Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, est l’invité de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

"J'ai soutenu le mouvement des 'gilets jaunes' mais cette violence doit s'arrêter"

Eric Ciotti "revendique" avoir soutenu le mouvement des "gilets jaunes" à ses débuts. "J'ai soutenu l'expression d'une colère contre une injustice fiscale et une inefficacité économique", mais souhaite que les manifestations cessent car les personnes mobilisées peuvent "se retrouver dans des salles, dans des espaces, ils peuvent organiser des meetings, des réunions contrôlées, sécurisés" et "il y a le grand débat donc que ceux qui veulent exprimer leur voix dans le grand débat le fassent".

"Le mouvement a été dévoyé par la violence, explique-t-il, les chiffres sont terrifiants : 1 400 représentants des forces de l'ordre blessés, plus de 2 000 manifestants blessés, ça veut dire 3 500 blessés, 11 morts. On n'a jamais eu un tel bilan en France métropolitaine depuis la guerre d'Algérie. Cette violence est insupportable, inacceptable et il faut aujourd'hui qu'elle s'arrête. On ne peut plus laisser tolérer ça", dénonce le député qui demande que "pour samedi prochain [le 23 février], "on interdise les manifestations" pour éviter les violences.

"Ce grand débat est en train de tourner en grand palabre"

Le député Les Républicains des Alpes-Maritimes reconnait n'avoir organisé aucune réunion chez lui, mais il attend "la sortie du grand débat" car il a "un peu le sentiment que le grand débat c'était au début le Président doit écouter les Français. Progressivement ça s'est transformé en les Français doivent écouter le Président de la République très longtemps et de façon répétée. Donc il y a inversion de la problématique et le grand débat se transforme en une grande campagne européenne du Président de la République" 

"Attention à la sortie de ce Grand débat, il ne faudrait pas que ce soit un marche de dupes, une tromperie, prévient Eric Ciotti. "Il faut des actes pour répondre à la crise économique et sociale du pays et à la crise identitaire et sécuritaire."

Agression d'Alain Finkielkraut "Ce qui s'est passé est une abomination"

Alors que des "gilets jaunes" ont proféré des insultes antisémites à l'encontre du philosophe Alain Finkielkraut samedi à Paris, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes estime que "ce qui s'est passé est une abomination, parce que derrière l'attaque individuelle contre Alain Finkielkraut, il y a une volonté très claire d'exprimer un antisémitisme insupportable que nous devons tous condamner avec beaucoup de force déclare Eric Ciotti. "Au-delà de cette attaque, c'est un climat qui devient détestable, ce sont des actes, ce sont des paroles qui se multiplient", dénonce le député. Eric Ciotti déclare qu'il y a une "convergence" entre un "antisémitisme classique" venant de l'extrême-droite et un "antisémitisme d'extrême gauche sur fond d'islamisme", appelé aussi "islamo-gauchisme" explique Eric Ciotti qui regrette "les pudeurs de certains pour évoquer ces causes".

"Dans certains territoires de la République il est quasi impossible pour un juif de continuer à exprimer ce qu'il est" dénonce Eric Ciotti. "Il y a une pression communautariste islamiste qui s'exprime dans certains quartiers". 

Le député Les Républicains des Alpes-Maritimes dénonce la "haine" véhiculée sur les réseaux sociaux comme facteur aggravant, contre laquelle il voudrait une loi plus "ferme" et plus _"contraignante"_à l'instar de ce qui a été mis en place en Allemagne. 

Pour Eric Ciotti il faut plus de fermeté, "des condamnations judiciaires fortes, exemplaires, dissuasives", "plus et mieux sanctionner" les faits d'antisémitisme.Le député s'interroge également sur la nécessité de mettre en place "un délit plus spécifique sur l'antisémitisme". 

"Alain Juppé s'est trompé de campagne"

Alain Juppé quitte Bordeaux, mais il "avait déjà quitté les Républicains" note Eric Ciotti. "Depuis sa défaite à la primaire qui avait été très rude pour lui, il avait pris du champ avec notre famille politique et encore plus depuis la victoire d'Emmanuel Macron. "J'ai du respect pour Alain Juppé", mais le député Les Républicains avoue avoir préféré le Juppé des début, au sein RPR que "la dernière partie dans son soutien quasi systématique à En Marche". La droite aurait-elle du soutenir Alain Juppé ? "Juppé s'est trompé de campagne" et "nos électeurs ne l'ont pas compris" explique celui a qui soutenu Nicolas Sarkozy à la primaire puis François Fillon face à Alain Juppé. 

Emmanuel Macron a mis les sujets les plus difficiles sous le tapis

Interrogé sur le fait que certains électeurs de droite sont à l'aise avec la politique d'Emmanuel Macron, Eric Ciotti reconnait "qu'il y a eu une attraction pour Macron et encore aujourd'hui bien que de manière plus modéré". Une attraction "favorisée et entretenue par des débauchages individuels" de personnalités de droite entrées au gouvernement, "des hommes qui tournent le dos à leurs convictions"

Mais le député Les Républicains note que "les résultats économiques sont très éloignés de ce qu'avaient espéré les Français et cru une partie de nos électeurs. Donc il y a de la désillusion". "Il y a un énorme écart entre le discours du Président de la République et les actes" car "les sujets les plus difficiles ont été mis sous le tapis" dénonce Eric Ciotti.

"Réaffirmer notre identité et notre culture française et chrétienne"

Le choix de François-Xavier Bellamy pour être la tête de liste LR aux Européennes est "un choix pertinent qui marque une volonté de renouvellement et la volonté d'exprimer des idées et des convictions, de marier l'expérience et le renouvellement" explique Eric Ciotti. 

Sa ligne "marque au plan économique une volonté de réformes fortes, de valorisation du travail, du mérite et de l'effort. Qui souhaite que l'Europe soit moins naïve et fragile face à la mondialisation. C'est aussi une liste qui marque notre volonté de réaffirmer une identité, une culture française et chrétienne" affirme le député des Alpes Maritimes. François-Xavier Bellamy "assume ses convictions et c'est ce qu'attendent les électeurs" conclue-t-il.

  • Légende du visuel principal: Eric Ciotti dans Questions politiques © Radio France /
Les invités
  • Eric CiottiDéputé Les Républicains des Alpes-Maritimes
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.