Le député LR de la Drôme est l'invité de Nicolas Demorand. Il évoque la candidature chahutée de François Fillon, mais revient aussi sur la Manif pour Tous et l'affaire Théo.

Hervé Mariton en meeting pour Alain Juppé le 29 septembre 2016
Hervé Mariton en meeting pour Alain Juppé le 29 septembre 2016 © Maxppp / Nicolas Liponne/Wostok Press

François Fillon et les affaires

Soutien d'Alain Juppé pendant la primaire, Hervé Mariton est désormais derrière le candidat désigné. "Je soutiens François Fillon sans état d'âme", explique-t-il. "L'homme est de qualité, il a des qualités de leadership, son projet est le meilleur pour la France aujourd'hui. J'ai soutenu Alain Juppé pour un choix d'homme et pour influencer son projet, aujourd'hui je soutiens François Fillon."

Et ce, même si les affaires ont bouleversé la campagne présidentielle. Pour Hervé Mariton, cela n'a d'ailleurs pas entamé l'enthousiasme des soutiens. "J'avais une réunion vendredi avec des militants : dans le public, il y avait deux catégories, ceux qui sont des fanas Fillon depuis longtemps, et ceux qui considèrent qu'il y a un enjeu qui est l'élection présidentielle, et qu'on n'a pas le droit de passer à côté. Cela signe le soutien à François Fillon aussi. Pas une personne n'était sceptique d'une quelconque manière."

D'ailleurs, "François Fillon considère, et un certain nombre de juristes éminents le considèrent avec lui, qu'il n'y a rien l'illégal dans ce qu'il a fait. Entre un comportement inapproprié et une illégalité, il y a une différence d'importance."

Pour lui, cela ne rend pas le candidat moins audible sur le débat de fond. "Les propos qu'il a tenus sur la sécurité, la proposition de baisser la majorité pénale à 16 ans, ce que nous disons quand nous dénonçons le projet Macron/Mélenchon/Hamon, c'est audible."

Emmanuel Macron, héritier de Hollande

Hervé Mariton voit venir et espère un "dégonflement" de la candidature d'Emmanuel Macron : "On a une manière de faire qui repose sur une stratégie de comm. Mais sur le fond, ça ne tient pas debout", assure le député.

Il le dit d'autant plus sereinement qu'il a "soutenu la loi Macron à l'Assemblée". "Il a été courageux comme ministre. J'ai connu le Macron qui disait des choses très tranchantes, en rupture avec la gauche sur les 35h... Mais qui a aujourd'hui beaucoup ramolli le propos." D'ailleurs quand on lui demande s'il pense que la candidature d'Emmanuel Macron est non seulement un héritage de François Hollande, mais qu'il serait "sa marionnette", Hervé Mariton approuve.

"L'humiliation" des opposants au mariage pour tous

C'est Emmanuel Macron qui l'avait évoquée de cette façon, Jean-Luc Mélenchon pariant lui sur "un malentendu" avec les opposants. Toujours est-il qu'Hervé Mariton, l'un des politiques les plus engagés dans le mouvement contre le mariage pour tous, est revenu sur le sujet, évoquant d'ailleurs le fait qu'entretemps "Emmanuel Macron a fait machine arrière" face aux critiques. "Le débat en première lecture s'est déroulé dans des conditions normales. Le débat en deuxième lecture a été tout à fait précipité." Il mise lui sur un amalgame entre les opposants, dont leur frange la plus extrême. Selon lui, dans les "Manifs pour tous" auxquelles il participait, il n'y avait "jamais un propos homophobe, jamais un propos sectaire".

Affaire Théo : un message sécuritaire face à la colère ?

Reporter à France Inter, Delphine Evenou a passé plusieurs jours à Aulnay-sous-Bois, à l'écoute de la colère qui monte dans les quartiers. Et évoque l'impression d'une "justice à deux vitesses". Pour Hervé Mariton, "les évènements qui se sont déroulés démontrent une relation entre la police et la vie des quartiers qui n'est pas satisfaisante." Quelle est la meilleure réponse ? L'amélioration de la situation de l'emploi, c'est là que le projet économique de François Fillon est le plus essentiel, on ne se résigne pas au chômage de masse. Et je ne fais pas un hors sujet en vous répondant cela."

Pour autant, le message sécuritaire "est nécessaire. Une grande part de la population des banlieues demande plus de sécurité."

Sur l'éducation, le privé et le public à égalité

Évoquant le besoin d'une plus grande "productivité" de l'enseignement, Hervé Mariton a aussi fait la défense des écoles, collèges et lycées privés. "Je ne vois pas pourquoi on bloquerait l'enseignement privé. Si ça correspond à la demande des parents, c'est une liberté." Quant à la diminution programmée par François Fillon du nombre d'enseignants : "l'effort de productivité et d'efficacité auquel j'appelle, il est pour tout le monde."

Il estime également que l'enseignement privé ne s'oppose pas nécessairement au besoin d'une plus grande mixité dans les écoles. "Les responsables de l'enseignement privé assument parfaitement cette démarche de variété et de mixité de son recrutement. La démographie de l'enseignement privé s'est adaptée ces dernières années, [...] parfois en participant au développement de certains quartiers et à une présence sur ces territoires."

Responsabilité pénale à 16 ans, mais pas de droit de vote

Est-ce une mesure inutile, sachant qu'un mineur de 16 ans peut déjà être condamnée à une peine de prison ? "Non, ce n'est pas inutile. Aujourd'hui, il est possible d'envoyer un mineur de 16 ans en prison, mais la proposition de François Fillon renverse le raisonnement que les magistrats devront tenir : on part du principe de responsabilité et on ne considère pas que la responsabilité serait une exception."

Répondant à une auditrice qui estime que si l'on considère qu'un jeune de 16 ans est responsable pénalement, on peut aussi estimer qu'il est suffisamment responsable pour voter, Hervé Mariton considère qu'il faut faire une distinction nette. "On est sur deux champs différents. Les jeunes entre 16 et 18 ans peuvent commettre des actes qui justifient d'une responsabilité pénale." Toutefois il peine à justifier la différence de traitement : "Je ne prends pas le lien entre majorité pénale et majorité civile. L'immense majorité des 16/18 ans ne sont pas délinquants, et je ne veux pas que ceux qui posent problème fassent tâche sur la totalité d'un groupe de personnes."

La question de Pixels : la Russie cherche-t-elle à influencer cette campagne ?

Les réponses d'Hervé Mariton aux questions des auditeurs

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