité sociale intégrale : quelqu'un doit pouvoir se retrouver avece une continuité toute sa vie qui lui permettent de conserver ses droits sociaux, de mieux vivre les périodes de chômage."

La question de Pixels

À l'occasion de la sortie de la Switch, le nouvelle console de Nintendo, retour sur l'économie du jeu vidéo en France, un sujet dont Jean-Luc Mélenchon est le seul à parler parmi les candidats à la présidentielle.

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