Le député du Loir-et-Cher, vice-président du parti Les Républicains, est l'invité d'Ali Baddou.

Guillaume Peltier à l'Assemblée nationale le 24 octobre 2017
Guillaume Peltier à l'Assemblée nationale le 24 octobre 2017 © Maxppp / Vincent Isore

"Les migrants ne sont pas les coupables, ce sont des victimes"

Sur la question de l'immigration, Guillaume Peltier estime que "la classe politique a failli et a oublié de rappeler les fondamentaux. Les migrants ne sont pas des coupables, ce sont des victime d'un triple phénomène". Il évoque ainsi "la pauvreté et la guerre dans les pays du Sud", "les filières mafieuses organisées" et "une illusion entretenue particulièrement en France, qui est de faire croire que nous serions en mesure d'accueillir toute la misère du monde. Or à force de prétendre accueillir tout le monde, on n'accueille dignement personne."

Le député propose donc qu'on s'attaque à "la cause première du phénomène : la pauvreté dans les pays du Sud. Je souhaite que l'UE s'engage dans un plan Marshall inédit, une vraie politique pour permettre un développement accéléré de ces pays." Sur la question du traitement des migrants en France (destruction de tentes, agressions...), Guillaume Peltier assure que "toute atteinte à la dignité de la personne humaine, c'est choquant. Mais les responsables premiers ce ne sont pas les policiers, ce sont les responsables politiques des 30 dernières années et leur lâcheté."

Sur la comparaison avec le FN : "Tout ce qui est excessif est insignifiant"

Suite à la tribune de Dominique Bussereau qui annonce se mettre en retrait du parti Les Républicains, en dénonçant une proximité idéologique de plus en plus forte selon lui avec le Front national, Guillaume Peltier réagit : "On dit souvent que tout ce qui est excessif est insignifiant. Nous ne voulons et nous ne voudrons pas d'accord avec le Front national. Il est trop facile en politique d'exiger que chacun soit d'accord avec soi, et de partir si ce n'est pas le cas. Je demande donc à Dominique Bussereau de se mettre en congé de la caricature et du mensonge."

Il reconnaît toutefois qu'il y a une véritable crise à droite. "Les Républicains sont convalescents, la droite doit totalement se repenser. Elle doit devenir un grand mouvement populaire, qui porte en elle des valeurs de justice sociale, de méritocratie républicaine, et que nous soyons enfin capables de parler aux classes moyennes."

"Marcher sur deux jambes"

Guillaume Peltier est même prêt à défendre des idées qui pourraient être de gauche : "Je suis fier d'être de droite. Je crois aux valeurs de la liberté. Mais je souhaite que la droite puisse se réinventer. Vous croyez que les discours de Jaurès sur le mérite et la République, ça ne me parle pas ?"

Quitte à développer aussi des mécanismes très éloignés du libéralisme, notamment pour assurer un meilleur service public de la santé : "Une majorité de Français n'a pas accès aujourd'hui à une offre de santé de proximité. Je souhaite qu'à l'issue de l'école de médecine, chaque jeune médecin soit contraint de s'installer pendant deux ou trois ans dans un territoire dit 'sous-doté'."

Pour lui, "la droite Française, trop souvent et trop longtemps, a été le mouvement de ceux qui vont bien et qui ont réussi. Il faut des premiers de cordée, mais moi ce qui m'intéresse c'est les deuxièmes et les troisièmes de cordée, tous ceux qui n'ont pas encore réussi mais qui vont réussir."

Sur l'Europe : "Tout faire à 27, c'est une illusion"

En attendant les européennes en 2019, la question de l'Union est aussi au cœur du discours du député. Mais sans pour autant soutenir, comme Emmanuel Macron, une reprise de la marche vers un certain "fédéralisme". "Tout faire à 27, c'est une illusion : on n'est pas d'accord sur tout. Et si on veut aller vers plus d'harmonisation, il faudra accepter de travailler à 6, 9 ou 12. Emmanuel Macron continue à croire à plus d'intégration, il est obsédé par le couple franco-allemand."

"Je demande une fermeté absolue vis-à-vis des zadistes"

Sur la question de l'autorité en revanche, Guillaume Peltier est sur la ligne "traditionnelle" de la droite. Notamment quand on évoque le dossier Notre-Dame-des-Landes. "Ce que je demande d'abord, c'est une fermeté absolue vis-à-vis des zadistes. Quels que soient les combats politiques, on ne peut pas accepter en France qu'une infime minorité prenne en otage la démocratie et la République. L'État de droit s'applique pour tous, on a en France les moyens, par les forces de police et de gendarmerie d'intervenir de manière respectueuse de la dignité humaine, mais avec fermeté."

Quitte à risquer des victimes ? Le vice-président des Républicains n'y croit pas, et évoque la "crise dans les banlieues" : "à l'époque, il n'y a pas eu de victimes. La France dispose d'un savoir-faire suffisant."

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