Francois Ruffin, député LFI de la Somme et Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine sont les invités de Questions Politiques.

Francois Ruffin, député LFI de la Somme et Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine
Francois Ruffin, député LFI de la Somme et Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine © Radio France / France Inter

François Ruffin : "Pourquoi il n’y a pas de débat sur la date de déconfinement avec les parlementaires ?" sur le choix du 11 mai 

François Ruffin, France Insoumise, invité de Questions Politiques, estime qu’"il faut d’autres dirigeants, pour mener une autre politique". 

Croissance, concurrence, mondialisation, c’est fini

"Soit on  prend les mêmes pour la même politique, soit on se dit que le temps est venu d’une bifurcation, sinon on ira de petites catastrophes en petites catastrophes,et même vers de grandes catastrophes". 

On a besoin d’être autre chose que des hamsters dans une cage

Pour François Ruffin, la défiance envers le gouvernement est antérieure à la crise du coronavirus. 

"Je suis devenu critique quand j’ai vu  que les tests , les labos allaient s’y mettre, deux semaines après le début de l'épidémie. Puis, on les annonce seulement maintenant. On a gelé cette capacité de tests pendant plusieurs semaines.", explique François Ruffin

Pour l'avenir, il estime qu'"on ne pourra pas gérer avec du "en même temps". Mondialisation ou relocalisation ? "ça va pas se faire tout seul . Il faut du protectionnisme, des barrières douanières" précise-t-il. 

Selon le député de Picardie, le politique doit décider, "oui, et on ne doit pas remettre les clés entre les mains des scientifiques". Mais il faut les écouter, et il considère que "pour le 11 mai, les scientifiques n’ont pas été consultés" . Pourquoi il n’y a pas de débat sur la date de déconfinement avec les parlementaires ? interroge le député. "Je souhaite que le motif de ne pas pas éloigner les enfants de l’école, entendable, ne masque pas un autre motif, à savoir remettre les parents au travail".

Serait-il susceptible de rejoindre une équipe Macron si le président appliquait certaines de ces idées ? "Emmanuel Macron a été mis à sa place de président par des forces économiques, et demain ça m’étonnerait que ces grandes fortunes se disent 'les liens plutôt que les biens' et 'nous on veut consommer moins et répartir mieux'" répond le député.

"Si la grâce du coronavirus s’étend sur le patronat français et qu’il décide d’’annuler les dividendes, et de plafonner les salaires des patrons à 5 fois le SMIC, alors je pourrais rejoindre le gouvernement". 

Jean-Louis Bourlanges : "centralisation et corporatisme", les pathologies de la France

Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine est revenu sur la décision de ne pas imposer un confinement au-delà du 11 mai pour les personnes âgées. 

"Je comprends l’angoisse des gens de ma génération" a-t-il dit, les gens ont eu un sentiment de "relégation et de mise sous tutelle". Mais 90% des morts ont plus de 70 ans. "Tous les choix qu’on a fait de mettre les gens en confinement ont été faits pour sauvegarder la vie des gens comme moi. Les personnes âgées ne sont pas victime d’une discrimination mais d’un choix prioritaires en leur faveur" estime-t-il. 

Dans la gestion de la crise par la France, le député Bourlanges note que "nous avons des problèmes d’organisation qui ne sont pas de nature idéologique. L’état est trop centralisé et trop rigide pour faire face aux problèmes". 

Pour lui, centralisation et corporatisme sont les "pathologies" de la France. 

Il se dit rassuré par la réaction de l'Union Européenne. "J’en ai par- dessus la tête d’entendre que l’UE a tous les défauts. C’est l’inverse, elle est confrontée à des réactions d’égoïsme de certains états, qui freinent la réaction". Il souligne que "pour la première fois les Allemands ont compris le devoir de solidarité, ils ont mis beaucoup d’argent sur la table pour relancer la machine européenne".

L’UE a réagi aussi bien qu’elle le pouvait.

"Ce qui m’inquiète c’est que l’accroissement de la charge, du niveau d’endettement, qui vont atteindre les limites de la solidarité de la banque centrale européenne et provoquer une tension sur la zone euro".

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