Jean-Yves Le Drian, Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Marc Semo (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Jean-Yves Le Drian invité de Questions politiques, le 15 décembre 2019
Jean-Yves Le Drian invité de Questions politiques, le 15 décembre 2019 © Radio France / France Inter

Alors qu'une nouvelle journée de mobilisations contre la réforme des retraites est prévue le 17 décembre, le Haut commissaire à la réforme Jean-Paul Delevoye est sous le feu des critiques, pour avoir omis de déclarer plusieurs fonctions en plus de son poste au gouvernement. P

L'affaire Delevoye : "Le Premier ministre lui a renouvelé sa confiance"

Alors qu'une nouvelle journée de mobilisations contre la réforme des retraites est prévue le 17 décembre, le Haut commissaire à la réforme Jean-Paul Delevoye est sous le feu des critiques, pour avoir omis de déclarer plusieurs fonctions en plus de son poste au gouvernement. Peut-il rester à son poste ? Oui, estime Jean-Yves Le Drian. "J'ai vu que le Premier ministre avait estimé qu'il était de bonne foi. Moi, je pense que c'est un homme de bonne foi. C'est au Premier ministre de se prononcer, il lui a renouvelé sa confiance, je respecte ce que dit le Premier ministre."

La réforme des retraites : "Nous ne voulons pas d'un système par capitalisation"

Le ministre tient à rappeler que, malgré la défection de la CFDT récemment, "il y a beaucoup d'éléments sur lesquels Laurent Berger est d'accord avec nous. Il y a un ensemble de mesures sociales considérables" dans cette réforme, affirme Jean-Yves Le Drian. 

"Quand je vois ce que dit la droite sur les retraites, notamment monsieur Fillon, ils proposent la retraite à taux plein à 65 ans et la retraite par capitalisation. C'est ce dont nous ne voulons pas", juge le ministre, malgré le fait que beaucoup critiquent, justement, une réforme accusée d'encourager la capitalisation.

"Autosuicide" du Parti socialiste : "J'en ai gros sur la patate, comme on dit"

Jean-Yves Le Drian, qui a passé de longues années au PS, revient sur les raisons qui l'ont poussé à quitter le navire pour rejoindre Emmanuel Macron. "Je considère aujourd'hui que les frondeurs ont détruit de l'intérieur le PS, qu'ils ont abouti à ce résultat calamiteux à la présidentielle, et qu'ils ont empêché François Hollande de faire correctement son travail."

"J'ai un jugement très dur", reconnaît le ministre, "mais j'ai été au PS pendant 44 ans, donc je peux me permettre de le dire. Si on en est arrivé là, c'est par cette logique d'autosuicide. J'en ai gros sur la patate, comme on dit." Au moment de la présidentielle de 2017, "le risque majeur était le populisme, et le fait que Macron portait ce désir de rassembler m'a paru la seule voie. Je ne le regrette pas."

Actions de la France au Sahel : "Daesh n'est pas mort"

Interrogé sur le rôle de la France au Sahel, Jean-Yves Le Drian rappelle que "ce qui se joue là-bas, c'est d'une part la stabilité des cinq États du Sahel, mais aussi notre propre sécurité. Plus on avance, plus cet espace géographique devient la frontière Sud de la sécurité de l'Europe." Il avertit sur le risque terroriste toujours présent, selon lui : "Daesh n'est pas mort. Daesh a subi des défaites, mais cette menace est permanente. Un arc terroriste est en train de se créer."

Une soixantaine de djihadistes français sont actuellement détenus au Kurdistan syrien. Le ministre rappelle : "Le principe de base que nous avons toujours acté, c'est que les combattants français doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes." Il existe cependant un accord avec la Turquie, qui permet que des combattants français arrêtés en Turquie soient transférés et judiciarisés en France. Ils seraient environ 200 à avoir déjà fait l'objet de ce protocole de coopération. 

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.