Yannick Jadot, Eurodéputé écologiste, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Becard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

En plein remous de l'affaire Griveaux, que peut-on espérer de "l'après" ? L'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, invité ce dimanche de Questions Politiques, espère un "sursaut salutaire". "On voit notre démocratie attaquée à travers un mélange de puritanisme, de voyeurisme et de délation, qui forment un combo détestable, avec un effet d'accélération incroyable du fait des réseaux sociaux", explique-t-il.

"Aujourd'hui, résumer le débat politique au comportement des uns et des autres en matière de vie privée, c'est le pire qu'on puisse imaginer"

Lui-même reconnaît qu'on est "obligés aujourd'hui de faire attention" : "dès que vous êtes dans la rue, au restaurant, dans l'espace public, quelqu'un peut porter atteinte à votre vie privée". Est-ce tout s'interdire ? "Heureusement non, il faut rester vivant. Et surtout, il faut contrer la brutalité, la violence verbale et potentiellement physique".

Benjamin Griveaux a-t-il, alors, été imprudent ? "A partir du moment où il n'a fait aucun fait répréhensible du point de vue de la loi, je ne vais pas commencer à juger ses comportements dans la vie privée, sinon je passe moi-même la frontière d'un débat de moralisation", dit-il, même s'il souligne une nouvelle fois l'importance de faire attention : "Il a commencé sa campagne sur un son volé, il la finit sur une image volée : ça montre qu'il faut être prudent".

Il appelle ainsi à une meilleure régulation des réseaux sociaux, sans pour autant appeler à l'anonymat : "Il va falloir attaquer les plateformes : quand je vois qu'on sait à peine comment attaquer la diffusion de vidéos, quand je vois sur l'affaire Mila qu'il est compliqué de demander des autorisations sur des menaces de mort à des hébergeurs, on a un déficit profond de régulation des plateformes".

"Les maires sont les élus préférés des Français"

Interrogé sur les municipales, il rappelle que l'idée pour Europe Écologie - Les Verts n'est pas "de construire un vote contre, c'est de construire un vote pour", dit-t-il en affirmant que "personne ne veut battre Anne Hidalgo" à Paris. Il préfère mettre en avant l'idée de gagner en proposant de meilleures solutions que son concurrent, pas en l'affabilissant. 

Il explique donc que le mot d'ordre des écologistes pour ces élections, c'est de ne pas se fermer à celles et ceux qui viendraient d'autres courants politiques. "Ce que portent les écologistes aux municipales, c'est de dire à tous, d'où qu'ils viennent : "Vous avez compris l'urgence, vous venez vers nous, bienvenue, nous allons gagner ensemble", explique-t-il, avant de rappeler que les élections municipales "où se jouent le logement, les déplacements, l'urbanisme le sport, la culture" sont capitales, et qu'il serait une erreur de penser que leur seul intérêt c'est de permettre de regarder vers la présidentielle et les législatives de 2022.

"Il y a dix ans, quand on parlait de la crise climatique, on parlait des générations futures", rappelle Yannick Jadot, soulignant que désormais, on parle de cette crise tous les jours. La mobilisation des jeunes a causé un impact, selon lui : "Chacun a une Greta Thunberg chez soi, des jeunes qui vous demandent ce que vous avez fait pour la planète dans laquelle ils vont vivre."

"Je lance un formidable appel à la jeunesse de notre pays"

Il lance un appel aux jeunes, mettant en parallèle la situation avec celle du Brexit, où les jeunes "se sont fait voler leur avenir" faute d'être allés voter. "Je dis aux jeunes, emparez-vous des municipales, c'est notre quotidien, c'est votre avenir". 

Évoaquant les difficultés du monde paysan qui selon lui, ne se "suicident pas parce que des écologistes veulent sortir des pesticides mais parce qu'on les a emmenés et piégés dans un système où ils sont isolés", il prend pour exemple le Luxembourg, qui interdira le 31 décembre le glyphosate. "Ils accompagnent les agriculteurs : c'est possible. (...)On doit avoir le courage de mettre en oeuvre des politiques avec les agriculteurs pour arriver à ce que notre société aille mieux", dit-il. 

Commentant le déplacement d'Emmanuel Macron dans les Alpes, il se dit pragmatique est estime que "toute décision positive que prendra Emmanuel Macron, que ce soit par sincérité, par conviction ou par opportunisme, si ça fait avancer la cause écolo, je prends". 

Mais il déplore le fait que le président de la République se "tient sur la ligne de crête entre Greta Thunberg et Donald Trump" : "Quand sa majorité, le même jour, vote au Parlement européen 29 milliards de subvention aux énergies fossiles...". Il dit être gêné par l'appel d'Emmanuel Macron "à imaginer des modes de transport et d'agriculture nouveaux" : selon Yannick Jadot, ces solutions existent déjà

Interrogé enfin sur les images qui ont montré de la neige livrée par hélicoptère dans une station des Pyrénées, il rappelle que la véritable inquiétude doit être celle de "trouver comment se transformer pour trouver d'autres activités que le ski" même s'il dit comprendre "la panique des élus qui gèrent les stations et voient de moins en moins de neige". Il se dit favorable à une interdiction de ce genre de pratiques, qu'il juge "débiles". 

Le portrait de Yannick Jadot par Carine Bécard

  • Légende du visuel principal: Yannick Jadot sur le plateau de Questions Politiques © Radio France / Capture d'écran
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