Nicolas Bay, député européen RN, est l’invité de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Yaël Goosz (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

Pour Nicolas Bay, le rejet jeudi par le Parlement européen de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne signifie "malheureusement un affaiblissement de la France dans les institutions européennes". "Emmanuel Macron s'est entêté, ajoute-t-il. Tout le monde savait bien qu’il y avait de forts soupçons de conflits d’intérêts"

L'eurodéputé Rassemblement National estime que, au cours de son audition, Sylvie Goulard "n'a pas été capable d'être convaincante" au sujet du conflit d'intérêts qui lui était reproché, pas plus que sur "un certain nombre de questions sur son portefeuille". "Sur le Dieselgate, elle a reconnu assez benoîtement qu’elle ne connaissait pas la question", déclare Nicolas Bay.

Brexit 

Interrogé sur le Brexit et le risque d'un "no deal", Nicolas Bay souligne que le Premier ministre britannique Boris Johson "propose un système dans lequel la Grande-Bretagne sortirait du marché commun, mais sans frontière dure". Cet accord, dit-il, lui "semble raisonnable, conforme aux intérêts de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne. Ce serait une erreur majeure de rester inflexible comme l’est aujourd’hui Jean-Claude Junker".

L'eurodéputé RN estime que l'une des erreurs commises est de ne pas avoir commencé par poser la question de la relation commerciale que voulait maintenir Londres avec l'UE. Il déplore aussi l'attitude de la Commission européenne dans les négociations avec le Royaume-Uni : "Elle donne la plus mauvaise image qui soit des institutions européennes. On a l’impression qu’entrer dans l’UE c’est facile. Et ensuite, en sortir c’est impossible. Elle se comporte un peu comme secte."

Zemmour

Nicolas Bay rejoint-il Éric Zemmour quand celui-ci déclare : "Les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ou bien se battre pour leur libération" ? L'eurodéputé estime que le polémiste "a le droit de le dire", même si lui ne le dirait "pas avec les mêmes mots". 

Il déclare néanmoins qu'il y a sur le territoire "des quartiers, des villes et même des départements entiers où les Français sont minoritaires". "En Seine-Saint-Denis, je suis pas sûr que les Français soient encore majoritaires, par exemple", explique-t-il. 

Un peu plus tard au cours de l'interview, Nicolas Bay affirme que "le RN est très attaché à la liberté individuelle et religieuse. Ce qui nous pose problème, c’est le communautarisme islamique, les revendications politico-religieuses".

Mère d'élève voilée prise à partie au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté

Vendredi 11 octobre, une mère d'élève qui accompagnait une sortie scolaire au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a été prise à partie par un élu RN qui lui intimait de retirer son voile. Nicolas Bay rappelle "qu'en l'état actuel du droit", rien n'interdisait à cette femme de porter son voile.  

Mettre en cause une femme à coté de son enfant, je pense que c’est une maladresse et malvenu. Sur le fond, il faut être intraitable sur la défense de notre identité et refuser le communautarisme, l'islamisme. Pour autant, il faut respecter les personnes. Je pense que c’était inutilement blessant et agressif.

Réforme des retraites

Selon Nicolas Bay, "il faut arrêter de traiter la question des retraites de façon purement comptable". Augmenter la durée de cotisation ne règle rien au problème, dit l'eurodéputé RN. "Le nombre de cotisants est insuffisant au regard du nombre de pensionnés."

Il ajoute : "la solution pour équilibrer notre système de retraites, c’est du boulot et des berceaux. Il faut des mesures sociales et fiscales pour inciter à la natalité".

Interrogé sur l'élargissement de la PMA, adopté à l'Assemblée, Nicolas Bay déclaire : "on ne peut pas faire en sorte que la loi s'adapte uniquement aux désirs individuels des adultes. L’intérêt supérieur de l’enfant doit être protégé. Créer de toute pièces une situation où l’enfant serait délibérément privé de son père ne nous semble pas dans l’intérêt de l’enfant".

Sur la Syrie

Alors que la Turquie a lancé une offensive contre les milices kurdes en Syrie, l'élu RN affirme regretter que la France ait rompu les relations diplomatiques avec le régime de Bachar Al-Assad. "On aurait dû utiliser les liens privilégiés anciens pour avoir un partenariat militaire diplomatique fort avec la Syrie. Le seul qui agit concrètement sur le terrain contre les groupes islamistes, ça reste Bachar Al Assad". 

  • Légende du visuel principal: Nicolas Bay (capture d'écran) © Radio France /
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  • Nicolas Baydéputé européen du Rassemblement National
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