Union européenne, terrorisme, affaires : Florian Philippot, vice-président du Front national, était l'invité de Questions Politiques ce dimanche 18 mars.

Florian Philippot, vice-président du Front national
Florian Philippot, vice-président du Front national © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Sortir de l'euro, voire de l'Europe

C'est une mesure que le Front national porte depuis longtemps, et Florian Philippot maintient : pour lui, oui, il faut abandonner la monnaie européenne. "Si nous ne revenons pas à une monnaie nationale, nous sommes condamnés à utiliser d'autres leviers économiques. Si nous continuons avec le système actuel, les personnes âgées par exemple doivent savoir que nous n'avons pas les moyens de financer le modèle social. Nous devons être un État souverain qui a tous les éléments de la souveraineté."

Pour le vice-président du FN, la sortie de l'Union européenne est aussi à l'ordre du jour, notamment parce que "l'élargissement de 2004 a été déraisonnable. On donne chaque année 9 milliards de plus que ce qu'on reçoit, c'est considérable." Il passera par un référendum pour demander aux Français de se prononcer sur un éventuel "Frexit".

Parrainages et affaires

Florian Philippot a déjà connu une pré-campagne présidentielle, et il assure qu'à l'époque, il n'y avait pas "de faux suspense", Marine Le Pen serait vraiment passée très près de ne pas obtenir les fameuses signatures. Ça n'a pas été le cas cette année, même si le leader frontiste l'assure "il y a des pressions sur les maires, on a des témoignages qui nous le disent. Et ça vient des grands partis."

Quand aux affaires autour des attachés parlementaires présumés fictifs de Marine Le Pen, il affirme que "les gens voient la différence entre les vraies affaires et les fausses affaires, les trucs qui datent d'il y a trois ans qu'on ressort opportunément à un mois de l'élection présidentielle. On fait rien sur Macron !"

Il assure également que la présidente du Front national est loin d'être la seule à avoir recouru à ce genre de pratiques (une assistante parlementaire travaillant directement pour le parti). "Nous avons trouvé une trenteine d'assistants parlementaires au Parlement européen, concernant 20 députés européens, qui sont également sur les organigrammes des partis. Donc l'OLAF et le PNF vont être saisis lundi sur ces vingt députés."

Le terrorisme et le "laxisme" des juges

Après la mort d'un homme abattu par des militaires à l'aéroport d'Orly sans faire d'autres victimes, peut-on dire que le système de sécurité actuel fonctionne ? "Dire que c'est efficace depuis 2015, non, depuis 2015 on a eu des centaines de morts. On est dans un pays assez inquiétant, on a des troubles permanents... Tant mieux si les attentats sont déjoués... Mais attention le jour où ça explose !" Dans ce cas précis, "on nous parle d'une radicalisation en prison. Nous, nous pensons qu'il faut que le personnel pénitentiaire soit mieux ancré dans la communauté du renseignement. Et qu'il passe du ministère de la Justice au ministère de l'Intérieur."

Il estime également qu'il faudrait expulser les étrangers surveillés par la police : "fichés S pour radicalisation, s'ils sont ressortissant étrangers, il ne faut pas les autoriser à rester en France. Nous n'avons pas à payer des services de renseignement pour surveiller ces gens."

Pour Florian Philippot, il y a un problème plus vaste de "laxisme" dans la justice, notamment à l'ENM (l'École nationale de Magistrature) qu'il accuse d'en être le promoteur. "Nous voulons supprimer l'ENM, où une espèce de culture du laxisme s'est imprégnée".

Rétablir des frontières, quels coûts et quels avantages ?

Interrogé par Aurélien Colly, reporter à France Inter, sur la question des frontaliers qui bénéficient actuellement de l'espace Schengen pour travailler en Allemagne, en Belgique ou au Luxembourg, Florian Philippot assure que "Marine Le Pen ne veut pas fermer les frontières, elle veut en avoir, les maîtriser. Et c'est ce que réclament les populations qui sont près de ces frontières."

Sur la question des moyens, s'il reconnaît qu'il faudra à nouveau créer des postes de douaniers (6 000), il estime que le coût de rétablir des frontières nationales n'est rien face au coût européen : "C'est encore pire au niveau des frontières européennes, sur 14.000 km ! Elles sont très vastes et contrôlés par des pays qui sont parfois en faillite, comme la Grèce, ou submergés, comme l'Italie. Je ne comprends pas ce qui vous gêne dans les frontières, 95 % des pays du monde en ont..."

Les alliances et les ennemis politiques

Emmanuel Macron, proche dans les sondages de Marine Le Pen, est-il "le candidat à abattre" pour le FN ? Au contraire, explique Florian Philippot, "Il est un parfait opposant politique, parce qu'il incarne vraiment le mondialisme. Il veut larguer la France complètement, dans son identité nationale, liquider le modèle social, la souveraineté française... Il est le candidat du système financier et bancaire, à l'opposé de nous."

Et côté amis, une alliance entre les deux tours est-elle envisageable avec certains candidats, comme François Asselineau ou Nicolas Dupont-Aignan ? "Nos adversaires savent s'unir au second tour, il faut que nous aussi nous puissions être unis entre souverainistes."

La question de Pixels : être politique sur YouTube ?

Comme Jean-Luc Mélenchon avant lui, Florian Philippot a une chaîne sur la plateforme vidéo de Google. Elle lui permet de "toucher un public plus jeune, qui ne regarde pas forcément les émissions politiques. Ce sont des codes différents, des codes de forme où l'on peut mettre du fond."

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