Nicolas Bay, candidat RN pour les élections européennes, et Benoit Hamon, tête de liste Générations pour les élections européennes, sont les invités de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard, Françoise Fressoz et Jeff Wittenberg.

Benoit Hamon et  "L'anschluss de la droite identitaire sur la démocratie chrétienne"

"Il y a une domination de la pensée nationaliste, xénophobe, jusqu'à ce que je considère être une forme d'Anschluss de la droite identitaire sur la démocratie chrétienne, sur les questions de libertés publiques, sur les questions d'immigration", a dit Benoît Hamon, tête de liste Génération.s pour les élections européennes.  

"J'utilise cette formule parce que je trouve que nous constatons partout en Europe une absence de résistance dans les textes de loi des démocraties libérales à la pression des nationalistes. De la loi anticasseurs, à la loi asile immigration, à la manière on a gouverné par ordonnances, à la façon dont aujourd'hui on traite avec négligence la liberté de la presse, il me semble que des libertés fondamentales, qu'on n'imaginait pas menacées, commencent à être vulnérables", a insisté Benoît Hamon.                      

"L'impression que me laisse cette campagne européenne c'est le sentiment d'un camp progressiste toujours sur la défensive qui essaie de mettre vaguement du barbelé et construit quelques digues sur ce qui resterait des droits fondamentaux."

Benoît Hamon qui se dit fédéraliste européen, a détaillé quelques éléments du programme de la liste qu'il mène.

Qu’on cesse d’être sur la défensive, timide et peureux ; je suis dans le même esprit que pour le revenu universel

"Nous siégerons avec le Printemps européen et nous inviterons les sociaux démocrates et les écologistes qui ne veulent pas coopérer avec les libéraux à nous rejoindre"

Il a évoqué le projet de nationalité européenne. 

Qui d’autre propose ce pas supplémentaire en avant. 

La proposition du "green new deal" de Benoît Hamon : 

Le portrait de Benoît Hamon par Carine Bécard

Nicolas Bay : "si on arrive en tête ce ne sera pas seulement l'échec de madame Loiseau, ce sera l'échec d'Emmanuel Macron."

"Il faut tout changer dans la zone euro", selon Nicolas Bay, candidat RN pour les élections européennes.                      "L'Europe des nations est une idée ancienne. Nous avons sur beaucoup de sujet une vision assez gaullienne et qui n'est malheureusement pas assez partagée sur la scène politique. L'Europe des nations c'est la seule vraie Europe qui peut fonctionner."                      

Le Rassemblement national ne conteste plus la monnaie unique, mais reste très sévère à son encontre. "On voit bien qu'elle sert les intérêts de l'Allemagne au détriment de la plupart des autres pays de la zone euro. Donc, il faut tout changer dans le fonctionnement de la zone euro pour qu'on ait enfin une monnaie qui soit un outil qui serve notre économie. Il serait temps de faire une monnaie qui soit capable de concurrencer le dollar sur la scène internationale, mondiale."                      

La campagne des élections européennes a été marquée par des échanges entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "On n'a pas dit que c'était un référendum pour ou contre Macron, c'est lui qui l'a dit", a affirmé Nicolas Bay. "On a fait campagne pour les élections européennes depuis le mois de janvier. Tout a été fait par Emmanuel Macron pour échapper à ce débat des européennes. Le grand débat, la restitution du grand débat et à 15 jours des élections il dit qu'il va mettre toute son énergie à combattre le Rassemblement national." 

Nicolas Bay a estimé qu'Emmanuel Macron avait "le droit de faire campagne pour son camp. Mais une fois qu'il dit qu'il s'engage à fond contre le Rassemblement national, si on arrive en tête ce ne sera pas seulement l'échec de madame Loiseau, ce sera l'échec d'Emmanuel Macron."

Interrogé sur les interventions de Steve Bannon auprès du RN :"Nous avons mené cette campagne de manière indépendante. Il n'a jamais interféré sur notre projet politique", s'est défendu Nicolas Bay. Selon lui, le RN n'est pas le cheval de Troie de ceux qui veulent défaire l'Europe, " Nous nous voulons parler avec les Etats-Unis et avec la Russie" répond Nicolas Bay. 

Une fois les élections passées il s'agira donc de siéger au Parlement européen. Nicolas Bay est vice président du groupe Union des Nations et des Libertés, qui devrait prendre plus d'importance : 

"Nous aurons 3 fois plus de députés. Il y  aura une quinzaine de nationalités, les Italiens et les Français seront les plus nombreux mais nous tendrons la main à d’autres,  comme Viktor Orban."

Concernant la mise au ban du RN de l'assistant de Nicolas Bay qui s'était en 2012 déguisé en Juif orthodoxe, Nicolas Bay explique que désormais, cette "mauvaise plaisanterie" a été sanctionné selon les procédures internes au parti. Interrogé sur un changement d'attitude du RN par rapport à ce qu'à pu être le Front National par le passé, il répond que "sur l’antisémitisme on a clarifié les choses ; notre position est d’une grande clarté, nous défendons les Français, y compris les Juifs victimes antisémitisme".

Le portrait de Nicolas Bay par Carine Bécard

  • Légende du visuel principal: Nicolas Bey et Benoît Hamon, invités de Questions Politiques le 19 mai © AFP / Michel Stoupak -Nur Photos/ Anne-Christine Poujoulat
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