Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, est l’invité de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Virginie Malingre (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Quelques heures après l'Acte IX de la mobilisation des gilets jaunes, Alexis Corbière salue une journée plus suivie et moins violente que certaines précédentes : "Je suis pour qu'il n'y ait pas de violences, pour que la force de ce mouvement continue à être dans son soutien populaire. Je constate que malgré le pilonnage qui a eu lieu, il y avait plus de monde et moins de violences : très bien, c'est comme ça qu'il faut avancer."

Pour lui, c'est la meilleure réponse à "la stratégie gouvernementale, qui consiste à ne donner de ce mouvement que l'image d'un mouvement de brutes épaisses".

La journée a toutefois été marquée par des violences symboliquement fortes contre des journalistes pendant les manifestations : "je le dis au passage, sans aucune démagogie, ne touchez pas aux journalistes, même si on a le droit de les critiquer vertement. J'observe malgré tout qu'il y a des gilets jaunes ont défendu les journalistes de LCI."

Pour sortir de la crise, "il faut revenir devant les urnes"

Comment dépasser cette crise des gilets jaunes ? Pour le député LFI, la solution ne passera pas par le grand débat national lancé ce lundi par Emmanuel Macron. "Je ne vais pas m'opposer physiquement à ce que les gens discutent, mais je vous dis que ça va faire un grand flop. [Le gouvernement] a dit qu'il ne modifierait pas le cap, que les grands sujets au cœur de ce mouvement ne seront pas abordés. Donc les gens ont pas envie de perdre du temps. Ils ont bien compris que le rapport de forces est d'abord dans la mobilisation et l'occupation des gilets jaunes."

Pour Alexis Corbière, il faudrait "revenir devant les urnes" pour changer les institutions. "Est-ce que la démission [d'Emmanuel Macron] règle le problème si l'on reste dans le cadre de la Ve République ? S'il démissionne et qu'il reconvoque le peuple devant les urnes, ça permettrait d'avoir un débat démocratique. Ce que je veux, c'est que ce ne soit pas dans le même cadre institutionnel, qui porte en lui les difficultés."

La crise profite-t-elle à Marine Le Pen ? "En disant cela, on fait le jeu du Front national"

Interrogé sur la popularité de Marine Le Pen chez les ouvriers et employés selon les sondages, Alexis Corbière interroge sa réalité. "Quels éléments objectifs avez-vous pour dire ça ?", demande le député. "Le premier comportement ouvrier et employé, c'est l'abstention. Ce n'est pas vrai que 40 % des ouvriers et employés sont d'accord avec le Front national. En disant cela, on fait le jeu du Front national."

"Le premier comportement des gilets jaunes, c'est l'abstention. Ce sont des abstentionnistes", assure Alexis Corbière, qui lui-même a été élu député avec une forte abstention. "Et je le dis souvent : je fais 60 % des voix, mais je fais en vérité 21 % des électeurs inscrits. On ne peut pas banaliser ça."

  • Légende du visuel principal: Alexis Corbière au micro d'Ali Baddou © Radio France /
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