Le maire de Pau, président du MoDem, sera l' invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Becard (France Inter) et Francoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France TV).

François Bayrou
François Bayrou © Radio France / Capture d'écran

Pour le maire de Pau, le déconfinement "se passe bien". "Je suis frappé de voir à quel point les gens respectent les distances de sécurité. Il y a une ambiance de mobilisation, de respect, qui est très encourageante. Je ne suis pas surpris, c'est un peuple qui a du ressort, un peuple qui est capable de réagir, d'agir, de s'organiser, beaucoup plus spontanément que si c'était en obéissant à des consignes."

Il ne comprend toutefois pas, comme beaucoup de maires, pourquoi de nombreux parcs sont obligés de rester fermés. "Le président de la République me disait, l'autre jour, qu'il avait été frappé par le fait que c'est à bord du Charles-de-Gaulle, dans un espace clos, qu'il y a eu une des contagions les plus frappantes. L'idée que je voudrais défendre, c'est qu'on considère les espaces verts, les espaces ouverts, comme des espaces plus en sécurité. Être en plein air, c'est d'une certaine manière faire reculer l'épidémie."

Une dette "avec un différé d'amortissement de dix ans"

François Bayrou estime aussi que la dette que contractent les pays partout dans le monde suite au coronavirus ne peut pas être "une dette comme les autres". Selon lui, puisque "personne n'est responsable" de cette épidémie, et que "nous allons avoir besoin de très importants investissements pour en sortir". "Je propose qu'on analyse très précisément, à l'euro près, ce que cette crise nous impose d'emprunter, quel est le montant de la dette pour relancer nos pays, et que cette dette, on la cantonne. Qu'on puisse réaliser cet emprunt avec un différé d'amortissement de dix ans."

Municipales : contre le premier tour, pour le second

Il souhaite également, comme d'autres figures politiques municipales, que le second tour des municipales puisse être organisé rapidement. "Comme vous le savez, je m'étais opposé au premier tour, parce qu'il y avait une contradiction absolue entre le fait qu'on demandait aux gens de rester chez eux, et en même temps on les invitait à aller voter. On connait cette histoire et ce qui s'est passé. Aujourd'hui, on est en situation d'inviter les Français à reprendre autant que possible une vie ouverte. Simplement, il faut des précautions... Et puis à ce moment-là, on votera."

"Toute une partie de notre pays, qu'on appelle avec condescendance la province, se trouve largement abandonnée"

Qu'attend le président du MoDem du monde d'après ? Beaucoup le veulent plus écologique, et cela passe notamment par une diminution des vols intérieurs. François Bayrou, qui dirige une ville concernée par douze liaisons par jour avec Paris, s'en inquiète : "Sans lever un sourcil, sans qu'il y ait de l'émotion chez ceux qui font des propositions de cet ordre, on nous dit : vous aurez deux liaisons par semaine. Merci mon prince ! Merci monseigneur ! Vous êtes trop généreux ! Toute une partie de notre pays, qu'on appelle avec condescendance la province, se trouve largement abandonnée."

Il souhaite plus largement que des choses changent dans l'organisation politique du pays. "Il faut que le président de la République présente aux Français un nouveau modèle d'organisation de la société française, et des pouvoirs dans la société française. Il faut qu'il le dise de la manière la plus simple et la plus explicite possible. Il faut retrouver la confiance en laissant les gens agir."

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