Adrien Quatennens, Député du Nord, coordinateur de La France Insoumise, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

Sur les "gilets jaunes"

Comme la France Insoumise plus globalement, Adrien Quatennens soutient toujours le mouvement initié en novembre dernier, émaillé notamment de violences policières. "Pour pouvoir continuer à dérouler son programme, Emmanuel Macron n'a pas d'autre choix que de déployer cette forme de brutalité que l'on voit dans le pays. D'ici à 2022, cette situation de délitement de l'État républicain va se poursuivre. S'il fallait les soutenir à nouveau [les gilets jaunes], je le referais, même si certains théorisent après coup que ça ne nous aurait pas servi électoralement. On n'arrête pas de raconter depuis des années que la clé, c'est l'implication du peuple en politique, donc malgré les contradictions et les imperfections de ce mouvement, quand le peuple s'empare de la chose politique, on le soutient."

Sur la montée du Rassemblement national

Le parti de Marine Le Pen semble continuer à grimper à chaque élection, comme aux européennes dernièrement, et cela inquiète le coordinateur de la France Insoumise. "Le RN capte une partie de la colère. On voit bien que face au Rassemblement national, il y a une urgence à faire reculer l'extrême-droite dans le pays. Ça fait des années qu'on tente la diabolisation, de crier au fascisme... Est-ce que c'est efficace ? Je ne connais pas d'autre méthode que de convaincre certains de ses électeurs de faire un autre choix."

Sur la France Insoumise et son évolution

Le mouvement a connu des départs, des prises de distance, des interrogations sur sa forme. Pour Adrien Quatennens, le chantier est ambitieux mais nécessaire : "On a entamé un processus qui permet aux Insoumis, sur les grandes faiblesses d'organisation du mouvement, que personne n'a effacé d'un trait de plume, de faire en sorte que l'on avance. Tout ça, ça va être sur le temps long. Sans relativiser ces départs, qui sont regrettables, ce que j'observe c'est que la France Insoumise, en tant qu'objet, est en quelque sorte le grand réseau social de celles et ceux qui veulent voir l'Avenir en Commun venir aux portes du pouvoir. Ce que je vois, c'est que dans le même temps il y a des gens qui nous rejoignent."

Sur le procès à venir de Jean-Luc Mélenchon

Tout était parti de cette fameuse perquisition au siège de la France insoumise et au domicile de son dirigeant, notamment, et des images qui ont abouti à un procès en correctionnelle pour "actes d’intimidation, rébellion et provocation". Adrien Quatennens estime que l'attitude de Jean-Luc Mélenchon est un simple prétexte pour masquer un "procès politique". "Jean-Luc Mélenchon était en colère, oui, ça s'est vu. Une fois qu'on a dit cela, qu'on a passé des heures d'images, est-ce qu'on peut interroger le fait générateur, interroger le deux poids, deux mesures ? N'y a-t-il pas dans ce pays un usage de la justice et de la police à des fins politiques ? La question mérite d'être posée."

Pour lui, "quand madame Belloubet dit que la justice est indépendante, elle fait de l'incantation. Elle sait qu'il y a dans ce pays une part de la justice qui est indépendante, mais pas toute : le parquet, lui, ne l'est pas." Il assure même que "le procès en correctionnelle de Bobigny est une diversion pour faire oublier que sur le fond de l'affaire, il n'y a rien."

Sur la réforme des retraites

Les mobilisations ont commencé cette semaine, et vont se démultiplier dans les semaines à venir, contre le projet de réforme porté par Jean-Paul Delevoye. Pour le député du Nord, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle dans la forme du mouvement : "Je soutiens toutes celles et ceux qui vont s'employer à lutter contre cette réforme des retraites. Mais je mets en garde : il y a un piège dans lequel il ne faudrait pas tomber, c'est la sectorisation de la lutte où chacun défend ses intérêts particuliers. Emmanuel Macron a décidé qu'il n'y aurait pas plus de ressources allouées au financement des retraites. La réforme des retraites va donc faire en sorte que, alors qu'on sera toujours plus nombreux à table, le gâteau ne soit pas plus gros. Tout le monde va être perdant."

  • Légende du visuel principal: Adrien Quatennens, député du Nord, invité de Questions Politiques le 15 septembre 2019 © Radio France /
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